Pour une meilleure intégration des personnes en situation de handicap

« Évoluer vers une société inclusive, un dossier prioritaire pour le Gouvernement », c’est par ces mots que la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées a lancé la concertation sur l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap, le 15 février 2018.

Redonner une place pleine et entière au travail dans les entreprises

Suite à la parution du rapport Sénard-Notat « L’entreprise, objet d’intérêt collectif », j’ai participé avec Jean-Dominique Senard, au débat organisé par Dialogues sur le rôle social de l’entreprise.

Durant le débat, j’ai rappelé la nécessité de redonner de la visibilité au travail dans les entreprises.


Pour cela, la CFDT propose d’avancer vers une codétermination à la française qui allie une meilleure représentation des salariés dans les conseils d’administration et un dialogue social modernisé. 

 
Ce débat a également été l’occasion d’aborder l’enjeux actuel de la mise en œuvre des nouvelles instances représentatives du personnel. 

Mayotte : la CFDT veut du concret

Je suis de près l’évolution de Mayotte depuis une dizaine d’années. Ce que vit ce département de l’océan indien depuis plus de trois semaines est tout sauf une surprise. La départementalisation de mars 2011 menée à la hussarde, sans véritable préparation, s’est faite avec une vision métropolitaine en total décalage avec les attentes d’une population soumise à un contexte local et régional critique.

L’alignement des minimas sociaux, des salaires, des retraites va mettre encore 10 ans pour être effectif, pendant que les mesures fiscales tombent, elles, sans progressivité. J’ai ainsi interpellé le ministère du Travail lors de la transposition du code du Travail en marquant ma désapprobation face au peu d’empressement de ce dernier à faire de Mayotte un territoire de plein droit. A ce titre, le recul de l’installation d’un tribunal des prudhommes par le ministère, est un mauvais signal envoyé à un peuple attaché à son appartenance française.

Mayotte, c’est aussi une situation régionale où le PIB par habitant dépasse de loin celui des autres pays de la zone et crée un effet d’aspiration. Il serait facile de jeter l’anathème sur une population de migrants issue principalement des Comores.

Ces milliers de réfugiés économiques, qui arrivent sur les plages de Mayotte fuient un pays qui pointe à la 153ème place (sur 176) au classement international en terme de corruption, un pays où l’immigration à tout prix amène à risquer sa vie pour échapper à la misère.

Pour autant, l’arrivée massive de migrants sur un territoire de 180 km2 n’est pas sans conséquences. Les politiques publiques du département sont ainsi dimensionnées pour une population de 250 000 habitants recensés officiellement. La réalité est probablement toute autre et le nombre d’habitants approche plus vraisemblablement les 350 000. Dès lors, les services de santé, les établissements scolaires, les moyens de sécurité publique ne peuvent que colmater des brèches béantes face à une démographie exponentielle.

Le Gouvernement ne peut laisser la situation se détériorer plus encore. Des mesures fortes afin de donner à Mayotte les moyens de se développer dans des conditions de sécurité acceptables, s’imposent comme une évidence. 

Il y a urgence à redonner aux jeunes des perspectives d’avenir et d’émancipation.  Cette mission a été trop longtemps abandonnée par les collectivités locales. Une telle situation, dans laquelle des milliers d’enfants sont laissés à eux-mêmes suite à la reconduction de leurs parents aux Comores, ne pouvait que se solder par le résultat que l’on connaît aujourd’hui.  Et il faut rétablir la sécurité pour tous les habitants de Mayotte, en donnant aux forces de police les moyens d’effectuer leurs missions de service public. 

Dans ce contexte, rien ne serait pire que l’inaction. J’invite donc les acteurs des territoires à mettre en œuvre des dispositifs de formation aux métiers d’accompagnement et de suivi des jeunes en difficulté : un dispositif utile et valorisant pour les agents des collectivités concernés, au service d’une politique publique dont Mayotte a réellement besoin.

J’interpelle également le Président de la République sur la nécessité d’une politique diplomatique sans concession à destination des Comores. Pour cela, toute la transparence doit être faite sur l’origine et l’utilisation des aides financières apportées à ce pays.

Enfin, et parce que je n’ai pas pour habitude d’esquiver les sujets qui peuvent fâcher, j’invite les acteurs du territoire à dénoncer et à s’engager pour mettre un terme à l’exploitation des migrants trop souvent tue, voire dissimulée. Je m’oppose fermement à un double discours consistant à tirer profit d’une immigration de survie, tout en la désignant comme source de tous les maux de Mayotte.

En 2011, Mayotte est devenue département français ; en 2014, région européenne. Cette appartenance lui confère des devoirs mais aussi des droits. Ces droits ne peuvent être inversement proportionnels à la distance qui nous sépare. Il est désormais temps que Mayotte puisse devenir une véritable composante de notre République. Le temps des atermoiements est révolu.

Les travailleurs, acteurs indispensables et moteurs de la transition écologique

J'ai eu le plaisir de collaborer le mois dernier au numéro 89 de la revue Responsabilité & environnement des Annales des Mines de l'école des Mines - ParisTech intitulé : ZEN 2050 : Vers une Europe Zéro Emission nette en 2050

Mon article porte sur l'importance de la place des travailleurs dans la transition écologique. Je rappelle que nous ne souhaitons pas une transition brutale et décidé unilateralement. La transition écologique doit se faire démocratiquement et à hauteur d'homme. Le travail et l'emploi ne peuvent être des variables d'ajustement.

Pour le consulter gratuitement, c'est par ici.

2018 re janvier couverture

 

 

 

La CFDT s’engage pour sécuriser les parcours professionnels de tous les actifs

La CFDT est engagée dans les discussions lancées par le Gouvernement pour réformer l’apprentissage, la formation professionnelle et l’assurance chômage. Nous abordons ces trois chantiers ensemble, avec un même objectif : pour endiguer le chômage de masse, faire face aux mutations profondes amenées par les évolutions technologiques toujours plus rapides et la transition écologique indispensable, nous voulons construire une véritable sécurisation des parcours. Nous voulons mettre le travailleur en capacité d’agir et de décider de son parcours.

Demain, se tient une des dernières séances de négociation sur la formation professionnelle. La CFDT fait des propositions pour le développement des compétences de tous les actifs, jeunes en alternance, salariés comme demandeurs d’emploi. La montée en compétences, c’est un enjeu majeur de sécurisation des parcours et par la même de la compétitivité des entreprises.

Lors des négociations de 2013, la CFDT avait obtenu la création du compte personnel de formation (CPF), un droit à la formation directement attaché à la personne et non plus à son statut professionnel. Nous voulons aujourd’hui renforcer ce droit et le rendre plus équitable. Nous proposons de consolider un droit à la formation pour tous, tout en le renforçant pour les travailleurs les moins sécurisés (personnes peu qualifiées, séniors licenciés, salariés en temps partiel…).  Le CPF doit également permettre à ceux qui le souhaitent, d’opérer une transition professionnelle plus profonde.

Mais un droit n’est rien s’il n’est pas connu et mobilisable. C’est pourquoi nous mettons l’accent sur l’accompagnement, un accompagnement gratuit et universel, pour tous et pas seulement les mieux informés ou les plus agiles. Cet accompagnement doit permettre à chacun de s’interroger sur son parcours professionnel, d’anticiper les changements et de construire un projet. On l’oublie souvent, mais les freins à l’emploi ne sont pas uniquement professionnels, ils peuvent aussi être la conséquence de problèmes de santé, de problèmes familiaux… Ce sont tous ces aspects de la vie d’une personne qui doivent être pris en compte pour la réussite d’un projet professionnel. C’est dans ce sens que la CFDT propose de renforcer le Conseil en évolution professionnelle : le rendre plus visible en multipliant les campagnes de communication envers ceux qui en auraient le plus besoin, plus accessible en l’organisant au plus près des travailleurs et plus global en impliquant l’ensemble des acteurs de l’accompagnement (partenaires sociaux, assistants sociaux, associations…).

Enfin, la formation des travailleurs doit être l’objet de discussions entre employeurs et salariés dans les entreprises. D’abord, parce que le besoin en compétences est un choix stratégique pour une entreprise, un élément essentiel de la qualité de ses produits ou de ses services. Mais aussi parce que l’écart qui pourrait exister entre le besoin en compétences et les aptitudes des salariés représente un risque pour les travailleurs de déqualification. Au même titre que l’employeur est responsable de la sécurité des salariés dans l’entreprise, il doit être responsable de leur employabilité. 

Dans un monde en mouvement, la CFDT veut donner aux travailleurs la capacité de voir venir, de rebondir en cas d’accident de parcours et de garder prise sur leur avenir professionnel. Nous voulons poursuivre la transformation de notre modèle social vers un système solidaire dans lequel chacun bénéficie de droits adaptés à ses besoins et de l’accompagnement nécessaire à la construction de son parcours.  

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !