archive :  2017/Octobre

Il est temps de mettre un terme aux violences sexuelles et sexistes !

La période ouverte par l’affaire Weinstein a permis à des milliers de victimes de violences sexuelles et sexistes de bénéficier d’un élan collectif pour libérer leur parole. Les milliers de tweets sur les réseaux sociaux mettent en avant depuis quelques semaines les difficultés rencontrées par les femmes pour dénoncer les faits de harcèlement sexuel, agressions ou viol dont elles sont victimes, dans le cadre de leur travail pour la majorité d’entre elles. Ceci renvoie nécessairement à la responsabilité de tous les acteurs du travail, nous compris.

Dans mon édito du guide CFDT paru début juillet pour la prévention des violences sexuelles et sexistes, je soulignais ces difficultés des victimes à trouver un interlocuteur qu’elle considère légitime et avec lequel elle serait suffisamment en confiance pour dénoncer le harcèlement sexuel. Je vous en propose un extrait : 

"Le harcèlement sexuel, et plus largement les violences sexistes et sexuelles au travail, sont une réalité́ subie chaque année par des milliers de salarié-es dont la quasi-totalité́ sont des femmes. Ce constat, recoupé par de nombreuses enquêtes et études, est insupportable pour les syndicalistes que nous sommes.

Insupportable parce qu’il est avant tout le reflet d’une société́ dominée depuis des siècles par les hommes. Une domination qui se traduit notamment par une incroyable tolérance au sexisme, terreau des violences faites aux femmes.
Insupportable parce qu’au-delà̀ des chiffres, il s’agit bien de femmes dont la vie professionnelle, mais aussi personnelle, peut être brisée par ces faits.
Insupportable enfin parce que trop peu d’acteurs de l’entreprise, nous compris, s’emparent de ce sujet alors que tous les moyens sont à disposition pour prévenir ces comportements.

Les victimes de violences sexuelles et sexistes en parlent peu, et quand elles le font, ce n’est pas toujours à un-e syndicaliste. Il est pourtant de notre responsabilité́ syndicale, chacun-e à notre place, d’agir sur ce sujet.


Je l’ai déjà̀ dit à de multiples reprises : le sexisme est incompatible avec nos valeurs syndicales quel que soit le territoire, la branche ou la supposée culture d’entreprise. Pas plus qu’elle ne tolère les propos racistes, la CFDT ne tolère les propos sexistes. »

La CFDT a identifié il y a plus de 10 ans les difficultés des victimes s’exprimer. C’est notamment pour cette raison que nous avons construit depuis 2009 un projet (appelé « Respectées ») visant à sensibiliser et surtout former nos militant-e-s sur ce thème. Notre premier objectif : qu'elles/ils s’emparent du sujet et s’affichent comme ressources dans les entreprises, dans la Fonction publique ou encore dans les structures CFDT de proximité  sur les territoires. A Paris d’abord, puis en Ile-de-France, 3000 militant-e-s ont été formé-e-s en 10 ans grâce notamment à notre travail avec -sans être exclusif- l’Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail -AVFT*. Ce projet doit maintenant s’étendre à tout le territoire. C’est l’enjeu de la journée  »Respectées 2017 » que nous organisons avec 200 militant-e-s le 21 novembre à Paris. 

Le changement des mentalités que nous attendons ne se décrète pas, il faut agir pour. En tant que secrétaire général de la 1ère organisation syndicale dans le privé,  j’ai le devoir de tout mettre en œuvre pour impulser une prise de conscience collective et des actions à tous les niveaux de mon organisation, la CFDT. 

Je veux passer ici 3 messages :

- Le premier aux victimes de violences sexuelles et sexistes au travail : Vos agresseurs ont parfaitement conscience de ce qu’ils vous font subir. Parfaitement conscience de ne pas être dans le cadre de la séduction. Ils veulent vous ôter votre liberté fondamentale au libre-choix, votre liberté à consentir.  Ils ne vous respectent pas. Ils s’en prennent à votre dignité.
Je m’engage à déployer toutes les formations nécessaires en interne pour que vous trouviez en la CFDT, que ce soit auprès de nos représentants dans votre entreprise ou dans les fonctions publiques mais aussi dans nos structures de proximité, l’interlocuteur à qui vous pourrez parler en toute confiance. C’est déjà le cas dans un grand nombre d’endroits. 

- Le deuxième message s’adresse aux employeurs : c’est votre rôle de mettre en œuvre les dispositifs de prévention des violences sexuelles et sexistes au travail. Sans attendre qu’il y ait des victimes. Une mention au règlement intérieur (obligatoire) ne suffit pas. Il faut former, sensibiliser les cadres intermédiaires, relayer un message fort d’absence de tolérance du sexisme et a fortiori du harcèlement sexuel dans l’entreprise, et travailler avec les représentants syndicaux sur les dispositifs à mettre en place pour les victimes. Ce n’est pas un supplément d’âme : c’est votre responsabilité.  

- Le troisième message est pour les  militant-e-s CFDT : Notre organisation est engagée depuis presque 50 ans dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Nous sommes porteurs de cet héritage dont nous pouvons être fiers. Nous devons être exemplaires sur le sujet. C’est d’ailleurs déjà le cas de la majorité des militant-e-s que j’ai rencontré-e-s depuis que je suis à la CFDT. Mais pas tous, et c’est aussi important de se le dire pour y remédier. 
Notre organisation a mis en place de nombreux moyens pour agir en proximité : guide, modules de sensibilisation, modules de formation, affiches, brochure etc. Nous devons nous en saisir à tous les niveaux de l’organisation. Je compte vraiment sur chacun d’entre vous. 

Libérer réellement la parole des victimes, c’est leur permettre de dénoncer les faits inadmissibles qu’elles ont subis dans le cadre de leur travail auprès de nos élu-e-s CFDT. C’est aussi leur assurer qu’elles seront accompagnées pour faire valoir leurs droits. A nous de construire la confiance et les conditions qui leur permettront de le faire. 

* A lire ici mon entretien croisé avec Marilyn Baldeck, Déléguée générale de l’AVFT

Journée mondiale du refus de la misère 2017

A l'occasion de la 30e journée mondiale pour le refus de la misère, organisé par ATD quart-monde qui fête cette année ses 60 ans, j'ai tenu à leur adresser un message vidéo pour rappeler l'engagement de la CFDT en faveur des plus pauvres et saluer le précieux travail fourni par toutes les associations qui luttent contre la pauvreté. 

 

Matinale d'Europe 1 - Vendredi 13 octobre 2017

Invité de la matinale d'Europe 1, j'ai présenté le positionnement de la CFDT suite aux ordonnances réformant le code du travail, et avant les réformes à venir sur la formation professionnelle, l'apprentissage et l'assurance chômage. J'ai notamment détaillé nos propositions et nos impératifs, en particulier concernant l'indemnisation et l’accompagnement des demandeurs d'emploi.

Défendre les fonctions publiques et leurs agents

Ce mardi 10 octobre, la CFDT manifestait de façon unitaire pour dénoncer le manque de considération des agents de la fonction publique et exiger une juste reconnaissance de leur travail.  

Laurent Manif 10oct 2

Nous ne devons pas oublier que les fonctionnaires, ce sont des femmes et des hommes qui travaillent tous les jours pour l’intérêt collectif et le bien commun. C’est une aide-soignante qui s’occupe de personnes hospitalisées, c’est un agent de conseil départemental qui coordonne l’aide sociale à l’enfance, c’est une policière qui travaille pour la sécurité de tous, c’est un agent qui s’occupe de la propreté des rues… Que ce soit dans la fonction publique hospitalière, d’Etat ou territoriale, ils sont des milliers de personnes à travailler au service de la société. Trop peu visible, leur travail est pourtant indispensable au bon fonctionnement de nos institutions, à la vie quotidienne des citoyens comme des entreprises. Les agents des fonctions publiques attendent respect et considération de leur travail.

Le service public, quand il est abordé dans le débat public, c’est essentiellement sous le prisme budgétaire, comme la cible d’économie financière. Ce discours est intenable. Les agents et le travail qu’ils effectuent ne sont pas une charge mais une richesse pour la société. Il faut sortir de cette logique mortifère. Cette situation n’est plus acceptable car le moral et la santé des agents en pâtissent. Et quand le bien-être des travailleurs diminue, c’est également la qualité du service rendu qui se dégrade. 

Le service public n’est pas immuable ou statique. Dans un monde qui bouge, lorsque les besoins de la population évoluent, il est nécessaire de s’interroger sur les services publics de demain, sur le sens que nous voulons leur donner. Mais pour cela, il faut que tous les acteurs en débattent ensemble : responsables politiques,  usagers du service public et bien entendu les agents. Si ces derniers étaient réellement écoutés, ils seraient les premiers à proposer des solutions constructives et durables. C’est pour cela que la CFDT demande une réflexion globale sur les missions de service public pour ensuite aborder la question des moyens nécessaires à leur accomplissement. Nous devons répondre au « pourquoi » avant d’aborder le « comment ».  

Le manque de dialogue social dans les hôpitaux, les administrations et les collectivités locales est criant. L’employeur public doit prendre ses responsabilités, créer des lieux d’expression sur le travail et son organisation. Les fonctionnaires ont besoin de signes de confiance.

Aujourd’hui, l’expression politique occulte largement le travail des agents. S’ils reconnaissent la légitimité démocratique des décisions politiques, ils subissent cependant un mouvement de balancier qui leur demande de faire et défaire régulièrement.  Prenons l’exemple des rythmes scolaires. En 2014, toutes les écoles primaires publiques sont passées à la semaine de quatre jours et demi. La mise en place d’une telle réforme a nécessité un gros travail de préparation pour les équipes éducatives, les services municipaux et étatiques, en collaboration avec les centres de loisirs, les associations jeunesses et sport… En 2017, le nouveau Président de la République fait marche arrière sans beaucoup de considération pour ces années de préparation, sans réelle évaluation ni concertation.  L’exemple se retrouve dans de nombreux domaines. Cette gestion politique du travail provoque découragement et baisse de motivation chez les agents qui s’investissent pour changer les choses.

Face à cette fatigue, ce manque d’écoute et ces tensions grandissantes, que répond le gouvernement ? Il répond rétablissement du jour de carence sans analyser les causes de l’absence d’agents. Il répond gel du point d’indice et suppression d’emploi. Il freine même à appliquer ce qui avait été négocié avec les partenaires sociaux comme le protocole parcours professionnels, carrières et rémunérations (PPCR) qui permet de mieux reconnaître l’engagement des fonctionnaires civils et des militaires en revalorisant leurs grilles indiciaires et en améliorant leurs perspectives de carrière.

Emmanuel Macron candidat à la présidence de la République avait promis une augmentation du pouvoir d’achat des agents publics. Avec la hausse de la CSG, cela se traduira au mieux par une compensation. 

Ca suffit !

La CFDT appelle le gouvernement à tenir ses engagements en matière de pouvoir d’achat et de perspective de carrières. Nous exigeons de réelles négociations salariales qui aboutissent à une reconnaissance méritée du travail des agents, titulaires comme contractuels. Nous appelons à une revalorisation des carrières et  à ce que l’employeur public, au même titre que l’employeur privé, participe à la prise en charge de la complémentaire santé et prévoyance des agents.

La CFDT s’engage pour que la parole des fonctionnaires soit entendue et leur investissement  respecté. Nous étions vendredi 6 octobre à l’Elysée pour remettre au Président de la République les cartes pétition de plus de 10 000 agents de la fonction publique.

Nos responsables politiques doivent enfin comprendre qu’il n’y aura pas d’action publique efficace sans reconnaissance de ceux qui l’incarnent au quotidien.

Laurent manif 10 octobre

Matinale de RTL - lundi 9 octobre 2017

Invité de la matinale de RTL à la veille d'une grande mobilisation dans les fonctions publiques à laquelle la CFDT participe, j'ai eu l'occasion de rappeler nos exigences pour le pouvoir d'achat des fonctionnaires et la bonne marche du service public.

 

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !