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1er Mai 2015 : pourquoi nous organisons un festival pour les jeunes

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Cette année, la CFDT a fait un choix audacieux. A la place du traditionnel défilé du 1er mai parisien, nous avons décidé d’organiser un festival pour les jeunes.

Particulièrement touchés par le chômage et la précarité, ce sont aussi eux qui construiront le monde de demain et qui contribuent déjà à changer le monde d’aujourd’hui. Leur dédier notre 1er mai, c’est réaffirmer qu’ils ont toute leur place dans l’action syndicale, c’est leur parler de l’importance de la solidarité et de l’engagement, c’est leur montrer qu’il existe un autre syndicalisme, moderne, crédible, audacieux, ambitieux.

Mais leur dédier notre 1er mai, c’est surtout leur laisser la parole, écouter leurs angoisses, leurs difficultés, mais aussi leurs envies et leurs idées. Prendre le temps de discuter ensemble de l’emploi, du travail, de la société que l’on veut. C’est pour cela qu’ils trouveront lors de cette journée des conférences, des ateliers débats, des lieux d’échanges et de rencontres et des animations pour partager, proposer, avancer.

Et parce que le 1er mai doit rester une fête, celle du travail et des travailleurs, nous conclurons cette journée par des concerts d’artistes connus et reconnus des jeunes (SKIP THE USE, BEN L’ONCLE SOUL …) mais aussi par un tremplin où de jeunes artistes auront l’occasion de se produire sur scène, certains pour la première fois.

Et parce que le 1er mai est la journée internationale des travailleurs, nous avons aussi choisi de placer cette journée sous le signe de l’Europe. De l’Europe que nous voulons, par et pour les jeunes : celle qui protège et qui investit, qui prépare notre avenir et permet les rencontres, à contre-courant des tentations de repli sur soi. C’est pour cela que 100 jeunes européens invités seront présents à cet évènement.

C’est aussi par cette audace et cette quête de sens et d’utilité que nous referons du 1er mai une grande fête populaire et militante. Au travers de cette journée festive et solidaire et des suites que l’on saura lui donner,  la CFDT entend décliner sa devise : s’engager pour chaque jeune et agir pour toute la jeunesse. 

La proximité au service des agents au CHU de Purpan

Jeudi 9 avril au matin, il fait beau sur Toulouse et je suis chaleureusement accueilli par les militants Santé Sociaux 31 et 09 sur le site de Purpan du CHU. On s'installe autour d'un café pour échanger. Ils sont une trentaine, aides soignant(e)s, cadres de santé, éducateur spécialisé, ambulancière... Des femmes et des hommes motivés, qui consacrent pour beaucoup la moitié de leur temps à leur engagement syndical. Ils m'annoncent qu'ils sont encore "dans une phase d'euphorie" apres les élections professionnelles de décembre, et pour cause ! Ils enregistrent une progression historique, passant de 10% à 22%. C'est une des raisons de ma visite: revenir avec eux sur les ressorts de cette belle réussite !

 

Rien n'était gagné pourtant. L'hôpital, - je le vérifie à chacun de mes déplacements - c'est à la fois l'un des endroits où le métier des agents a le plus de sens et d'utilité, et l'un de ceux où il s'exerce dans les conditions les plus difficiles. Au CHU de Toulouse comme dans d'autres, on souffre du manque de personnels, de l'augmentation de la charge de travail, des déménagements incessants occasionnés par les "grands projets" , de la précarisation du travail des contractuels...Les besoins et les attentes sont immenses; je peux le mesurer en visitant le service de chirurgie maxillo-faciale et en m'entretenant avec les cadres de santé sur place. De plus, c'est un défi de faire vivre un dialogue social de qualité dans un CHU, avec son organigramme compliqué, ses procédures chronophages, ses rigidités. Un défi aussi, dans ces volumes immenses répartis sur plusieurs sites, et à travers ces kilomètres de couloirs, d'aller à la rencontre de chaque salarié...

Pourtant, c'est autour de la proximité que l'équipe de militants a choisi d'organiser son action syndicale. Rencontrer les salariés et les écouter parler de leurs métiers, construire avec eux des solutions pour de meilleures conditions d'exercice, une meilleure qualité de vie au travail; ces pratiques de proximité ont nourri et renforcé l'action revendicative au sein des instances. Et cela a payé! Les salariés n'attendent pas de leurs représentants un "commentaire" de leur situation ou un discours hors-sol, ils veulent participer aux décisions sur l'avenir de leur travail.

Je suis admiratif de la façon dont ces militants CFDT ont trouvé les ressources pour agir concrètement dans un environnement si contraint. C'est cela la CFDT: un syndicalisme de la proximité et des réponses concrètes pour la vie quotidienne des gens. Et aussi un syndicalisme porteur d'un projet de société, une société apaisée grâce au dialogue, une société solidaire. Pour construire cette société, il faut arrêter de traiter la santé comme un budget à rationaliser, il faut redonner des moyens d'action à l'hôpital et à ses salariés et agents qui portent une mission de service public fondamentale.

C’est cela le sens de notre engagement

"La CFDT n'a de leçon à recevoir de personne"

J'étais ce matin de l'invité de Jean-Michel Aphatie sur RTL. Dans cette interview je précise notamment notre position à propos d'une éventuelle modification du contrat de travail, dont certains parlent bien qu'on n'ait aujourd'hui aucune étude prouvant ses effets sur l'emploi. J'aborde également le sujet de la réforme du dialogue social.



Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !