Pour une meilleure intégration des personnes en situation de handicap

Publié le 10/04/2018 à 11H56

« Évoluer vers une société inclusive, un dossier prioritaire pour le Gouvernement », c’est par ces mots que la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées a lancé la concertation sur l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap, le 15 février 2018.

Le chômage des salariés atteints de handicap frôle les 20%. Et il est bien souvent de plus longue durée que la moyenne.  Malgré les mesures incitatives, malgré les contributions financières payées par les employeurs, trop peu d’entreprises atteignent l’objectif d’emploi fixé par la loi de 6% de travailleurs en situation de handicap. Le constat n’est pas meilleur dans les administrations.

C’est pourquoi, lorsque le Gouvernement a annoncé vouloir changer d’approche pour appréhender la question de l’emploi des personnes concernées, la CFDT ne pouvait qu’être prête à relever le défi. Nous devons tous prendre nos responsabilités pour faire reculer les discriminations et changer notre regard sur le handicap dans les entreprises et la société.

Les premières réunions de concertation laissaient entrevoir une réelle ambition de réforme. Il a été proposé par exemple :

-          de réduire le seuil au-delà duquel les entreprises sont légalement contraintes d’employer des personnes en situation de handicap pour qu’un plus grand nombre d’entreprises soient engagées dans cette démarche;

-          de supprimer les possibles allègements de charge en cas de non respect  de l’obligation d’emploi de personnes handicapées par l’entreprise;

-          de faire évoluer les paramètres relatifs au calcul de l’obligation d'emploi des travailleurs handicapés (OETH) pour la rendre plus ambitieuse ;

-          de supprimer de la liste des emplois exigeant des conditions d’aptitudes particulières ;

-          ou encore de favoriser par tous les moyens l’emploi, directement dans l’entreprise, de personnes en situation de handicap.

Ce sont autant de mesures défendues par la CFDT.

Cependant, aujourd’hui, la traduction de cette concertation dans le projet de loi dit «Pour la liberté de choisir son avenir professionnel» est décevante. La seule vraie mesure retenue est  la réorganisation de la collecte de la contribution patronale, qui ne serait plus confiée à l’AGEFIPH. Un changement qui ne créera manifestement pas d’emploi.

C’est une prudence à réformer à laquelle le Gouvernement actuel ne nous a pas habitués, à moins que la question du handicap se suffise de discours.

Pour la CFDT, le compte n’y est pas.  Nous continuerons de défendre une réforme plus ambitieuse et de vraies avancées pour l’intégration dans l’emploi des personnes handicapées.