En Lorraine, contre la baisse des moyens pour l'INRS

Publié le 09/02/2018 à 10H54

Ce mercredi 7 février, je suis allé soutenir l’équipe CFDT de l’INRS à Vandœuvre-les-Nancy. Cette équipe se bat pour que l’INRS puisse continuer à exercer ses missions de prévention des risques pour la santé au travail.

L’INRS, c’est l’Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des maladies professionnelles et des accidents du travail. Les 580 salariés de cet organisme (chercheurs, formateurs, experts…) travaillent sur des sujets variés : il y a les troubles musculo-squelettiques, les risques que présentent les nanoparticules, l’exposition aux agents chimiques, au bruit, aux risques mécaniques, aux divers facteurs de pénibilité… Les risques pour la santé ne manquent malheureusement pas. Et à côté de leurs travaux de recherche ils accomplissent également des missions de formation, d’information et d’assistance dans les entreprises au bénéfice des 21 millions de travailleurs dépendants de la Sécurité Sociale.

L’INRS est aujourd’hui menacé par des restrictions budgétaires intenables. En 2013 déjà, une baisse de 10% du budget et 50 suppressions de postes avaient lourdement pesé sur l’activité de l’établissement. Cette année de nouvelles menaces pèsent sur le budget de l’INRS et le nombre d’emplois. Avec moins de salariés et moins de moyens  ce  sont de nombreuses études pourtant précieuses pour la prévention des risques professionnels qui seront abandonnées.

Laurent INRS bandeau

Depuis plusieurs semaines, ils sont mobilisés. Pour faire connaître leur combat et se faire entendre du gouvernement, ils se sont rendus au ministère du Travail… à pied ! (récit à lire ici). Ils ont également lancé une pétition qui a recueilli la signature de 99% des salariés ! Dans leurs actions, les militants CFDT sont  soutenus par leurs collègues qui leur ont fait confiance à 60% aux dernières élections professionnelles.

S’ils sont légitimement inquiets pour leurs emplois et leurs conditions de travail, c’est également le péril qui pèse sur leur mission qui les préoccupe. Derrière ces baisses de budget à répétition, c’est  notre système de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles qui est remis en cause.

La santé au travail est au cœur de l’action syndicale. Dans notre grande enquête « Parlons Travail » en 2016, 32% des répondants déclaraient avoir déjà subi plus de 8 jours d’incapacité totale de travail (ITT) à cause de leur travail, 21% s’y sont déjà blessés, 9% ont déjà été hospitalisés et 8% y ont attrapé une maladie grave, chronique ou en sont sortis avec un handicap irréversible. Ces chiffres prouvent que la recherche et la prévention dans ce domaine sont indispensables et rendent d’autant plus insupportables les baisses répétées des moyens alloués à l’INRS.

Si l’on veut parler diminution des dépenses, je rappelle que les accidents du travail dans notre pays, coûtent annuellement 6 milliards d’euros de réparation alors que le budget de l’INRS est seulement de 80 millions d’euros. Réaliser des économies de bouts de chandelle sur la recherche quand 1000 salariés perdent la vie tous les ans au travail, c’est irresponsable.

C’est pourquoi la CFDT continuera à se battre. Si vous voulez aussi montrer votre soutien aux militants de l’INRS, vous pouvez suivre leur combat sur Twitter en vous abonnant à leur compte : @longmarcheINRS