Nous avons plus que jamais besoin d'Europe

Publié le 09/06/2017 à 16H25

J’ai récemment effectués 2 déplacements fortement marqués par leur dimension européenne. Tout d’abord, je me suis rendu à Rome pour la conférence de mi-mandat de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) et la célébration du soixantième anniversaire du traité de Rome puis j’ai participé à une table ronde sur l’avenir de l’Europe lors du congrès de l’Union Régionale CFDT des Pays de la Loire aux Sables d’Olonnes. Ces déplacements m’ont confirmé une chose que je savais déjà : l’Union européenne  a plus que jamais  du sens mais elle doit changer !

A Rome, j’ai défendu que la CES et les organisations syndicales ont un rôle majeur pour faire entendre la voix des travailleurs mais aussi pour déconstruire le discours europhobe porté par les populistes et les partisans du repli sur soi.

Pour la CFDT, le syndicalisme européen doit porter l’idée d’une Europe plus sociale et plus intégrée pour faire face aux enjeux de demain. L’initiative de la Commission pour un socle Européen des droits sociaux, avec par exemple un la mise en place de salaires minimums dans tous les pays de l’UE, est une opportunité. Il faudra la saisir et aller encore plus loin. Au niveau de la zone Euro notamment, il faudra créer un « Eurogroupe social » sur le modèle de l’Eurogroupe économique et monétaire, afin que les questions macroéconomiques ne relèvent pas uniquement des ministres des finances.

Laurent Rome

Aux Sables d’Olonnes, j’ai plaidé pour une réappropriation des débats européens au niveau national. Il faut que le fonctionnement de l’Union Européenne change vers plus de démocratie, et qu’il soit mieux expliqué  aux citoyens. Pour cela il faut mobiliser l’ensemble des institutions publiques concernées ainsi que la société civile organisée.

Laurent blog PDL

Il faudra également que l’Europe réponde présente lors des crises ayant une dimension internationale, comme la crise des migrants. Aujourd’hui les demandes d’asiles reposent sur le pays dans lequel le migrant est entré. Cette règle fait peser une charge particulière sur les pays du Sud de l’Europe alors même que ceux-ci connaissent des difficultés économiques et les tentatives de répartition des arrivants se heurtent à de nombreuses résistances. Face aux amalgames et aux fantasmes véhiculés par  les xénophobes, il est temps que l’Europe prenne ce problème à bras le corps pour mettre en place une politique plus humaine et plus réaliste en matière de migration. C’est à cette condition que l’immigration pourra être vécue comme une richesse par les citoyens des pays d’accueil !

Il faudra également que l’Europe investisse pour préparer l’avenir. Sur la transition numérique ou la transition énergétique, c’est au niveau Européen que les solutions existent et c’est donc au niveau européen que les investissements doivent être prioritairement réalisés.

C’est parce que les enjeux sont majeurs et que les défis sont immenses qu’il ne peut y avoir de solutions pérennes et positives dans le repli sur soi. Plus que jamais il est urgent de rendre plus lisible le fonctionnement des institutions européennes et donner un visage à l’Union Européenne pour les citoyens au sein même de leurs pays. Il faut une Europe plus démocratique et cela ne se fera pas sans une relance du dialogue social à l’échelle continentale.

La CFDT a toujours cru et croit plus que jamais à la nécessité du projet européen. Celui-ci est parfois en crise, mais il reste indispensable. Indéniablement,  nous avons nous aussi notre rôle à jouer pour porter l’ambition d’une Europe sociale forte qui renoue avec les citoyens de tous les pays. Et je constate chaque jour combien les militants de la CFDT sont attachés à la dimension européenne de notre action.  Comme toujours, la CFDT assumera ses responsabilités.