archive :  2017/Novembre

Interview à L'Usine Nouvelle

Cette interview a été donné au journal L'Usine Nouvelle le 9 novembre 2017

La réforme de la formation est présentée par le gouvernement comme une contrepartie de sécurisation face aux nouvelles flexibilités du droit du travail. Vous êtes d’accord ?

Cette sécurisation, à travers l’apprentissage, l’assurance-chômage et surtout la formation professionnelle, est nécessaire, mais il ne suffit pas de la décréter pour qu’elle soit réelle. Le risque est d’aborder cette question par le biais de la tuyauterie et des financements, qui ne sont pas des fins, mais des moyens pour aider les salariés à évoluer vers des emplois qui existent ou vont exister.

Quelles sont les conditions pour que cette sécurisation soit effective ?

Il est indispensable d’accompagner les salariés dans l’utilisation de leur droit à la formation. Actuellement, face à leur compte personnel de formation (CPF), nombre d’entre eux sont comme une poule face à un couteau... Pour se former, il faut connaître les besoins des territoires et des entreprises, identifier les bonnes formations, connaître les voies à emprunter pour les suivre. Ma vision ne sera jamais : « on te donne des droits et après tu te débrouilles, si tu ne te formes pas et ne trouves pas d’emploi, c’est de ta faute ». Il ne faut pas laisser les salariés seuls face à une application numérique. Pour la CFDT, il ne sera pas question de résumer une réforme à l’augmentation d’un portefeuille de droits et au renvoi à la seule responsabilité individuelle.

Qui existe ?

Bien sûr. Il est hors de question pour nous de le nier, mais c’est le renvoi à cette seule responsabilité individuelle qui nous pose problème. Il y a besoin d’intermédiation.

A qui confier cet accompagnement ? A un service public ? Aux syndicats ? Aux employeurs ?

A tous ! Oui, il y a une responsabilité des représentants syndicaux et des délégués de proximité pour assurer ce service auprès des salariés. Il y a aussi une responsabilité des employeurs. Cette réforme ne peut pas être un outil de déresponsabilisation des patrons, au prétexte que les salariés sont responsabilisés. Cela passe par des plans de formation dans l’entreprise, qui doit rester un lieu très fort d’accès et d’incitation à la formation. Sur ce sujet, il faut que les employeurs progressent. Les évolutions des métiers vont s’accélérer, tout comme les transformations du travail. Nombre d’entreprises sont en situation de risques, victimes du court terme si elles ne forment pas leurs salariés aux défis de demain. La CFDT souhaite un service public de l’accompagnement qui pourrait prendre de multiples canaux, être par exemple de la responsabilité des structures porteuses des congés individuels de formation (CIF), impliquer Pôle emploi…

Au-delà d’un socle de droits pour tous, il faut des droits renforcés pour ceux qui en ont le plus besoin, les chômeurs, les salariés des plus petites entreprises, les moins qualifiés, ceux qui travaillent dans des secteurs soumis à de fortes évolutions… Là-dessus, nous serons d’accord avec le gouvernement s’il y a des politiques ciblées.

Comment repérer les besoins en formation ?

Il faut partir de ceux des territoires, des entreprises, des branches professionnelles, des salariés, pour se fixer des objectifs. Pour y parvenir, l’exploitation des données ne suffira pas, il faudra de la confrontation et du dialogue social entre les différents acteurs. Et il faut absolument privilégier une approche territoriale. On connait les difficultés de la mobilité ! Dans les territoires, le dossier est technique, mais il passe aussi par une implication de tous les acteurs (organisations syndicales, patronat, pouvoirs publics) sur les besoins d’aujourd’hui et de demain.

Les branches professionnelles ont un rôle déterminant à jouer, à condition qu’elles dépassent la logique adéquationniste de court terme. Un salarié ne se forme pas seulement pour occuper le poste de demain, mais aussi pour faire progresser sa carrière professionnelle et occuper d’autres postes après-demain. La réponse des entreprises ou celle des OPCA ne peut pas être le chacun pour soi. Les missions des OPCA pourraient évoluer vers cette mise à plat des besoins en compétences dans les branches. Mais nous aurons besoin de maturité des acteurs pour assumer leurs responsabilités.

Le gouvernement envisage de nommer un chef de file sur chaque sujet : les salariés, les chômeurs, les apprentis. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas idiot, à condition de rester dans le dialogue social. Si c’est pour donner à ce chef de file toutes les clés, sans aucun droit de regard des autres acteurs, ce n’est pas possible. Il est déterminant de garder une logique quadripartite pour définir les politiques à mener. Et il faut qu’on progresse sur la qualité des structures de formation et la possibilité d’offrir des certifications des formations suivies pour éviter que des gens une fois formés ne puissent pas valoriser ce qu’ils ont appris.

Si on parle d’abord de la finalité de la réforme, alors on pourra ensuite parler de tuyauterie et de financement. Si on veut que, demain, les salariés soient sécurisés, il faut les former. Et si on veut qu’ils soient formés, il faut qu’ils soient accompagnés dans leurs parcours professionnels et que ce qu’on leur propose soit de qualité, y compris en apprentissage.

Faut-il donner plus de pouvoirs au monde de l’entreprise pour définir les parcours d’apprentissage ?

Je n’ai pas d’opposition à ce que les branches soient davantage associées aux référentiels, mais il n’est pas question de leur confier tous les pouvoirs ! En dépit des évolutions de 2014, toutes les branches n’ont pas joué le jeu du développement de l’apprentissage. Elles doivent accompagner les jeunes dans leur recherche d’une entreprise. Beaucoup sont démunis faute de réseaux. La CFDT demande aussi un véritable statut de l’apprenti, qui doit se rapprocher de celui de l’étudiant, car il faut limiter le taux d’abandon, particulièrement fort chez les jeunes peu qualifiés, de niveau IV et V. Il y a un besoin d’accompagner la double résidence, la mobilité, la reconnaissance...

Vous avez défendu le Compte personnel d’activité (CPA), qui devait incarner une forme de sécurisation pour les salariés. Vous y croyez toujours ?

On ne parle plus du CPA pour des raisons politiques, parce que ce gouvernement prend soin de ne pas évoquer ce qui a été fait sous le quinquennat précédent. Le CPA, c’est à la fois un CPF renforcé, un droit à l’assurance chômage, la garantie jeunes, et la CFDT espère toujours y intégrer une banque du temps, pour laquelle nous nous battrons. Dans le CPA, il y avait une logique d’accompagnement très forte, quand celle du gouvernement paraît très timide. Je crois à l’émancipation, qui permet de progresser individuellement mais aussi avec les autres. Si on veut permettre à chacun d’être acteur de son parcours, il faut un cadre collectif qui lui en donne les possibilités. 

Journée internationale contre les violences faites aux femmes

Ce samedi 25 novembre est la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Dans le contexte actuel, cette journée prend cette année une dimension inédite. Cependant, la CFDT n’a pas attendu 2017 pour faire de cette cause nécessaire un combat syndical du quotidien. Je tenais à m’exprimer une nouvelle fois ici sur ce sujet en partageant avec vous quelques propos que j’ai pu tenir à nos militants réunis pour une journée spéciale ce mardi 21 novembre au siège de la confédération et dont vous trouverez le résumé en vidéo à la fin de ce billet.

Après l’affaire Weinstein, les dénonciations de harcèlement sexuel se multiplient. Les milliers de tweets et de messages sur les réseaux sociaux lèvent le voile sur l’ampleur de ces violences et le silence intolérable qui les entoure.

Cette actualité relayée par de nombreux médias permet d’éveiller les consciences, c'est essentiel. Mais ce qui permettra réellement de changer les choses, c’est la vigilance collective et l’action au quotidien. En tant que syndicalistes, en tant qu’acteurs du travail, nous avons entre les mains une partie de ces réponses. Nous pouvons, et nous devons, contribuer à changer les choses. Notre mobilisation aujourd’hui va dans ce sens.

La CFDT n’a pas attendu cette médiatisation pour s’emparer du sujet des violences sexuelles et sexistes. Dès l’entrée massive des femmes sur le marché du travail au cours des années 70, la CFDT s’est penchée sur la question de la place des femmes dans l’organisation, dans le monde du travail et plus globalement dans la société.

Très tôt, la CFDT milite pour que la femme retrouve pleine possession de son corps : reconnaissance du droit à l’avortement et à la contraception, lutte contre les violences conjugales ou exercées contre les femmes ; ce sont des combats que nous avons menés.

Dans notre organisation, le Bureau national encourage, dès 1971, la création d’une commission de travailleuses mandatées par les structures pour appréhender collectivement ce qui peut être perçu, à tort, comme des problèmes individuels mais aussi pour que les structures syndicales intègrent effectivement la libération des femmes dans leur stratégie et leur action quotidienne.

Sur le plan légal, nous avons largement contribué à créer de nouvelles protections pour les victimes de harcèlement au travail. Par la voix de Nicole Notat, la CFDT revendique l’introduction dans le code du Travail de la définition de harcèlement sexuel. Et nous obtiendrons gain de cause en 1992 ! La réforme Rebsamen a ensuite ajouté en 2015 la notion d'agissement sexiste dans la loi.

Aujourd’hui, nous pouvons également compter sur l’expertise et le soutien de l’Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT). Retrouvez ici mon interview croisée avec sa déléguée générale, Maryline Baldeck.

La CFDT est féministe, c’est dans notre ADN. Nous militons depuis des années pour une amélioration de la condition des femmes, au travail comme dans la société. Je le répète souvent, en matière de respect des personnes, il n’y a pas de compromis possible.

La lutte contre les violences sexuelles et sexistes est un vrai sujet syndical et non un supplément d’âme. Il ne s'agit pas que d'un sujet d'éthique ou moral mais aussi d’un sujet politique, car ces violences au travail s'inscrivent dans des relations de pouvoir, des rapports de domination hiérarchique ou économique. Elles s’inscrivent dans la domination masculine à l’œuvre dans nos sociétés et c’est intolérable.

Dans les entreprises et les administrations, nous avons la responsabilité d’agir et de tout faire pour créer les conditions qui, d’un côté, refreineront les harceleurs et de l’autre sécuriseront les victimes.

Alors, à nous de continuer ce travail maintenant ! Ce travail doit aller bien plus loin qu’une réaction de dégout ou de condamnation face à ces violences. Le travail que nous devons mener, c’est une action syndicale quotidienne dans l’anonymat de nos organisations et de nos lieux de travail

A la rencontre des travailleurs guyanais

La Guyane ne ressemble à aucun autre outre-mer. A l'arrivee à l'aéroport Félix Eboué le climat se charge de vous rappeler que vous êtes a 4 degrés de l'équateur. D'un côté le Surinam, de l'autre le géant brésilien. Et de la forêt. Partout. Sur la bande littorale entre St Laurent du Maroni et St Georges de l'Oyapock, 90% d'une population de 260 000 habitants vit au rythme d'un pays dur, d'un pays où près de 40% des jeunes sont au chômage. Un pays où les technologies de pointe du secteur spatial côtoient des quartiers, ou plutôt des favelas, concentrés de misère et de souffrance.

La CDTG CFDT, union interprofessionnelle de la CFDT vit et agit au rythme de ces réalités. J'ai assisté à leur congrès les 3 et 4 novembre. Les débats m'ont fait comprendre que ce département souffrait de handicaps structurels malgré un potentiel unique dans l'outre-mer.

Guyane 1

Mon déplacement à St Laurent du Maroni avec Daniel clet, brillamment réélu à la tête de la CDTG CFDT, me fait entrer de plain pied dans une réalité Guyanaise que je n'imaginais pas. C'est une rencontre avec 4 salariés d'une entreprise d'exploitation du bois, la forestière Guyanaise, qui va me révolter. Des salariés corvéables du lundi matin au vendredi soir contraints de dormir dans des hamacs bricolés, l'eau pour boire et se laver vient d'un bidon que la pluie se charge de remplir. Pour le reste, il faudra un mort sur le chantier pour que le patron daigne investir dans une boîte à pharmacie, remplie de médicaments périmés...

Pour l'appel des secours en ces zones reculées de la forêt amazonienne il faudrait un téléphone satellitaire, investissement peu compatible pour un individu qui ne paie déjà pas toutes les heures de ses salariés.

Ces derniers viennent d'être licenciés oralement. Leur tort ? Avoir appelé au secours, il n'y a pas d'autre mot, en sollicitant la CFDT. Aujourdhui ils ont peur. Je les ai quitté en m'engageant à appuyer la CDTG qui s'est bien investie sur ce dossier et a m'investir personnellement.

Cette rencontre m'éclaire sur la nature d'une société qui ne peut que se cliver. Quand une partie de la société agit dans un tel mépris de l'autre, c'est la Guyane qui se désagrège. On ne bâtit pas un pays sur des traitements humains dégradants. La CDTG CFDT fait du vivre ensemble son premier combat. A cet égard, elle est pleinement dans une démarche incontournable pour l'avenir de la Guyane. Les militants CDTG CFDT portent un syndicalisme dont leur territoire a  besoin. Un syndicalisme porteur de projets concrets pour les salariés. Un syndicalisme qui sait s'engager. L'engagement, c'est précisément de cela que la Guyane a besoin, loin des seuls constats stériles qui n'apportent rien sauf la désespérance. C'est au contraire l'espoir que porte la CFDT dans cette magnifique terre de France en Amérique du sud.

Guyane 2

Le réveil de l’Europe sociale

Je me rends demain, vendredi 17 novembre, à Göteborg en Suède, pour intervenir dans le cadre du sommet social européen. Ce rendez-vous pourrait marquer la reprise de la construction de l’Europe sociale : les chefs d’Etats et de gouvernements devraient y proclamer le socle européen des droits sociaux et donner ainsi un nouvel élan vers une Europe plus protectrice des travailleurs et des citoyens.

C’est un signal important et particulièrement attendu. Le projet européen a été imaginé et lancé pour créer des solidarités entre les peuples, des sécurités nouvelles. L’Union européenne a permis de garantir la paix sur le continent et de nombreux acquis pour les salariés sont le résultat de textes européens : l’égalité entre les hommes et les femmes, l’objectif de sécurité et de santé au travail, la liberté de circulation pour les travailleurs… En 1985, Jacques Delors a posé les premières briques du dialogue social européen, c’était une avancée remarquable pour de nombreux Etats qui partaient de zéro.

Depuis, ce processus s’est enrayé, la commission Barroso a malmené le projet européen. La crise économique et financière a motivé une gestion de court terme qui n’est plus tenable. Alors qu’elle était perçue comme porteuse de stabilité, de nouvelles perspectives économiques et sociales, de progrès démocratique, l’Union européenne est considérée aujourd’hui par beaucoup comme une menace. Les populistes surfent sur cette défiance pour promettre un retour aux frontières, au protectionnisme et au repli sur soi. Les citoyens britanniques lui ont claqué la porte.

Je suis convaincu que l’Union européenne reste le meilleur échelon pour relever les défis d’aujourd’hui (changement climatique, transition numérique…) mais aussi que le progrès social est une partie indispensable de notre stratégie commune. Nous devons revenir à des projets de long terme, à une Europe tournée vers les citoyens qui en sont la première richesse.   

La CFDT s’est toujours engagée, au travers la Confédération européenne des syndicats (CES) entre autres, pour la construction d’une Europe sociale au moins autant qu’économique, pour une Europe porteuse d’un nouveau modèle de développement. En 2014, nous menions campagne pour « une nouvelle voie pour l’Europe ». Nous demandions un plan d’investissement ambitieux vers les secteurs d’avenir (numérique, transition énergétique, éducation et formation, infrastructures…). Nous avons obtenu le plan Junker. S’il reste insuffisant au vu des enjeux actuels, c’est une première avancée qu’il faut encourager et développer. Nous demandions également un contrat social européen permettant de tirer les droits des travailleurs européens vers le haut, de créer une convergence des systèmes de protection sociale pour qu’ils ne soient plus l’objet de concurrence entre les travailleurs, les entreprises et les Etats européens.

Le socle social des droits européens est la concrétisation d’une partie des revendications syndicalistes européennes. Ce document, adopté à l’unanimité par les ministres européens en charge de l’emploi et de la politique sociale, donne une orientation politique forte pour les prochains travaux à venir. C’est un bon signe. Mais ces grands principes devront ensuite être déclinés en actions concrètes. Partout en Europe, les travailleurs attendent des actions rapides et de nouvelles règles concernant le congé parental, le congé des proches aidants, l’amélioration des conditions de travail et de sécurité, l’accès à la protection sociale…

La révision de la directive sur les travailleurs détachés fait partie de ces actions concrètes. Le 23 octobre, les ministres des affaires sociales de l’Union ont trouvé un compromis : la durée du détachement a été réduite à 12 mois, le salaire des travailleurs détachés sera fixé en lien avec les salaires pratiqués dans le pays d’accueil. Il reste cependant à obtenir des garanties sur le versement des indemnités, sur l’application des conventions collectives, sur l’inclusion du secteur des transports. La CFDT aurait voulu aller plus loin, mais ces premières avancées sont à saluer. Avec la CES, nous continuerons de porter ces revendications dans les discutions à venir avec le Parlement et la Commission.

Lors du sommet de Göteborg, je plaiderai, devant les chefs d’Etats et de gouvernements pour cette Europe sociale qui est une nécessité, autant pour les citoyens que pour les entreprises. Pour mieux protéger les travailleurs, je demanderai, dans la logique de ce que nous avons commencé à construire en France avec le Compte personnel d’activité (CPA), à ce que les droits ne soient plus attachés à un statut mais à la personne directement et qu’ils soient mobilisables sur tout le territoire européen.

La voie est ouverte ! L’année 2018 est l’occasion de donner un nouveau souffle au projet européen, pour construire une Europe ambitieuse et protectrice dans laquelle chaque citoyen pourra prendre part et trouvera les conditions d’une vie épanouissante. La CFDT y travaille sans relâche. 

Au plus proche des salariés de Miramas

Pour de (trop !) nombreux salariés, les mots « syndicalisme » et « proximité » ne semblent pas aller de pair. Les salariés dépeignent souvent les syndicats comme trop éloignés de leurs préoccupations, de leurs réalités. Ma dernière visite me démontre tout le contraire. J’étais le 9 novembre à Miramas pour l’inauguration de l’Union locale CFDT en présence du Maire de la ville. Le projet est né d’un constat simple : la CFDT doit être présente sur ce territoire en plein développement économique.

En effet, depuis le 13 avril 2017, Le Village des Marques Mac Arthur Glen a ouvert ses portes. Il a déjà permis de créer 650 emplois dans plus de 120 boutiques et 6 moyennes surfaces. A termes, c’est l’équivalent de 1000 emplois à temps plein qui sont attendus, dont 30% seront réservés aux demandeurs d’emploi de Miramas. Je ne parle même pas de tous les emplois indirects et induits qui seront nécessaires.

Miramas

A l’occasion de la journée de mobilisation « Changeons le travail » le 09 novembre (voir mon billet du 07/11), j’ai accompagné les militants CFDT qui rencontraient les salariés des différents magasins et des entreprises environnantes. J’ai pu engager la conversation avec des salariés sur leur quotidien au travail et ce qu’ils souhaitaient changer pour l’améliorer. Ils ont surtout évoqué la précarité de leur emploi car les employeurs ont recours au CDD trop facilement. Ils ont aussi parlé de la difficulté à voir leurs heures travaillées le dimanche majorées à 100% comme la loi le prévoit, ainsi que des problèmes de transport pour se rendre sur le site aux heures demandées.

Nathalie Nave, responsable CFDT avait déjà fait le constat des difficultés des salariés de Village des Marque en échangeant à de nombreuses reprises avec eux. Elle m’a confirmé qu’il est nécessaire d’instaurer un climat de confiance pour que la parole des salariés se libère.

C’est la raison pour laquelle ils ont créé une Union locale, avec des locaux à proximité du site et une permanence pour recevoir les salariés qui ont des questions. Cette permanence est assurée actuellement sur rendez-vous téléphonique par Nathalie et Serge Nardelli (Secrétaire général du syndicat Commerce et Services des Bouches-du-Rhône). Pour des conseils juridiques, des temps de permanence seront également assurés. L’ouverture de cette UL, avec le soutien de la CNAS, est une formidable opportunité pour notre organisation syndicale de répondre au mieux aux besoins des salariés mais aussi de simplifier leur vie de citoyen.

En plus de la permanence à l’UL, Nathalie souhaite intensifier ses visites hebdomadaires sur le site de Village des Marques ainsi que sur la plateforme logistique de Clésud. Ces rencontres permettent d’informer les salariés sur leurs droits, de les écouter pour ensuite agir et améliorer leurs conditions de travail.

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !