archive :  2018/Mars

Redonner une place pleine et entière au travail dans les entreprises

Suite à la parution du rapport Sénard-Notat « L’entreprise, objet d’intérêt collectif », j’ai participé avec Jean-Dominique Senard, au débat organisé par Dialogues sur le rôle social de l’entreprise.

Durant le débat, j’ai rappelé la nécessité de redonner de la visibilité au travail dans les entreprises.


Pour cela, la CFDT propose d’avancer vers une codétermination à la française qui allie une meilleure représentation des salariés dans les conseils d’administration et un dialogue social modernisé. 

 
Ce débat a également été l’occasion d’aborder l’enjeux actuel de la mise en œuvre des nouvelles instances représentatives du personnel. 

Mayotte : la CFDT veut du concret

Je suis de près l’évolution de Mayotte depuis une dizaine d’années. Ce que vit ce département de l’océan indien depuis plus de trois semaines est tout sauf une surprise. La départementalisation de mars 2011 menée à la hussarde, sans véritable préparation, s’est faite avec une vision métropolitaine en total décalage avec les attentes d’une population soumise à un contexte local et régional critique.

L’alignement des minimas sociaux, des salaires, des retraites va mettre encore 10 ans pour être effectif, pendant que les mesures fiscales tombent, elles, sans progressivité. J’ai ainsi interpellé le ministère du Travail lors de la transposition du code du Travail en marquant ma désapprobation face au peu d’empressement de ce dernier à faire de Mayotte un territoire de plein droit. A ce titre, le recul de l’installation d’un tribunal des prudhommes par le ministère, est un mauvais signal envoyé à un peuple attaché à son appartenance française.

Mayotte, c’est aussi une situation régionale où le PIB par habitant dépasse de loin celui des autres pays de la zone et crée un effet d’aspiration. Il serait facile de jeter l’anathème sur une population de migrants issue principalement des Comores.

Ces milliers de réfugiés économiques, qui arrivent sur les plages de Mayotte fuient un pays qui pointe à la 153ème place (sur 176) au classement international en terme de corruption, un pays où l’immigration à tout prix amène à risquer sa vie pour échapper à la misère.

Pour autant, l’arrivée massive de migrants sur un territoire de 180 km2 n’est pas sans conséquences. Les politiques publiques du département sont ainsi dimensionnées pour une population de 250 000 habitants recensés officiellement. La réalité est probablement toute autre et le nombre d’habitants approche plus vraisemblablement les 350 000. Dès lors, les services de santé, les établissements scolaires, les moyens de sécurité publique ne peuvent que colmater des brèches béantes face à une démographie exponentielle.

Le Gouvernement ne peut laisser la situation se détériorer plus encore. Des mesures fortes afin de donner à Mayotte les moyens de se développer dans des conditions de sécurité acceptables, s’imposent comme une évidence. 

Il y a urgence à redonner aux jeunes des perspectives d’avenir et d’émancipation.  Cette mission a été trop longtemps abandonnée par les collectivités locales. Une telle situation, dans laquelle des milliers d’enfants sont laissés à eux-mêmes suite à la reconduction de leurs parents aux Comores, ne pouvait que se solder par le résultat que l’on connaît aujourd’hui.  Et il faut rétablir la sécurité pour tous les habitants de Mayotte, en donnant aux forces de police les moyens d’effectuer leurs missions de service public. 

Dans ce contexte, rien ne serait pire que l’inaction. J’invite donc les acteurs des territoires à mettre en œuvre des dispositifs de formation aux métiers d’accompagnement et de suivi des jeunes en difficulté : un dispositif utile et valorisant pour les agents des collectivités concernés, au service d’une politique publique dont Mayotte a réellement besoin.

J’interpelle également le Président de la République sur la nécessité d’une politique diplomatique sans concession à destination des Comores. Pour cela, toute la transparence doit être faite sur l’origine et l’utilisation des aides financières apportées à ce pays.

Enfin, et parce que je n’ai pas pour habitude d’esquiver les sujets qui peuvent fâcher, j’invite les acteurs du territoire à dénoncer et à s’engager pour mettre un terme à l’exploitation des migrants trop souvent tue, voire dissimulée. Je m’oppose fermement à un double discours consistant à tirer profit d’une immigration de survie, tout en la désignant comme source de tous les maux de Mayotte.

En 2011, Mayotte est devenue département français ; en 2014, région européenne. Cette appartenance lui confère des devoirs mais aussi des droits. Ces droits ne peuvent être inversement proportionnels à la distance qui nous sépare. Il est désormais temps que Mayotte puisse devenir une véritable composante de notre République. Le temps des atermoiements est révolu.

Interview sur LCI le 15 mars 2018

J'étais hier soir l'invité de David Pujadas et Fabien Namias sur LCI. Je suis notamment revenu sur la mobilisation des EHPAD en rappelant la nécessité d'avoir des politiques sociales assumées dans notre pays.

Invité de la matinale d'Europe 1 le 14/03/2018

Ce mercredi 14 mars j'étais l'invité de Patrick Cohen dans la matinale d'Europe 1. Je voulais particulièrement insister sur un message : il faut arrêter de stigmatiser les cheminots !

 

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !