archive :  2015/Janvier

"Plus de dialogue social, mieux de dialogue social !" - Ma tribune sur libération.fr

« Débattre du cadre de ce dialogue plutôt que de son contenu est une impasse. »

La négociation sur la modernisation du dialogue social s’est terminée sur un échec. Pour la CFDT c’est une déception, mais ce n’est pas un drame. Ni un coup d’arrêt au dialogue social, comme certains voudraient le faire croire.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin de dialogue social. Les salariés en ont besoin pour faire valoir leurs droits et exprimer leurs idées. Les entreprises en ont besoin pour retrouver leur compétitivité. Notre pays en a besoin pour s’apaiser et prendre en main son destin collectif. Des études et des exemples le montrent : dans une économie moderne, le dialogue social est un levier de performance économique et sociale. Il introduit la démocratie et la prise en compte du temps long au cœur de la gouvernance des entreprises.

Pour être à la hauteur de ces enjeux, le statut quo n’est pas une option. Débattre du cadre de ce dialogue plutôt que de son contenu est une impasse.

La véritable question est : quel dialogue social voulons-nous ?

Il est temps de créer les conditions d’un débat constructif entre représentants des salariés et employeurs sur le projet économique de l’entreprise, sur les conditions de travail au quotidien, sur la formation, l’emploi, les salaires. Dépassé, le temps où les décisions étaient prises, en secret, par une poignée d’hommes ! Archaïque, l’idée que seul le patron sait ce qui est bon pour l’entreprise et ses salariés !

Bien sûr, il existe des intérêts contradictoires entre salariés et employeurs ; mais ce sont bien les solutions négociées qui permettent de construire des compromis solides et durables, de préparer l’avenir et d’apporter des résultats concrets aux salariés. C’est vrai au niveau national, avec la création du compte personnel de formation, des droits rechargeables à l’assurance chômage ou encore avec la régulation des temps partiels. C’est vrai dans les grands groupes : Renault a pu retrouver sa compétitivité et sauvegarder des emplois grâce à un accord négocié avec la CFDT et d’autres organisations syndicales. C’est vrai aussi dans les petites entreprises : àMécanor, l’équipe CFDT s’implique pour améliorer la sécurité au travail et c‘est la sécurité juridique de l’entreprise qui s’en trouve renforcée.

«Le patronat doit clarifier ses positions»

Pour parvenir à un dialogue social de qualité, utile et efficace, certaines conditions sont indispensables : le respect, la loyauté, l’engagement de chaque acteur. Mais aussi des moyens et des prérogatives pour les représentants des salariés. C’est avec cette conviction que la CFDT a abordé la négociation sur la modernisation du dialogue social. Mais les conservatismes étaient trop forts de part et d’autre de la table des négociations…

Aujourd’hui s’ouvre une nouvelle étape. Le patronat doit clarifier ses positions : veut-il moins ou mieux de dialogue social ? Le gouvernement et le Parlement doivent décider s’ils veulent intervenir pour faire évoluer le cadre d’action de la démocratie sociale.

Quoi qu’il en soit, la CFDT fera entendre ses propositions, avec un seul cap : obtenir un dialogue social de qualité, utile pour les salariés. Notre objectif est de garantir à chaque salarié le droit d’être représenté, quelle que soit la taille de son entreprise. De remettre le travail au cœur des discussions et de la stratégie de l’entreprise, quand il est trop souvent la variable d’ajustement des décisions économiques. De reconnaitre et renforcer l’engagement syndical dans l’entreprise.

Je crois au dialogue et à la coopération dans l’entreprise mais aussi au-delà. Parce que c’est la seule façon de construire une société plus forte, plus solidaire. Une société qui ne doute pas de sa capacité à vivre dans le monde tel qu’il est. Une société dans laquelle, après la mobilisation historique du 11 janvier, tous les acteurs, les organisations syndicales et patronales particulièrement, prennent leurs responsabilités pour construire le vivre ensemble.

Laurent BERGER (secrétaire général de la CFDT)

40 ans de la loi Veil, 40 ans de combat pour les femmes

Ce week-end, nous avons fêté l’anniversaire de la loi Veil, une loi qui a changé la vie de milliers de femmes... et d’hommes.

Mais c’était aussi l’anniversaire d’un combat important dans l’histoire de la CFDT : celui pour l’avortement libre et pour la libération des femmes,  mené en partenariat avec le Planning familial.

A l’époque, nous engager sur cette question sociétale, intime, et largement clivante, n’allait pas de soi, y compris pour nos militants.  Nous l’avons fait au nom de nos valeurs de progrès humain, d’émancipation individuelle et de solidarité; et dans le soucis d’améliorer concrètement la vie des salarié(e)s.

Nous l’avons fait parce nous savions que ce qui était alors perçu comme un problème individuel (la contraception) avait en fait un lien étroit avec la détermination des rôles sociaux, avec la division du travail entre hommes et femmes, avec les inégalités contre lesquelles nous luttions.

Il était donc logique que ce problème devienne un objet de lutte syndicale, afin de rendre présents, dans la société, l’information et les moyens permettant un choix personnel libre. 

Cet engagement de notre organisation n’aurait pas été possible sans le courage et la conviction d’une militante, Jeannette Laot, qui voyait dans son usine de Morlaix  la détresse de travailleuses confrontées à une grossesse non désirée.

Ce combat des années 1970, nous ne devons pas le considérer comme gagné une fois pour toute ! Même en 2015, le droit à l’IVG est fragile. Dans certains  pays européens, il subit des attaques frontales. En France, en raison d’obstacles financiers, d’inégalités territoriales, d’un glissement des mentalités parfois, l’accès à l’IVG est de moins en moins simple. Et  pourtant, on le sait, il n’y a pas de droit sans accès réel à ces droits. 

Sur ce sujet, je m’y engage, la CFDT montera au créneau autant que nécessaire ; en dénonçant, en proposant, en nouant des partenariats et en inscrivant ce combat dans un cadre européen. C’est, selon moi, le meilleur moyen de rendre hommage à Simone Veil, ainsi qu’à tous les syndicalistes, femmes et hommes, qui ont contribué, par leur vision et leur courage, à la conquête de ce droit.

Au-delà de l’IVG, la CFDT s’engage à lutter contre toutes les formes de violences sexuelles et sexistes. Parce que le droit des femmes à disposer librement de leurs corps est le premier droit, la condition indispensable pour construire une égalité réelle entre les Femmes et les Hommes.

Je suis convaincu que nous sommes légitimes et utiles pour prendre la parole sur des sujets de société, car nous sommes forts de nos valeurs et de notre ancrage au plus près des salariés, dans leur vie quotidienne.

C’est ainsi que nous contribuerons, depuis notre clé d’entrée qui est le monde du travail, à relever l’immense défi de construire l’après 11 janvier.

Après le 11 Janvier, construire un nouveau vivre ensemble

Dimanche 11 Janvier, un élan citoyen a réuni, dans toute la France, des millions de femmes et d’hommes dans une réponse unanime et salutaire à la barbarie et aux obscurantismes  de tous bords qui menacent nos libertés.

Mais l’esprit de ce 11 janvier, c’était aussi un appel populaire à tous ceux qui ont la responsabilité de défendre le vivre ensemble et la cohésion sociale : l’Etat, le monde politique, la société civile bien sûr et le monde syndical.

Notre société a démontré au travers de cette mobilisation sans précédent non seulement sa force, mais aussi son désir d’un nouveau vivre ensemble.

Au-delà de ce sursaut, les fractures restent en effet nombreuses. Elles sont économiques et sociales, territoriales ou même générationnelles … Et trop souvent nous cherchons des boucs émissaires au lieu d’assumer notre responsabilité collective.

Défendre nos libertés et assurer un renouveau du vivre ensemble exige de nous que nous fassions le choix d’une démocratie plus mature et davantage bienveillante.   

Il faut élever le débat : nous avons besoin dans l’espace public d’explications exigeantes, pas de commentaires ni de petites phrases.

Arrêtons de craindre les changements ; nous devons regarder sereinement et sans concession ce qui doit évoluer pour construire une société solidaire, où les gens vivent heureux.  Nous avons besoin d’intelligence collective, de  partager des idées et des propositions, sans attendre la recette miracle ou l’homme providentiel .  Il est urgent de renforcer le dialogue social et citoyen.

Cela doit se faire dans le respect de chacun,  car c’est la condition indispensable au maintien de notre cohésion sociale.

Forte de ses valeurs de démocratie, d’émancipation de justice et de solidarité, la CFDT s’engage avec d’autres à construire l’après 11 janvier.Je suis certain que nous trouverons tous dans cet élan la force nécessaire pour relever les nombreux défis qui  se présentent à nous. 

“Il faut stopper cette logique de déclin”

J'étais lundi 5 janvier dans la matinale d'Europe 1 pour faire le tour des sujets sociaux de ce début d'année face à Jean-Pierre Elkkabach: réforme de la formation professionnelle, pacte de responsabilité, climat économique... Avec un message clair: l faut stopper cette logique de déclin.

Retrouvez mon interview en vidéo:

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !