Plus de moyens pour l’hôpital public

Publié le 01/10/2018 à 11H47

Le personnel hospitalier est à bout de souffle et nous devons au plus vite réinvestir dans l’hôpital public. C’est le constat que je tire de mes dernières rencontres avec les agents hospitaliers du Kremlin-Bicêtre, de Rennes ou de Blois.

Blois 2Dans les services que j’ai pu visiter, la conversation s’est très rapidement engagée. Le besoin d’écoute et de reconnaissance saute aux yeux. Et l’on comprend aisément pourquoi. Les coups de rabots successifs dans le financement des établissements de santé ont profondément dégradé les conditions de travail.

Au service obstétrique de Kremlin-Bicêtre par exemple, « il manque de personnel à tous les niveaux, du brancardier au médecin ». Les blocs, équipés de matériel dernier cri tournent seulement 4 jours par semaine faute de personnel. C’est une perte pour l’hôpital et pour tous les patientes qui en auraient besoin. Quand cela fonctionne « c’est par ce que les agents acceptent d’en faire plus. Ce n’est pas viable sur le long terme ».

Un peu partout, la charge de travail s’est intensifiée et les agents prennent sur leur vie personnelle pour assurer les soins nécessaires. Leurs plannings de travail peuvent changer à la dernière minute mais ils peuvent aussi être appelés pour travailler durant leurs congés. « La solidarité et la conscience professionnelle me font tenir » témoigne une sage-femme de Blois.

En gérontologie à Rennes, il y a beaucoup de turn over et les remplaçants ne se trouvent pas si facilement. Il faut dire que les conditions de travail sont particulièrement difficiles et la charge émotionnelle lourde.

Aujourd’hui, les équipes CFDT qui sont sur le terrain organisent des temps d’expression et créent des soupapes de décompression pour les agents. C’est un travail syndical absolument nécessaire au vu des difficultés qui s’accumulent. L’équipe CFDT de Blois a lancé une grande enquête à laquelle 450 des 700 agents ont répondu. A partir de ces résultats, ils ont pu négocier un accord avec la direction en vue d’améliorer les conditions de travail et la qualité de vie au travail. Un peu partout les équipes CFDT sont prêtes à discuter mais le dialogue social reste trop souvent soumis au bon vouloir de la direction.Kremlin-Bicêtre IMG 1950

Dans le même temps, la CFDT, et notamment la fédération Santé-Sociaux, n’a cessé de demander la création d’espaces de négociation, des espaces pour s’exprimer mais aussi pour prendre part aux décisions concernant l’organisation du travail. Cette demande a enfin été entendue !  Le plan santé annoncé il y quelques semaines prévoit que dans chaque établissement l’organisation du travail soit négociée avec les partenaires sociaux.  C’est une petite révolution qui pourrait considérablement améliorer la vie des agents hospitaliers. 

Autre avancée contenue dans le plan santé, la revalorisation des indemnités des aides-soignant(e)s travaillant dans les EHPAD. Des dizaines de milliers de personnes bénéficieront de cette augmentation. Ce n’est pas négligeable mais la CFDT continuera de se battre pour que l’ensemble de aides-soignant(e)s passent en catégorie B. D’autres mesures visent à mieux articuler la médecine hospitalière et la médecine de ville. C’est aussi une préoccupation CFDT.

Toutes ces annonces vont dans le bon sens. Elles laissent entrevoir une plus grande considération des agents hospitaliers et de meilleures conditions de travail. La CFDT continuera d’être moteur dans ces transformations.  Mais d’ici à ce qu’elles produisent leurs effets, nous devons apporter des réponses aux agents qui sont constamment sous pression. L’hôpital a besoin de plus de personnel. Sans cela, ce sont les soins qui se dégraderont. L’organisation du travail ne peut être performante que s’il y a assez de personnes pour accomplir ces missions quotidiennes. 

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