Du respect pour les agents publics de la mairie d’Annecy !

Publié le 11/10/2018 à 10H30

La semaine dernière, je me suis rendu à Annecy pour rencontrer les agents de la mairie. J’y ai vu le manque de considération de l’employeur public pour leur travail et le mal être que cela engendre.

Il y a presque deux ans, six communes (Annecy, Annecy-le-Vieux, Cran-Gevrier, Meythet, Pringy et Seynod) ont fusionné pour créer la commune nouvelle d’Annecy.  Derrière cette décision politique, c’est toute l’organisation du travail des 3300 agents qu’il a fallu repenser. Une restructuration d’une telle ampleur dans le privé aurait dû être discutée avec les instances représentatives du personnel. A la mairie d’Annecy, l’employeur public n’a pas voulu associer les agents à cette transformation, le statut des fonctionnaires lui permettant d’imposer les mobilités nécessaires. La nouvelle organisation du travail a donc été décidée sans les agents, sans les premiers concernés, sans ceux qui connaissent le mieux les taches à effectuer.

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Résultat : le travail est désorganisé, le mal-être s’installe et c’est bien sûr le service public qui en pâtit. Dans les écoles par exemple, les animateurs ne sont pas toujours assez nombreux pour organiser des activités périscolaires. Les agents s’organisent comme ils peuvent mais ils sont « toujours à la limite, sur la corde raide ».

Les conditions de travail se dégradent et les évolutions de carrière ne sont pas plus encourageantes. Pour certains, la fusion des communes a eu pour conséquence de retarder la prise d’échelon pourtant programmée. Pour d’autres, les rémunérations ne suivent pas. Une animatrice périscolaire diplômée des arts décoratifs et qui travaille depuis 2001 pour la ville m’a expliqué être payée autant qu’une personne recrutée cette année pour 15 jours. « J’ai l’impression d’être un matricule ». C’est dire le peu de reconnaissance qu’ils reçoivent.

Depuis la fusion, les réorganisations de services se poursuivent mais toujours avec la même opacité. Pour l’entretien des établissements municipaux, il y a de moins en moins de personnels mais de de plus en plus de contractuels. « Ça sent la privatisation » m’a confié une femme de ménage. Pour prétendre à une retraite descente, elle devra travailler jusqu’à 67 ans, mais dans quelles conditions ?  Elle n’a plus beaucoup de visibilité sur son avenir professionnel. IMG 3808 

Face à ces difficultés, l’équipe CFDT s’active. Les militants vont régulièrement à la rencontre des agents pour les écouter parler de leurs conditions de travail, de rémunération ou de carrière. Mais la direction fait tout pour leur compliquer la tâche. Lors de mon passage, l’équipe de Haciba Chauvin (secrétaire de section CFDT de la commune nouvelle d’Annecy) avait par exemple préparé un questionnaire sur la qualité de vie au travail. La mairie a fait fermer les portes pour les empêcher de distribuer dans les locaux. Ça n’a pas découragé les militants qui ont tracté près d’une autre entrée mais nous sommes encore loin d’un dialogue social apaisé et de confiance.

« On nous méprise, je dirai même qu’on nous maltraite! » C’est le sentiment exprimé par plusieurs agents. Ce sont des mots forts mais qui semblent malheureusement caractériser les relations sociales et de travail à la mairie d’Annecy. Surtout quand on me relate la réponse du directeur général des services à la demande d’un agent des espaces verts qui l’interroge sur le versement partiel et en retard de sa prime neige : « Avec ça, vous pourrez aller vous acheter du pastis ». Ce manque de respect est intolérable.

Dans une mairie comme dans tous les établissements publics, la qualité du service public dépend essentiellement des conditions de travail des agents qui le mettent en œuvre. Il serait temps que l’employeur public en prenne conscience !