Journée internationale contre les violences faites aux femmes

Publié le 25/11/2017 à 10H34

Ce samedi 25 novembre est la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Dans le contexte actuel, cette journée prend cette année une dimension inédite. Cependant, la CFDT n’a pas attendu 2017 pour faire de cette cause nécessaire un combat syndical du quotidien. Je tenais à m’exprimer une nouvelle fois ici sur ce sujet en partageant avec vous quelques propos que j’ai pu tenir à nos militants réunis pour une journée spéciale ce mardi 21 novembre au siège de la confédération et dont vous trouverez le résumé en vidéo à la fin de ce billet.

Après l’affaire Weinstein, les dénonciations de harcèlement sexuel se multiplient. Les milliers de tweets et de messages sur les réseaux sociaux lèvent le voile sur l’ampleur de ces violences et le silence intolérable qui les entoure.

Cette actualité relayée par de nombreux médias permet d’éveiller les consciences, c'est essentiel. Mais ce qui permettra réellement de changer les choses, c’est la vigilance collective et l’action au quotidien. En tant que syndicalistes, en tant qu’acteurs du travail, nous avons entre les mains une partie de ces réponses. Nous pouvons, et nous devons, contribuer à changer les choses. Notre mobilisation aujourd’hui va dans ce sens.

La CFDT n’a pas attendu cette médiatisation pour s’emparer du sujet des violences sexuelles et sexistes. Dès l’entrée massive des femmes sur le marché du travail au cours des années 70, la CFDT s’est penchée sur la question de la place des femmes dans l’organisation, dans le monde du travail et plus globalement dans la société.

Très tôt, la CFDT milite pour que la femme retrouve pleine possession de son corps : reconnaissance du droit à l’avortement et à la contraception, lutte contre les violences conjugales ou exercées contre les femmes ; ce sont des combats que nous avons menés.

Dans notre organisation, le Bureau national encourage, dès 1971, la création d’une commission de travailleuses mandatées par les structures pour appréhender collectivement ce qui peut être perçu, à tort, comme des problèmes individuels mais aussi pour que les structures syndicales intègrent effectivement la libération des femmes dans leur stratégie et leur action quotidienne.

Sur le plan légal, nous avons largement contribué à créer de nouvelles protections pour les victimes de harcèlement au travail. Par la voix de Nicole Notat, la CFDT revendique l’introduction dans le code du Travail de la définition de harcèlement sexuel. Et nous obtiendrons gain de cause en 1992 ! La réforme Rebsamen a ensuite ajouté en 2015 la notion d'agissement sexiste dans la loi.

Aujourd’hui, nous pouvons également compter sur l’expertise et le soutien de l’Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT). Retrouvez ici mon interview croisée avec sa déléguée générale, Maryline Baldeck.

La CFDT est féministe, c’est dans notre ADN. Nous militons depuis des années pour une amélioration de la condition des femmes, au travail comme dans la société. Je le répète souvent, en matière de respect des personnes, il n’y a pas de compromis possible.

La lutte contre les violences sexuelles et sexistes est un vrai sujet syndical et non un supplément d’âme. Il ne s'agit pas que d'un sujet d'éthique ou moral mais aussi d’un sujet politique, car ces violences au travail s'inscrivent dans des relations de pouvoir, des rapports de domination hiérarchique ou économique. Elles s’inscrivent dans la domination masculine à l’œuvre dans nos sociétés et c’est intolérable.

Dans les entreprises et les administrations, nous avons la responsabilité d’agir et de tout faire pour créer les conditions qui, d’un côté, refreineront les harceleurs et de l’autre sécuriseront les victimes.

Alors, à nous de continuer ce travail maintenant ! Ce travail doit aller bien plus loin qu’une réaction de dégout ou de condamnation face à ces violences. Le travail que nous devons mener, c’est une action syndicale quotidienne dans l’anonymat de nos organisations et de nos lieux de travail