archive :  2016/Octobre

Albane, salariée d'une agence d'intérim et candidate aux élections TPE

Les candidats CFDT aux élections professionnelles dans les TPE sont eux même issus des petites entreprises, salariés de particuliers employeurs ou assistantes maternelles. J’ai choisi d'évoquer sur mon blog le témoignage de quelques-uns d’entre eux, que j’ai eu l’occasion de rencontrer.

Aujourd’hui, Albane. Elle travaille dans une agence d’intérim et d’insertion à Joigny, dans l’Yonne, avec trois autres collègues. Son métier consiste à accueillir et à guider des personnes vers de contrats d’intérim, dans l’optique de les aider à retrouver le chemin de l’emploi durable. Elle les conseille, les oriente vers des formations, les aide à monter des dossiers administratifs. Une mission d’accompagnement très proche parfois du travail social, qui la conduit à être en relation avec un grand d’acteurs associatifs et sociaux de son département.

Comment est-elle venue au syndicalisme ? Avec son ancienne responsable, elle a eu des soucis. Une cote fêlée lui a d’abord valu quinze jours d’arrêt de travail, puis quinze jours supplémentaires. Malgré le certificat médical, sa patronne n’a pas voulu comprendre que ça ne se guérissait pas si vite, une côté fêlée. Et elle lui a fait des histoires, alors même que la convention collective garantissait le maintien du salaire dans pareille situation. « J’avais beau lui montrer ce que disait le droit, elle refusait : le dialogue était bloqué. Finalement, elle m’a menacé d’avoir recours à des avocats. Même si je savais que j’avais raison, je me suis sentie complètement désemparée. On ne discutait pas à armes égales. » Alors Albane a cherché du soutien de son côté, auprès des syndicats. Si elle s’est tournée vers la CFDT, c’est parce que les gens autour d’elle lui disait que la CFDT était moins « bruyante », mais beaucoup plus efficace, que d’autres organisations. « J’ai rencontré Kémal, le secrétaire général de l’union départementale. Il m’a écoutée, m’a rassurée, et m’a informée sur mes droits. Plus tard, quand un ami de mon conjoint a eu des soucis dans son travail, la CFDT l’a aidé lui aussi. » Aujourd’hui Albane est heureuse de s’engager en tant que candidate pour faire bouger les choses, parce qu’elle n’est pas de ceux qui se contentent de se plaindre ou de subir. « Les salariés des TPE pensent souvent que tout va très bien pour eux… jusqu’à ce que cela n’aille plus. Et là, ils prennent conscience de leur isolement, et de l’importance d’être soutenus par leurs représentants dont c’est le rôle. Le manque de connaissance de ces salariés sur leurs droits est immense. Combien, comme moi, ont déjà été amenés à engager des frais importants suite à un accident de trajet, sans savoir qu’ils auraient pu être indemnisés ? »

Pour Albane, les salariés des petites entreprises ont tout simplement le droit de jouir effectivement de leurs droits. Et pour cela, il faut faire reculer l’incertitude et l’isolement. C’est ainsi qu’elle conçoit son rôle : aller à leur rencontre, les informer, les conseiller. « Le guide pratique des salariés des TPE réalisé par la CFDT est génial. C’est le seul syndicat qui se préoccupe vraiment de donner une info utile, concrète, celle dont les gens ont besoin. Je crois au syndicalisme qui n’est pas dans l’opposition bête et méchante, mais plutôt dans les petites victoires quotidiennes et les résultats tangibles. C’est cela que j’apprécie à la CFDT »

Bernard, candidat CFDT aux élections TPE

Aux élections professionnelles dans les TPE, la CFDT a fait le choix de présenter des candidats eux même issus des petites entreprises, des salariés des particuliers employeurs et des assistants maternelles. J’ai eu l’occasion de rencontrer certains d’entre eux. Ils ont la pêche, et l’envie de s’engager pour les autres. Tous ont des choses à raconter. J’aimerais évoquer le témoignage de Bernard, candidat en Midi Pyrénées.

Bernard a eu plusieurs vies professionnelles. Pendant trente-sept ans il a travaillé dans une entreprise familiale d’emboutissage à Souillac, où on fabrique entre autres des flacons de parfums de luxe. Bernard concevait lui-même son outil de travail : pour chaque nouvelle commande, il imaginait le type de machine qui lui permettrait d’assembler, de polir, de graver. Il en réalisait les plans, faisait fabriquer les pièces et assemblait le tout dans son atelier, puis ces « machines spéciales » étaient utilisées sur les lignes de productions. Après vingt-cinq ans au sein du bureau d’études, Bernard est devenu chef d’atelier. Pendant douze ans il a managé une petite centaine d’ouvriers, ce qui lui évoque aujourd’hui cette juste remarque : « les machines, c’est plus simple que les hommes ».

A présent Bernard qui a la soixantaine, travaille chez des particuliers. L’été il fait de l’élagage et de la taille d’arbres essentiellement, et le reste du temps, il fournit des services divers : tondre la pelouse, poser du ciment sous une clôture pour éviter que le chien ne s’échappe, faire de la soudure ou de l’électricité (il a aussi un diplôme d’électricien). Concrètement, il change de patron plusieurs fois par semaine. Et les situations sont très diverses, selon les personnes qui l’emploient et la nature des travaux. Le droit existe pour encadrer ces relations de travail, mais il est assez largement méconnu, du salarié comme de l’employeur

Dans ces conditions, le syndicalisme est un soutien important. L’aventure syndicale de Bernard a commencé quand il bossait dans l’industrie. Jeune ouvrier, il a monté une liste pour le conseil d’entreprise (CE). Il ne connaissait rien au milieu syndical, mais ça lui semblait important de s’y intéresser.  Alors, il a « fait jouer la concurrence ». « On a contacté toutes les organisations syndicales, les unes après les autres. Apres cinq minutes au téléphone, le représentant de la première m’a dit : « parfait, on va vous mettre sur les listes prud’homales ». Il ne m’avait jamais rencontré ! Comment pouvait-il me faire confiance ? Ça m’a paru un peu léger – ou très opportuniste. Les représentants du second syndicat, eux, m’ont dit qu’ils étaient « une marque » et que ça allait « faire peur  au patron ». Et c’est tout. Rien de concret, zéro conseil. Ce n’était pas du tout ce dont on avait besoin. Le représentant de la CFDT nous a d’abord écoutés. Il nous a dit qu’il ne pouvait pas répondre à nos questions, parce qu’elles étaient spécifiques, mais qu’il allait immédiatement nous mettre en relation avec un militant qui exerçait dans notre secteur d’activité et qui pourrait nous aider. On a rejoint la CFDT. Depuis lors, on a toujours eu des conseils précisément adaptés à nos besoins, et une grande autonomie de décision, parce qu’on nous faisait confiance pour faire les meilleurs choix pour nous même».

Aujourd’hui le travail de Bernard est très différent mais il continue son engagement à la CFDT en étant candidat aux élections professionnelles. Et pour lui le besoin de syndicalisme est encore plus grand pour les salariés des particuliers employeurs, qui sont souvent isolés, et ne disposent  pas d’un environnement de travail avec des interlocuteurs et des ressources dédiées. Par exemple, dans la majorité des cas le particulier employeur ne fournit pas de chaussures de sécurité à son salarié. Bernard apporte toujours les siennes…mais pas son collègue, qui un jour s’est planté une fourche dans le pied.

 « Dans l’industrie on avait parfois des soucis, mais on avait aussi des règles claires, des collègues, et un patron à qui parler. Quand on est employé par un particulier, vers qui se tourner en cas de problème ? On peut arrêter de travailler pour la personne, mais ça ne règle pas le problème ». Pourtant, employeur et salarié partagent des intérêts communs : prévenir les risques d’accident, permettre au salarié d’exercer son travail dans les meilleures conditions, etc. Face à la diversité des corps de métiers et des situations, Bernard est convaincu de l’intérêt d’établir des règles communes, et de les faire connaitre de tous. Ce sera l’une des missions de la Commissions paritaire régionale interprofessionnelle dans laquelle il siégera s’il est élu. Il est prêt à s’engager dans cette nouvelle aventure, parce que comme il le dit : « j’ai beaucoup de défauts, mais s’il y a bien quelque chose qui me tient à cœur, c’est la justice et l’égalité ».

Interview à Europe 1 le 3 octobre

Le Mardi 3 octobre 2016 j'étais présent sur la matinale d'Europe 1 pour parler du sauvetage de l'usine d'Alstom à Belfort. J'ai rappelé l'importance de sauvegarder en France un savoir-faire industriel. 

 


Laurent Berger : "Il faut maintenir de la... par Europe1fr

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !