archive :  2015/Juin

Invité du Grand jury RTL / LCI / Le Figaro

Dimanche 21 juin, j'étais l'invité du Grand jury RTL / LCI / Le Figaro.

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Pendant une heure j'ai pu m'exprimer squr différents sujets au coeur de l'actualité économique et sociale et notamment sur la loi Macron et le scandale du plafonnement des indémnités prud'hommes ou encore le débat sur la réforme du code du travail et le pacte de responsabilité. 

Retrouvez l'émission en replay:

 

1ère partie:

 

2e partie:

Invité d'Hedwige Chevrillon sur BFM Buisness

Capture BFM Buisness

 

Jeudi 18 juin, j'étais l'invité d'Hedwige Chevrillon sur BFM Buisness. Chiffres du chômage, simplification du code du travail, dialogue social, pacte de responsabilité, loi Macron ... de nombreux sujets ont été abordés au cours de cette interview.

Retrouvez-là ici en replay

Faisons de la santé un débat public

Cette tribune, que j'ai co-signé avec Danièle Desclerc-Dulac, Etienne Caniard et Luc Bérille est parue dans le journal La Tribune du 8 Juin 2015.


CP Santé public


Notre système de santé évolue en profondeur, sans vrai débat public, notamment sur le rôle des complémentaires santé, qui prennent une place grandissante. Quelles devraient être les priorités de réforme? Par Laurent Berger, Secrétaire Général de la CFDT, Danièle Desclerc-Dulac, Présidente du CISS, Etienne Caniard, Président de la Mutualité Française, Luc Bérille, Secrétaire Général de l'UNSA


Notre système de santé est aujourd'hui à la croisée des chemins...

Malgré l'amélioration générale de l'état de santé de la population (allongement de l'espérance de vie, net recul de la mortalité infantile, etc.), les progrès thérapeutiques ne profitent pas à tous de manière équitable et l'organisation de la prise en charge des soins n'est pas efficiente. Notre système de santé privilégie trop souvent l'intervention la plus lourde au détriment de réponses plus appropriées aux besoins de la population, en particulier des personnes en situation de perte d'autonomie. Les obstacles géographiques et financiers pèsent lourdement sur les inégalités d'accès aux soins, le renoncement aux soins progresse en dépit de la hausse des dépenses de santé dans notre pays. Les conditions de travail se dégradent pour de nombreux salariés de la santé ou de l'accompagnement, notamment dans les hôpitaux, les epahd et le secteur des aides à domicile, au détriment des usagers et de la qualité des soins.

Par ailleurs, notre système de santé doit faire face à des défis majeurs (grand âge, hausse du nombre de malades chroniques, coût croissant du progrès technique, etc.) qui rendent indispensable son évolution en profondeur pour garantir sa pérennité, dans un contexte de financement fortement contraint -en dépit de l'augmentation continue des dépenses de santé.

 

Des soins courants de moins en moins remboursés par la sécu
 

Nous sommes donc face à deux paradoxes que les pouvoirs publics ne parviennent pas à résoudre.

Le premier paradoxe tient au fait nous dépensons chaque année toujours plus pour notre santé sans parvenir à limiter le renoncement économique à certains soins en raison du recul des remboursements des soins courants par l'assurance maladie obligatoire.

Actuellement, l'ensemble des soins de santé en ambulatoire, n'est plus couvert que pour environ 55%, toutes prestations de santé confondues. Ce constat s'explique par l'écart observé entre les bases de remboursement et les prix pratiqués par les acteurs du secteur de la santé comme par l'absence d'organisation des parcours de soins et de contrôle de la pertinence des actes.
 

Assurances complémentaires: une place grandissante sans aucun débat préalable

 

Le second paradoxe, lié au premier, est la place importante prise par les complémentaires santé, devenues aujourd'hui indispensables pour assurer l'accès aux soins, sans qu'aucun débat n'ait jamais eu lieu sur le rôle respectif et la ligne de partage entre régime obligatoire et complémentaires. Depuis plusieurs années, les complémentaires servent « de variables d'ajustement » permettant de pallier le désengagement de l'assurance maladie. Or, dans un contexte de renchérissement mécanique du coût des cotisations des complémentaires, le taux d'effort des ménages a atteint un seuil d'acceptabilité maximal.

Face à ces défis, nous sommes convaincus que le chemin de la transformation de notre système de santé n'appartient pas à la seule action de l'Etat que la loi de modernisation du système de santé traduit d'ailleurs insuffisamment.

Chacun à notre place, nous nous sommes efforcé ces dernières années de trouver des pistes concrètes pour faciliter l'accès à des soins de qualité pour tous et défendre un système de santé solidaire, efficient et régulé.

 

Quatre priorités

 

Au regard de l'urgence de la situation, nous estimons important d'insister ensemble sur quatre priorités :

 1- Agir en faveur de la réduction du reste à charge. Celui concerne essentiellement trois types de soins :

-Les soins courants non (ou mal) régulés : soins dentaires, audioprothèses ou optique.

­ -Les soins donnant lieu à des dépassements d'honoraires ;

­ -Les soins hospitaliers qui donnent lieu à des restes à charge de plus en plus importants.

 Les dernières tentatives de régulation des dépenses, si elles marquent un tournant, ne sont pas suffisantes. Nous proposons de construire une nouvelle forme d'opposabilité tarifaire au profit des patients afin de maitriser les restes à charge et de mettre un terme à la fuite en avant des dépassements d'honoraires.

2- Améliorer l'organisation du système de soins et de santé.

L'évolution de l'organisation de notre système de santé exige la prise en compte d'au moins cinq domaines :

L'existence d'importantes disparités territoriales. Au-delà du thème des déserts médicaux, qui constituent une réalité, nous devons mieux prendre en compte : l'inégalité des chances (certaines zones étant mieux dotées pour gérer certaines pathologies) ; les inégalités sociales souvent synonymes de maladies chroniques ; les inégalités tarifaires.

­ Il devient en effet primordial, comme le reconnaissent tous les observateurs du système de santé, d'organiser un véritable parcours de soins lisible par le patient permettant, dans une logique pluridisciplinaire : d'orienter le patient, de prévenir ses pathologies, de le soigner et de l'accompagner à l'issue de son traitement. Dans ce cadre, des modes de rémunération plus adaptés que le paiement à l'acte pourraient être mis en place.

­ L'ensemble des professionnels, salariés ou agents du système de soin doivent être entendus pour améliorer l'organisation collective du travail. Au-delà de l'organisation, notre système doit également davantage s'ouvrir aux potentialités offertes par les nouvelles technologies

­ L'impératif de démocratie en santé doit s'imposer aussi dans la co-construction des services et des actions en santé.

3- Redéfinir le pilotage des politiques de santé et l'articulation entre l'assurance maladie obligatoire et les complémentaires pour une meilleure responsabilisation concertée de chacun des partenaires.

Elle constitue la réponse aux deux priorités précédentes. Aujourd'hui, nous ne pouvons plus agir séparément sur l'organisation du système d'un côté et sur le financement de l'autre. C'est de manière systémique que les questions doivent être posées. La place prise par les complémentaires (13% de la dépense) rend essentielle la mise en place d'un vrai partenariat entre l'assurance maladie obligatoire, les complémentaires et les bénéficiaires des services de santé.

Le pilotage des politiques de santé doit tenir compte de cette situation, de l'évolution de la médecine et de la société. Les associations de patients, les partenaires sociaux, les mutuelles, ne peuvent être exclus d'un pilotage aujourd'hui assuré par l'Etat et l'Assurance maladie. L'absence d'avancées significatives issues des dernières négociations conventionnelles en témoigne. Une nouvelle régulation est nécessaire. Elle doit tendre à une responsabilisation objectivée.

 Au-delà, les politiques de santé doivent désormais davantage se concevoir dans une logique de proximité en tenant compte des besoins locaux et de l'apport de l'ensemble des salariés du secteur de la santé et de l'aide à domicile. Force est de reconnaître que les récentes réformes ne sont pas allées au bout de cette logique.

4- Refaire de la santé un enjeu de citoyenneté, en favorisant le débat public autour des questions de santé et en encourageant l'engagement citoyen à travers de nouvelles actions de proximité autour des questions de santé.

Ensemble, nous avons la volonté commune de promouvoir une vision neuve des questions de santé. Nous voulons faire la preuve de la capacité des patients, des professionnels de santé, des partenaires sociaux et des mutuelles à construire ensemble des réponses en faveur de la transformation de notre système de santé.

Invité de "Thé ou café" le 31 mai

Laurent Thé ou café

 

Dimanche 31 mai, j'étais l'invité de Catherine Ceylac dans l'émission "Thé ou café" sur France 2. Avec elle, j'ai pu expliquer le parcours qui a été le mien jusqu'à aujourd'hui, mais aussi discuter du syndicalisme et des enjeux qui sont les notres aujourd'hui. L'occasion, aussi, de faire découvrir un groupe de musique que j'apprécie particulièrement "Boulevard des airs" et avec lequel j'ai tenté, sans grande réussite, de pousser un peu la chansonnette. Une bonne expérience pour moi que vous pouvez revivre en replay à cette adresse: http://bit.ly/1KCXs0l

L'hôpital public au bord du burn-out

J"ai co-signé cette tribune avec Nathalie Canieux, secrétaire générale de la CFDT santé-sociaux pour dénoncer la situation critique des agents des hôpitaux publics. Elle est parue sur le site Slate.fr le 26 mai 2015.

Slate logo

Partout, on demande aux personnels hospitaliers de faire plus et mieux, avec moins et pire. Aujourd'hui, il faut les remettre au cœur des décisions qui concernent l’hôpital. Par Laurent Berger et Nathalie Canieux (CFDT).

Régulièrement, nous allons à la rencontre des salariés et des agents dans les hôpitaux. Ce sont des femmes et des hommes, épuisés et en colère, mais pourtant toujours passionnés par leur travail et qui ne se résignent pas. Ils portent le système à bout de bras.

Car ils nous le disent; ils sont profondément attachés à leurs métiers parce qu’ils ont la certitude que ce qu’ils font a du sens et est utile à la société. Mais ils n’en peuvent plus de travailler dans ces conditions intenables.

Partout, on leur demande de faire plus et mieux, avec moins et pire. Manque de personnel; intensification et dégradation des conditions de travail; remise en cause des règles de santé et de sécurité... Les salariés et les agents du service public hospitalier subissent des restructurations silencieuses depuis des années. Ils sont de plus en plus nombreux à connaître la précarité. Ils sont inquiets pour leur avenir et pour celui des personnes dont ils prennent soin.

Cette situation est la conséquence de vingt ans de choix de politique publique de la santé dictés par des considérations purement budgétaires. Et cela continue! Les dernières annonces prévoient de limiter l’augmentation de la masse salariale à 1,5%, de trouver plus de 700 millions dans les fonds de tiroirs, sans se soucier de mettre en péril le fragile équilibre financier –et social– que certains établissements avaient réussi à trouver.

Ces choix procèdent d’une logique de court terme dont toute la société paiera très cher les conséquences pour l’avenir.

En effet, que peut-on espérer d’un service public hospitalier fondé sur la précarité, l’épuisement, la défiance et l’amertume de ses 900.000 professionnels?

 

 

 

Que coûtent à la collectivité les absences maladies, les inaptitudes, le manque d’attractivité du secteur pour les jeunes?

Comment peut-on vouloir un service public accessible à tous et pousser pour le développement de l’ambulatoire à marche forcée, pour l’augmentation constante de l’activité et la marchandisation de l’hôpital, sur le modèle du privé?

Comment a-t-on pu en arriver là quand on sait à quel point la santé et le soin sont les biens les plus précieux d’une société?

Imaginons que les citoyens soient aux commandes et qu’ils puissent allouer les ressources de la Nation en fonction de leurs priorités. Il y a de grandes chances qu’ils mettent des moyens pour que leurs proches malades soient bien accueillis, biens soignés et pour que les professionnels qui les prennent en charge travaillent dans la sérénité.

Si on veut relever les nombreux défis sociaux, générationnels, qui sont devant nous, et construire une société où la qualité de vie et la qualité du vivre-ensemble importe, il faut arrêter de traiter la santé comme un budget à rationaliser. Il faut une ambition pour le service public hospitalier, et une stratégie cohérente avec celle-ci.

La loi santé reste au milieu du gué. Si elle pose les premières pierres d’un nouveau modèle qui coordonne tous les acteurs autour du patient, elle n’engage pas les investissements nécessaires, ni n’affirme clairement la place de l’hôpital dans ce modèle.

Et pourtant, investir dans les personnels hospitaliers est une urgence et une nécessité absolue. Il faut valoriser leurs emplois, qui produisent des richesses sur les territoires et sont non délocalisables. Il faut leur donner la reconnaissance salariale qu’ils méritent. Et mettre l’accent sur la formation pour développer des alternatives à l’hospitalisation dans le cadre d’un projet de santé cohérent.

Mais surtout, il faut remettre les personnels au cœur des décisions qui concernent l’hôpital. Ils vivent l’hôpital au quotidien, ils sont donc les mieux placés pour identifier ce qui fait problème et construire des solutions pour améliorer la prise en charge des patients. Créons des espaces d’expressions et ouvrons de vraies discussions sur les conditions et l’organisation du travail, sur la qualité de vie au travail!

Aucune stratégie ambitieuse ne peut se faire sans dialogue social. C’est ainsi que nous donnerons aux citoyens le service public hospitalier de qualité qu’ils sont en droit d’attendre.

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !