archive :  2014/Novembre

Roubaix : Volontarisme et sens partagé, une belle aventure collective a commencé

Mardi dernier, j’ai partagé un moment riche avec la jeune équipe CFDT de la ville et du CCAS de Roubaix. Cette équipe CFDT est toute nouvelle et regroupe des agents d’horizons professionnels et personnels très différents. Aide-soignante, technicienne, assistante, éducatrice de jeunes enfants, agent de maintenance, cadre, non cadres, ils ne se retrouvaient plus dans des organisations catégorielles et corporatistes, ils refusaient l’action individuelle, ils ont choisi d’agir ensemble avec pour objectif de redonner de sens à leur action et à leur travail. C’est la CFDT qu’ils ont rejoint parce qu’ils s’y sont reconnus et qu’ils partagent les mêmes valeurs.Tweet Roubaix

Je dois dire que j’ai été impressionné par leur volontarisme et par leur attachement aux Roubaisiens et aux Roubaisiennes qu’ils servent au quotidien.

Roubaix c’est la ville aux nombreux symboles: trop souvent présentée comme étant la plus pauvre de France avec un taux de chômage qui explose, une extrême précarité… Le service public joue donc un rôle essentiel pour les habitants de ce territoire. Les agents m’ont fait part de leurs réalités, du défi quotidien pour rendre un service public de qualité. J’ai vu leur volonté de bien faire leur travail, d’accompagner les évolutions, d’améliorer le service rendu. J’ai aussi entendu leurs difficultés : le nombre de demandes de reclassement professionnel ne cesse d’augmenter et la dégradation des conditions de travail est réelle.

Le défi est donc de taille. Pour redonner du sens à l’action publique, je ne doute pas que l’équipe CFDT sera aux côtés des agents.

La pénibilité, priorité de l’action syndicale aux services de nettoiement de la ville de Paris

 

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C’est une équipe sympathique et soudée que j’ai rencontrée vendredi 21 novembre, de bon matin, à l’atelier de nettoiement du 11e arrondissement de Paris. Accompagné des responsables du syndicat Interco des Services publics parisiens, j’ai fait la connaissance d’une vingtaine d’éboueurs-cantonniers qui ont le sourire et surtout pas envie de changer d’atelier. « Ici c’est le Club Med » a même lancé Rémi, le secrétaire de la section CFDT. Pourtant il y a des choses à redire sur les conditions de travail dans ce quartier sensible de la Capitale. Des facteurs de pénibilité auxquels ils sont confrontés tous les jours, lorsqu’ils balaient nos trottoirs et nettoient nos rues. Pas assez de personnels, surtout le week-end. Un manque de moyen humain pour faire face à la charge de travail que représente ce quartier du grand Belleville, qui voit se côtoyer les sorties de bar et de boîtes, le grand marché plusieurs fois par semaine et des marchés « à la sauvette ». Une insécurité grandissante aussi, et des agents parfois seuls : « plusieurs agressions d’agents au petit matin par des gens ivres » racontent-ils.

 

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Plus globalement, ces agents déplorent le manque de transparence et la complexité des circuits pour avoir accès à certains avantages tels que les logements sociaux dans Paris, des tickets restaurants ou encore le droit de travailler sur des camions, ce qui offre de meilleures conditions de travail et une prime « d’engin ». « On m’a dit que, comme j’étais une femme, je n’avais pas le droit de monter sur le bumper (NDLR : camion pour récolter les objets encombrants) mais dans les autres ateliers ailleurs à Paris j’ai vu des collègues féminines le faire » Julie ne comprend pas ces incohérences. Cette jeune femme de 23 ans est toute nouvelle dans l’atelier. C’est vrai que depuis peu, des femmes ont fait leur apparition dans le 11e, il a fallu leur faire de la place pour qu’elles aient leurs vestiaires à elles. Une petite révolution… qui se fait dans le velours !

Que vive le dialogue social !

Une fois encore, ma rencontre avec la section CFDT et avec les agents du ministère de la Culture et de la Communication a confirmé que le dialogue social était plus que jamais nécessaire dans la fonction publique. Les réorganisations permanentes des directions – passant de dix à trois – et des services se sont faites sans concertation suffisante avec les organisations syndicales. Les inégalités de salaires, les conditions d’emploi des nombreux contractuels dans le secteur de la culture posent problème.

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La perte de sens d’une politique publique de la culture impacte fortement les agents du ministère qui peinent à entrevoir des perspectives pour l’avenir. Je reste intimement convaincu que seul le dialogue social peut permettre de parvenir à élaborer des solutions pour les agents, pour repenser les missions de l’action publique et le développement de la culture dans notre pays. Celle-ci, avec 0 ,75 % du budget de l’Etat, représente un poids économique considérable. Par exemple, le festival d’Aix-en-Provence reçoit 6 millions d’euros de subventions qui permettent d’obtenir 60 millions de recettes.

Aujourd’hui, 86 % des crédits sont affectés aux services déconcentrés des DRAC (Directions régionales des affaires culturelles) et 14 % concernent le ministère. Les agents ont dit leur inquiétude. Si la politique culturelle était complètement déléguée aux régions, qu’adviendrait-t-il du ministère ? Comment serait garantie l’équité territoriale ? Comment seraient organisés les parcours professionnels des agents ? Autant de questions que se posent de façon légitime les principaux concernés qui doivent pouvoir obtenir, par le dialogue social, des réponses concertées. Cette réalité vécue par tous ces professionnels, experts dans leurs domaines, passionnés par leurs métiers et surinvestis dans leur travail, doit être discutée dans les instances de négociation. Peser sur l’organisation du travail, les rémunérations, l’emploi est un moyen de donner du pouvoir aux agents du ministère de la Culture et de la Communication. La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, outil parfaitement adapté à cette situation, est un des éléments essentiels de la sécurisation des parcours professionnels que nous préconisons à la CFDT.

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Depuis des mois que je rencontre les agents des services publics, je constate combien il est urgent de parvenir à améliorer le dialogue social. Le syndicalisme peut jouer un rôle pour redonner du sens au travail, pour sortir des seules logiques comptables afin de dégager de façon collective des pistes d’avenir, pour la politique culturelle en particulier. N’oublions pas que la culture participe à notre cohésion sociale.

"La loi Macron est un patchwork flou"

Jeudi 20 Novembre j'étais l'invité de "l'interview éco" sur France Info. Ce fut pour moi l'occasion d'affirmer les désaccords de la CFDT sur le projet de loi Macron et de rappeler nos positions sur la négociation sur le dialogue social. 

Retrouvez ici l'intégralité de l'entretien en vidéo. 


Chez Arkema, la CFDT se bat pour l’emploi

 

C’est toujours un grand plaisir pour moi de rencontrer à chacun de mes déplacements les équipes CFDT qui, partout en France, se démènent au plus près des salariés pour faire vivre notre conception du syndicalisme. De passage à Marseille, vendredi 14 novembre, j’ai ainsi eu l’opportunité de débattre avec la section d’ Arkema (1) qui est en train de s’appuyer sur le pacte de responsabilité que la CFDT a soutenu au niveau national et au niveau de la branche chimie pour obtenir de la direction des créations d’emplois.

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Pour un responsable national, voir comment une orientation décidée quelque mois plus tôt est en train de se décliner jusqu’à l’entreprise est particulièrement réjouissant. Ces militants marseillais ont parfaitement compris ce que nous avons voulu initier comme dynamique en soutenant le pacte de responsabilité malgré le scepticisme de la plupart des autres organisations syndicales. Ils s’appuient aujourd’hui sur ces accords signés au niveau confédéral et fédéral de manière extrêmement pragmatique pour exiger de leur entreprise qu’elle s’engage à son tour.

 

Cette cohérence à tous les niveaux de l’organisation fait notre force et doit nous permettre d’obtenir des avancées. Je suis persuadé que cette démarche est la bonne et qu’elle finira par produire des effets, même si les premiers résultats se font encore trop attendre pour les personnes qui sont aujourd’hui privées d’emploi.

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En engageant toute la CFDT dans le pacte de responsabilité, j’avais bien conscience que ce ne serait pas un long fleuve tranquille, mais la CFDT n’a pas pour habitude de fuir devant les difficultés. Elle n’a pas non plus l’habitude de prôner le statu quo alors que le chômage ne cesse de progresser dans notre pays. C’est pourquoi je ne boude pas mon plaisir quand je constate, chez les militants CFDT d’Arkema, cette même envie d’agir pour l’emploi.

 

Espérons que l’exemple de la branche chimie décide l’ensemble des autres branches professionnelles à s’engager enfin dans la dynamique du pacte de responsabilité.

 

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !