A la rencontre des militants CFDT de Ouest-France !

Mardi 5 décembre, je suis allé à la rencontre des adhérents et militants CFDT de Ouest France, près de Rennes. 

Laurent Ouest France

Ouest France est le plus grand quotidien de la presse régionale française. 1 400 personnes y travaillent, et les journalistes ne représentent que 40% d’entre-eux ! Ce journal a la particularité d’avoir ses propres ateliers d’impression ; 420 ouvriers travaillent donc sur les rotatives, installées à Rennes, Nantes et Angers. Dans le contexte de la transition numérique, c’est un vrai pari ! Même si la diffusion se tasse, Ouest France reste d’abord un journal « papier » avec 700 000 exemplaires par jour. Parallèlement, les abonnements numériques augmentent. Ouest France est au 5e rang du classement des audiences numériques, devant BFM.

Face aux évolutions de la presse et des médias, à la forte demande de contenus en ligne, Ouest France veut prendre le virage de la révolution numérique. L’équilibre et le modèle économique restent à trouver mais le quotidien dit vouloir miser sur la qualité de l’information pour s’inscrire dans cette transition, qui remet en cause à la fois l’organisation du travail et les fonctionnements de l’entreprise au quotidien.

Une information de qualité passe d’abord par des conditions de travail acceptables pour les travailleurs. Or, Philippe Gaillard, délégué syndical CFDT chez Ouest France me le rappelait lors de notre rencontre : « Les efforts de productivité demandés aux salariés et le manque de perspectives claires ont des impacts sur l’ambiance de travail. » Car pour répondre à ces nouvelles demandes multimédias, les journalistes doivent écrire à la fois pour l’édition papier, le site internet mais aussi réaliser des vidéos et alimenter les réseaux sociaux.

Et les journalistes ne sont pas les seuls impactés par ce changement de modèle. J’ai rencontré plusieurs salariés et ils sont inquiets. Les effectifs ont baissé année après année, sans licenciements, mais tous les départs en retraite ne sont pas remplacés. Dans le même temps, les salaires n’ont
pas été augmentés depuis 5 ans. Les dépassements d’horaires sont récurrents et la direction peine à l’admettre. Cela se traduit par du stress et une qualité de vie au travail qui se dégrade.

La section CFDT Ouest France de Rennes compte 90 adhérents et militants qui s’attachent à représenter l’ensemble des professions présentes au sein du journal. Avec ces transformations, l’organisation du travail et donc le management sont questionnés. C’est pourquoi la CFDT travaille à sensibiliser les cadres de l’entreprise -ils sont plus de 360- et organisera, début 2018, un débat, ouvert à tous, sur ce sujet.

Ouest France est représentatif des mutations auxquelles le secteur de la presse écrite doit faire face. Et pour les anticiper, les organiser, la présence et l’action syndicale sont essentielles. Le syndicalisme, par le dialogue social, a tout son rôle à jouer pour construire, avec les travailleurs, les réponses à ces défis. Cette visite à Ouest France est une nouvelle fois l’occasion de rappeler que les salariés doivent être formés et accompagnés dans ces changements. La CFDT milite pour sécuriser les parcours professionnels de chacun et ne laisser personne au bord du chemin.

A la rencontre des travailleurs guyanais

La Guyane ne ressemble à aucun autre outre-mer. A l'arrivee à l'aéroport Félix Eboué le climat se charge de vous rappeler que vous êtes a 4 degrés de l'équateur. D'un côté le Surinam, de l'autre le géant brésilien. Et de la forêt. Partout. Sur la bande littorale entre St Laurent du Maroni et St Georges de l'Oyapock, 90% d'une population de 260 000 habitants vit au rythme d'un pays dur, d'un pays où près de 40% des jeunes sont au chômage. Un pays où les technologies de pointe du secteur spatial côtoient des quartiers, ou plutôt des favelas, concentrés de misère et de souffrance.

La CDTG CFDT, union interprofessionnelle de la CFDT vit et agit au rythme de ces réalités. J'ai assisté à leur congrès les 3 et 4 novembre. Les débats m'ont fait comprendre que ce département souffrait de handicaps structurels malgré un potentiel unique dans l'outre-mer.

Guyane 1

Mon déplacement à St Laurent du Maroni avec Daniel clet, brillamment réélu à la tête de la CDTG CFDT, me fait entrer de plain pied dans une réalité Guyanaise que je n'imaginais pas. C'est une rencontre avec 4 salariés d'une entreprise d'exploitation du bois, la forestière Guyanaise, qui va me révolter. Des salariés corvéables du lundi matin au vendredi soir contraints de dormir dans des hamacs bricolés, l'eau pour boire et se laver vient d'un bidon que la pluie se charge de remplir. Pour le reste, il faudra un mort sur le chantier pour que le patron daigne investir dans une boîte à pharmacie, remplie de médicaments périmés...

Pour l'appel des secours en ces zones reculées de la forêt amazonienne il faudrait un téléphone satellitaire, investissement peu compatible pour un individu qui ne paie déjà pas toutes les heures de ses salariés.

Ces derniers viennent d'être licenciés oralement. Leur tort ? Avoir appelé au secours, il n'y a pas d'autre mot, en sollicitant la CFDT. Aujourdhui ils ont peur. Je les ai quitté en m'engageant à appuyer la CDTG qui s'est bien investie sur ce dossier et a m'investir personnellement.

Cette rencontre m'éclaire sur la nature d'une société qui ne peut que se cliver. Quand une partie de la société agit dans un tel mépris de l'autre, c'est la Guyane qui se désagrège. On ne bâtit pas un pays sur des traitements humains dégradants. La CDTG CFDT fait du vivre ensemble son premier combat. A cet égard, elle est pleinement dans une démarche incontournable pour l'avenir de la Guyane. Les militants CDTG CFDT portent un syndicalisme dont leur territoire a  besoin. Un syndicalisme porteur de projets concrets pour les salariés. Un syndicalisme qui sait s'engager. L'engagement, c'est précisément de cela que la Guyane a besoin, loin des seuls constats stériles qui n'apportent rien sauf la désespérance. C'est au contraire l'espoir que porte la CFDT dans cette magnifique terre de France en Amérique du sud.

Guyane 2

Au plus proche des salariés de Miramas

Pour de (trop !) nombreux salariés, les mots « syndicalisme » et « proximité » ne semblent pas aller de pair. Les salariés dépeignent souvent les syndicats comme trop éloignés de leurs préoccupations, de leurs réalités. Ma dernière visite me démontre tout le contraire. J’étais le 9 novembre à Miramas pour l’inauguration de l’Union locale CFDT en présence du Maire de la ville. Le projet est né d’un constat simple : la CFDT doit être présente sur ce territoire en plein développement économique.

En effet, depuis le 13 avril 2017, Le Village des Marques Mac Arthur Glen a ouvert ses portes. Il a déjà permis de créer 650 emplois dans plus de 120 boutiques et 6 moyennes surfaces. A termes, c’est l’équivalent de 1000 emplois à temps plein qui sont attendus, dont 30% seront réservés aux demandeurs d’emploi de Miramas. Je ne parle même pas de tous les emplois indirects et induits qui seront nécessaires.

Miramas

A l’occasion de la journée de mobilisation « Changeons le travail » le 09 novembre (voir mon billet du 07/11), j’ai accompagné les militants CFDT qui rencontraient les salariés des différents magasins et des entreprises environnantes. J’ai pu engager la conversation avec des salariés sur leur quotidien au travail et ce qu’ils souhaitaient changer pour l’améliorer. Ils ont surtout évoqué la précarité de leur emploi car les employeurs ont recours au CDD trop facilement. Ils ont aussi parlé de la difficulté à voir leurs heures travaillées le dimanche majorées à 100% comme la loi le prévoit, ainsi que des problèmes de transport pour se rendre sur le site aux heures demandées.

Nathalie Nave, responsable CFDT avait déjà fait le constat des difficultés des salariés de Village des Marque en échangeant à de nombreuses reprises avec eux. Elle m’a confirmé qu’il est nécessaire d’instaurer un climat de confiance pour que la parole des salariés se libère.

C’est la raison pour laquelle ils ont créé une Union locale, avec des locaux à proximité du site et une permanence pour recevoir les salariés qui ont des questions. Cette permanence est assurée actuellement sur rendez-vous téléphonique par Nathalie et Serge Nardelli (Secrétaire général du syndicat Commerce et Services des Bouches-du-Rhône). Pour des conseils juridiques, des temps de permanence seront également assurés. L’ouverture de cette UL, avec le soutien de la CNAS, est une formidable opportunité pour notre organisation syndicale de répondre au mieux aux besoins des salariés mais aussi de simplifier leur vie de citoyen.

En plus de la permanence à l’UL, Nathalie souhaite intensifier ses visites hebdomadaires sur le site de Village des Marques ainsi que sur la plateforme logistique de Clésud. Ces rencontres permettent d’informer les salariés sur leurs droits, de les écouter pour ensuite agir et améliorer leurs conditions de travail.

CET ÉTÉ ENCORE, LES DROITS DES TRAVAILLEURS SAISONNIERS NE SONT PAS EN VACANCES !

Cela fait maintenant 19 ans que la CFDT multiplie les rencontres et les initiatives à destination des travailleurs saisonniers. Venir les informer sur les plages ou dans les champs de fruits et légumes tout au long de l’été est ainsi devenu au fil des ans (depuis 1999 !) un rendez-vous incontournable et apprécié par nos militants, au service des saisonniers.

L’objectif de ces échanges : lutter contre la précarité et les abus dans les conditions de travail, développer l’accompagnement pour valoriser leurs parcours et leur permettre d’évoluer professionnellement afin de réussir à se stabiliser et leur permettre de « Bien vivre la saison » en étant informés et accompagnés et les aider à faire respecter leurs droits : avoir accès à un logement décent,  garantir le paiement de leurs heures supplémentaires, le droit  aux temps de repos…

Saisonniers CFDT logo

Les principaux secteurs d’activité concernés par le travail saisonnier sont notamment l’agriculture avec pas moins de 800 000 contrats saisonniers signés chaque année et les hôtels, cafés et restaurants qui avec l’activité touristique recrutent près de 430 000 contrats saisonniers par an. A noter que dans le thermalisme, 10 000 emplois sont saisonniers sur les 14 000 de la branche.

Les travailleurs saisonniers sont la plupart du temps en transition entre le milieu scolaire et professionnel, entre 2 emplois ou encore entre 2 territoires. Souvent, ils connaissent mal leurs droits, et subissent des abus de certains patrons : mauvaise qualité de l’hébergement, contrats de travail qui ne respectent pas les conventions collectives, voire même absence de contrat. De même, le salaire n’est pas toujours à la hauteur du travail fourni. J’ai cet exemple en tête d’une jeune étudiante qui faisait la saison l’an dernier dans une boutique de souvenirs à Pornic, qui nous avait expliqué avoir été recrutée un mois avant, et n’avoir pas encore obtenu de contrat de travail. Ce qui m’a frappé c’était ce sentiment de découragement qu’elle ressentait, parce qu’elle était certaine de n’en obtenir aucun au final, la CFDT de Loire Atlantique l’a accompagné tout au long de la saison pour faire face à ces difficultés.

photo saisonniers 1

Cette campagne saisonniers, c’est aussi la possibilité pour la CFDT de rencontrer tous ces patrons de TPE qui, parfois par simple méconnaissance du droit, ne proposent pas des conditions d’accueil correctes pour les travailleurs saisonniers et de les sensibiliser à ces questions.

Cette année,  la CFDT sera par exemple présente à Noirmoutier, à Boulogne-sur-Mer, à Narbonne Plage mais également au Parc Astérix ou dans les champs du Limousin lors de la cueillette des pommes.. Ce sera également l’occasion pour les militants de la CFDT d’échanger avec les vacanciers sur la situation des travailleurs saisonniers pour leur faire prendre conscience que le contexte de vacances et de loisirs ne peut être une excuse pour déroger aux droits des salariés.

Cette année encore, ce sont plus de quatre-vingts actions qui sont organisées dans toute la France. La CFDT sera donc aux côtés des travailleurs saisonniers pour faire respecter leurs droits, tout au long de l’été partout sur le territoire. 

Merci !

Jeudi 30 mars j’étais à Arras pour un rassemblement des élu-e-s CFDT des Hauts de France. Ils étaient plus de 1 000 militants et militantes du Nord Pas-de-Calais et de Picardie présents sous le soleil arrageois. J’ai été frappé par leur enthousiasme et leur énergie.

Laurent Arras

Tout au long de cette journée chacun et chacune d’entre eux m’ont témoigné leur fierté d’être à la CFDT. Ils m’ont rappelé les difficultés rencontrées dans leur quotidien, mais ils ont surtout souligné leurs victoires. Et elles sont nombreuses. Leurs actions ne font pas la une des médias, ce ne sont pas celles dont on parle au quotidien, mais ce sont celles qui font le syndicalisme CFDT.

A travers eux c’est l’ensemble de l’action des délégué-e-s syndicaux, des délégué-e-s du personnel, des élu-e-s des comités d’entreprises et des élu-e-s dans les CHSCT que je veux saluer et remercier. Ce sont les élu-e-s qui font vivre notre syndicalisme tous les jours, dans les entreprises et les administrations. C’est eux qui sont au quotidien auprès des salariés pour écouter leurs attentes et relayer leurs difficultés, c’est eux qui font des propositions pour améliorer la situation de chacun et c’est encore eux qui s’engagent pour obtenir des résultats. Et taper du poing sur la table, lorsque c’est nécessaire.

Et les salariés leur font confiance ! Ils nous ont apporté leur voix et ont fait de la CFDT la première organisation syndicale dans le privé de notre pays. C’est historique ! Il ne faut pas avoir peur de le dire. C’est aussi une grande responsabilité qui nous incombe désormais.

Je sais que je peux compter sur chacun-e-s des militants CFDT pour faire le boulot : les élu-e-s et les mandaté-e-s qui avec conviction, contribuent à rendre la vie des gens meilleure et à remettre la solidarité au cœur de notre société.

Les militant-e-s donnent le meilleur à voir du syndicalisme. Un syndicalisme de l’espoir pour l’avenir,  celui qui sait que « changer le travail, c’est changer la société ».

Des avancées concrètes ils en obtiennent tous les jours : les militants de Toyota que j’ai rencontrés m’ont parlé de l’expérimentation sur la qualité de vie au travail qui a été mise en place. Les salariés ont été invités à recenser les anomalies constatées sur les lignes d’assemblage, dans l’objectif que leur soit redonné de l’autonomie dans leur poste de travail. Au final ce sont de meilleures conditions de travail, et plus de sécurité pour les salariés qui ont été obtenues !

Alors nous allons continuer à faire ce que nous savons faire : Parlons travail et allons à la rencontre des salarié-e-s pour valoriser davantage nos actions et nos victoires.

Nous pouvons être fiers de ce résultat ! C’est le leur!

Alors à tous et à toutes, je le dis : merci ! 

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !