Journée mondiale du refus de la misère 2017

A l'occasion de la 30e journée mondiale pour le refus de la misère, organisé par ATD quart-monde qui fête cette année ses 60 ans, j'ai tenu à leur adresser un message vidéo pour rappeler l'engagement de la CFDT en faveur des plus pauvres et saluer le précieux travail fourni par toutes les associations qui luttent contre la pauvreté. 

 

Discours aux militants à l'occasion du "Progrès en tête'"

Mardi 3 octobre, la CFDT a rassemblé 10 000 de ses militants pour fêter sa première place aux élections professionelles. Elle en a profité pour lancer un appel au gouvernement, aux employeurs publics et aux organisations patronales que je vous invite à découvrir et à signer ici. Je vous propose de revivre mon discours de clôture de cet évènement, vous trouverez ci-dessous la vidéo ainsi que la retranscription écrite. Merci à toutes et à tous pour votre mobilisation !

 

 

Bonjour à toutes et à tous !!

Merci de votre accueil chaleureux.

Quel plaisir d’être un militant CFDT !

Quel plaisir d’être avec vous.

Vous qui êtes 10.000. Vu d’ici, c’est très impressionnant.

C’est un moment fort dans une vie militante qu’un tel rassemblement. Un moment fort pour nous tous.

Merci à vous toutes et tous d’être là !

C’est une immense fierté de vous avoir vu aujourd’hui, de vous avoir écouté, d’avoir échangé avec vous.

D’avoir partagé cet enthousiasme qui est le vôtre.

C’est aussi cela le syndicalisme : le plaisir de moments partagés à 3, à 5, à 10 et à 10 000 !

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Si nous sommes réunis là aujourd’hui, c’est pour une occasion très particulière. Vous vous rappelez du 31 mars 2017 ? Oui, bien-sûr ! C’est le jour où la CFDT est devenue la première organisation syndicale dans le secteur privé.

Dans les médias, une information chasse l’autre. Mais nous, nous le savons. Nous vivons ensemble, avec tous les autres militantes et militants, un moment historique. Historique pour la CFDT et historique pour le paysage social français.

Depuis 1895, la CGT était la première organisation syndicale : depuis 122 ans.

Mes camarades, ensemble, nous avons changé l’histoire : la première force syndicale de ce pays, désormais, c’est nous… c’est la CFDT !

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Cette victoire, qui s’ajoute à nos bons résultats dans les fonctions publiques, c'est la preuve que des centaines de milliers de salariés nous font confiance, vous font confiance, dans les entreprises et les administrations.

Cette victoire c’est la vôtre ! Vous les militants de l’hexagone comme ceux de l’Outre-Mer, dont je salue ici les représentants.

Vous, les femmes et les hommes qui, chaque jour, vous engagez auprès de vos collègues.

Vous, qu’ils ont choisis pour les représenter.

Vous, qui avez obtenu leur confiance et leur vote. Alors bravo à vous et merci !

Soyez fiers de ce que vous accomplissez chaque jour.

Avec vous, le syndicalisme vient de changer de visage.

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Ce nouveau visage du syndicalisme, c’est le vôtre. Pour les salariés dans les entreprises, pour les agents dans les fonctions publiques, la CFDT, c’est d’abord vous ! Vous, les délégués syndicaux, les élus du personnel ; c’est vous qui les écoutez, qui les défendez et qui obtenez des avancées ; ces avancées qui changent la vie des salariés.

Votre présence dans les lieux de travail, c’est la garantie que le pouvoir n’est pas entre les seules mains des employeurs, des actionnaires ou des PDG.

C’est la garantie que les inégalités de salaire au sein d’une entreprise ne s’envolent pas. Imaginez une seule minute si nous n’étions pas là pour exiger que tout le monde profite des bons résultats. Et cela, je ne suis pas le seul à le dire, le Fond Monétaire International aussi, et on ne peut pas le soupçonner de flatter le syndicalisme.

Votre présence dans les entreprises et les administrations, c’est la garantie que les travailleurs sont représentés et que leurs problèmes, leurs besoins et leurs aspirations sont pris en compte, dans toute leur diversité.

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Ce travail quotidien, ce travail de l’ombre, c’est le vôtre. Et c’est un sacré boulot que vous faîtes.

Soyez fiers de votre engagement qui est indispensable aux travailleurs.

Soyez fiers de participer ainsi à leur bien-être mais aussi à la bonne santé des entreprises et des services publics.

Qu’on se le dise :

- il n’y a pas de performance économique sans prise en compte du travail et sans respect des travailleurs ;

- il n’y a pas d’action publique efficace sans reconnaissance des agents.

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Cette victoire, c’est aussi celle de notre syndicalisme.

Un syndicalisme solide sur ses valeurs et qui n’en a jamais dévié.

Emancipation. Solidarité. Démocratie. C’est au nom de ces valeurs que la CFDT a toujours été aux côtés des militants qui luttent pour la démocratie et pour un syndicalisme libre. Hier, c’était contre les dictatures en Pologne, au Brésil ou en Espagne. Aujourd’hui, c’est au Venezuela, à Cuba que nous soutenons nos camarades dans leurs combats.

C’est au nom de ces mêmes valeurs que la CFDT continue de se battre pour une Europe plus sociale, plus solidaire, plus démocratique.

C’est ce qui nous guide aussi dans notre engagement contre les discriminations et pour une société accueillante et ouverte. Aujourd’hui, quand nous dénonçons le sort indigne qui est fait aux migrants, nous restons fidèles à ces valeurs.

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Notre syndicalisme, c’est aussi celui qui regarde le réel pour mieux le transformer.

Prendre en compte le réel, ce n’est pas capituler.

C’est refuser les postures et les commentaires. C’est s’engager pour le transformer.

Notre nombre, notre représentativité comptent dans le rapport de forces.

Mais nous le savons tous, notre capacité à nous engager, la qualité de nos propositions comptent tout autant. Et c’est pour cela que ce sont nos propositions qui font l’histoire !

Quand certains voudraient faire croire que le syndicalisme n’est qu’une longue plainte inutile, je vous le demande :

- Qui a obtenu la création des sections syndicales d’entreprises ?

- Qui a porté la réduction du temps de travail et les 35 h ?

- Qui a arraché « les carrières longues », pour ceux qui ont commencé à travailler très jeunes ?

- Qui a créé le compte personnel de formation, pour le public comme pour le privé ?

Oui c’est nous, c’est la CFDT qui a obtenu ces droits !

Et je pourrais continuer longtemps comme cela, en parlant compte pénibilité, garanties jeunes, ou droits rechargeables au chômage. La liste est longue.

Mais elle est autrement plus longue si on y ajoute vos acquis, ceux que vous avez obtenus dans les entreprises et les administrations. Nous en avons eu de très beaux exemples cet après-midi.

Soyons fiers de ces avancées. Elles sont un démenti cinglant à ceux qui affirment que rien n’a changé depuis 30 ans. Ce résultat, oui, c’est le vôtre ! Mais il vient de loin.

C’est le combat de générations de militantes et militants qui, au fil des décennies, ont fait des choix courageux, souvent dans l’adversité. Des militants qui ont su construire et affirmer l’originalité de la CFDT. Qui ont fait de la CFDT un acteur incontournable du paysage social.

Nicole, Jean, merci d’être là aujourd'hui. Je salue aussi tous les anciens qui sont présents. Et un de ces grands militants vient de nous quitter. Je n’en parle que maintenant parce qu’il n’aurait pas voulu que je commence mon intervention en parlant de lui. Mi-septembre, il espérait encore pouvoir participer à ce rassemblement, et savourer ensemble notre victoire, dont il était si fier.

Edmond Maire est décédé ce dimanche. La CFDT a perdu une figure emblématique. Nous lui rendons ici, tous ensemble, un hommage appuyé. Nous aurons l’occasion de le faire à nouveau dans les semaines à venir : nous lui rendrons un hommage à la hauteur de ce qu’il nous a apporté, à nous et au syndicalisme français.

À travers lui, c’est à l'ensemble des hommes et des femmes qui ont construit la CFTC, puis la CFDT au fil de nos presque 100 ans d’histoire, que je veux rendre hommage.

Aujourd’hui, j’ai également une pensée particulière pour un homme. Un grand militant, qui a notamment permis que la représentativité des syndicats soit assise sur le vote des salariés. Ce militant, c’est François Chérèque et c’est aussi sa victoire. Nous pensons tous très fort à toi aujourd'hui François. Edmond, François et à tous les autres, merci !

Edmond, Jean, Nicole, François et nous tous, militants de la CFDT, nous avons construit ensemble ce qui fait le socle de la CFDT : la constance de nos valeurs, la cohérence de nos positions, la fierté de nos couleurs. C’est ce socle, qui nous permet de tenir le cap dans un monde qui change et où les repères se brouillent.

On parle de révolution numérique, on parle de transition écologique : ces bouleversements peuvent être de formidables opportunités pour mieux vivre, pour mieux travailler. Notre rôle, c’est de tout faire pour qu’il n’y ait pas, d’un côté les gagnants et de l’autre, les perdants du changement.

Voilà ce qui nous guide depuis toujours : le combat contre l’injustice sociale et pour la transformation de la société. Notre conviction, c’est que demain peut être à la fois plus juste et plus agréable à vivre.

Notre détermination, c’est de construire du progrès pour tous.

Non, à la CFDT, nous n’avons pas peur du changement. Au contraire ! Le « c‘était mieux avant », ce n’est pas pour nous ! Je n’ai pas de nostalgie pour le monde d’hier. C’est vrai, vivre pendant les 30 glorieuses, c’était sans doute plus rassurant à bien des égards. Mais c’était aussi vivre dans une société autoritaire et sexiste, au travail comme dans les foyers.

Alors, que le monde bouge, ce n’est pas un problème en soi. Ce qui est insupportable, c’est quand il ne tourne pas rond.

C’est quand trop de richesses se concentrent entre si peu de mains, c’est quand les intérêts de quelques entreprises priment sur l’intérêt des salariés, des citoyens et de la planète. C’est quand le populisme et le rejet de l’autre menacent nos démocraties.

C’est notre rôle d’organisation syndicale de dénoncer ces injustices et ces dérives, et d’agir pour les faire reculer.

Mais parce que nous sommes proches des travailleurs, notre rôle est aussi de combattre les injustices du quotidien, celles dont on parle peu, qui restent dans l’ombre :

-          quand une infirmière est rappelée 4 fois pendant ses congés, parce que l’organisation du travail à l’hôpital est une catastrophe, ce n’est pas tenable ;

-           quand un chauffeur Uber doit travailler 60 heures, pour toucher à peine plus que le SMIC, ce n’est pas acceptable ;

-          quand un ouvrier risque de perdre 7 ans de sa vie, parce qu’il exerce un métier pénible, c’est insupportable.

Depuis quelques mois, l’économie repart. On ne peut que s’en réjouir. Mais aujourd’hui, en France, il y a encore 5 millions de pauvres ; il y a deux millions et demi de personnes qui sont au chômage depuis plus d’un an. Derrière chacun de ces chiffres, n’oublions jamais que des femmes, des hommes et des enfants vivent ces situations.

La France va peut-être mieux, mais les inégalités se creusent. Et pourtant, c’est ce moment que choisi le Gouvernement pour prendre des décisions qui font peser les efforts sur les plus précaires : baisse des APL, suppression brutale de contrats aidés, menace sur le pouvoir d’achat des retraités modestes.

Ces décisions sont injustes. Elles sont inacceptables! D’autant plus inacceptables quand, dans le même temps, on baisse drastiquement l’impôt sur la fortune!

Dans un monde aux multiples chaos, nous avons plus que jamais besoin de politiques sociales assumées, de soutien aux plus fragiles, d’acteurs qui luttent contre les inégalités… Nous sommes un de ces acteurs, et non des moindres.

Oui, n’en déplaise aux modernes ou aux conservateurs -et parfois ce sont les mêmes-, pour obtenir plus de justice sociale, pour conquérir l’émancipation, le 21ème siècle aura plus que jamais besoin de syndicalisme. Oui de syndicalisme ! Mais pas n’importe lequel.

Un syndicalisme qui sait dénoncer les injustices, sans pour autant sombrer dans la désespérance. Un syndicalisme qui ne se contente pas d’être indigné mais qui fait des propositions concrètes et qui s’engage pour obtenir des avancées. Un syndicalisme qui regarde vers l’avenir et qui innove, au contact des travailleurs. Voilà le syndicalisme dont le 21ème siècle a besoin !

Et vous le savez bien, ce syndicalisme, c’est le nôtre ! Celui que vous faites vivre au quotidien sur vos lieux de travail. C’est le syndicalisme CFDT ! C’est vous !

Je le disais, c’est de justice sociale et du syndicalisme CFDT dont les travailleurs ont besoin.

Alors, vous me répondrez, ça tombe bien, puisque nous venons de devenir première organisation syndicale dans le privé.

Quelle belle occasion pour le pouvoir politique de moderniser les relations sociales et de renforcer les syndicats !

Quelle belle occasion de donner plus de pouvoir aux salariés dans les entreprises ; de renforcer leur présence dans les conseils d’administration ; de s’inspirer du « fameux » modèle de codécision.

Une belle occasion, c’est vrai, mais une (sacrée) occasion manquée.

En adoptant les ordonnances sur le code du Travail, le Gouvernement n’a pas fait le choix du dialogue social et du syndicalisme.

Quand on croit au dialogue social, on ne renforce pas le pouvoir unilatéral des patrons dans les petites entreprises.

Quand on croit au dialogue social, on garantit aux élus d’entreprise les moyens d’exercer leurs missions.

En facilitant les licenciements, avec ces mêmes ordonnances, le Gouvernement a fait preuve de dogmatisme : « faites du développement économique et le progrès social suivra ». Comme si licencier plus facilement allait permettre de lutter contre le chômage. Quelle absurdité !

La CFDT a porté des critiques précises, aiguisées et sans ambigüité sur les ordonnances. Nous avons dit nos désaccords et ils sont profonds.

Fallait-il pour autant hurler avec les loups et dire des contre-vérités ? Non, les ordonnances, ce n’est pas la mort du code du Travail. Non, ce n‘est pas un coup d’Etat social. Et non, ce n’est pas la fin des syndicats. Un peu de sérieux ! Un peu de nuances ! Cela ne nuit jamais à la qualité du débat démocratique. C’est aussi cette crédibilité que les salariés reconnaissent à la CFDT.

Notre travail de syndicalistes, nous l’avons fait tout au long des concertations. Contrairement à d’autres, nous nous sommes battus tout l’été. Nous avons fait reculer le Gouvernement sur de nombreux points et nous avons même obtenu quelques avancées ; trop peu, mais elles ne sont pas anodines ; je pense à l’augmentation des indemnités légales de licenciement.

C’est vrai, la position et la stratégie que nous avons décidée au bureau national confédéral ne sont pas les plus confortables. Mais appeler à une manifestation, avant même d’avoir commencé les concertations, c’est faire bien peu de cas du syndicalisme.

Oh je sais. C’est plus facile de faire des tweets ou des commentaires instantanés, quitte à dire de grosses bêtises sur tout et n'importe quoi. Le syndicalisme, c’est aussi une cohérence et une vision de long terme.

La cohérence qui est la nôtre, c’est la conviction que notre efficacité est auprès des travailleurs et dans le rapport de forces que nous menons dans les lieux de travail. Face aux ordonnances, le défi à relever est celui-là. C’est plus compliqué qu’une manif’, je vous l’accorde.

Mais c’est beaucoup plus efficace. Qu’est ce qui fait ce rapport de forces ? C’est vous, tous les jours.

Et aujourd'hui, la CFDT fait une démonstration de force. « Vous ne ferez pas sans nous ». « Vous ne ferez pas sans les représentants des salariés ». C’est pour cela que nous continuons à nous battre pour qu’ils aient les moyens de faire leur travail !

***

Je comprends l’envie légitime de certains d’entre-nous d’enfiler les baskets pour exprimer notre colère. Mais avec quels résultats possibles ? Avec quel soutien des salariés ?

Ne donnons pas au Gouvernement les arguments pour nous ranger sur l’étagère du vieux monde, au rayon des râleurs impuissants.

Le syndicalisme n’est pas un simple vecteur de contestation. Ce qui fait son utilité, c’est sa capacité de transformation.

J’entends la fatigue, parfois la colère, devant ces réformes qui se succèdent sans fin. Je vois aussi pointer le découragement ; c’est vrai, notre investissement et notre travail de syndicalistes ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur.

Oui, nous n’avons pas gagné cette bataille. Mais nous avons aussi beaucoup de victoires à notre actif.

Des victoires, nous en aurons d’autres. Le syndicalisme est un long combat.

Le Gouvernement laisse entendre qu’après la flexibilité, viendra la sécurité et le pouvoir d’achat pour les travailleurs. Je le dis au Gouvernement : message reçu ! Vous avez intérêt à être au rendez-vous !

Nous attendons de vous que vous placiez la justice sociale et la sécurisation des parcours professionnels au cœur des prochaines réformes.

A la CFDT, nous sommes prêts. Nous avons, comme toujours, des propositions pour des emplois de qualité, pour un travail qui permette à chacun de s’épanouir, pour l’émancipation de tous et pour la protection des plus fragiles.

Ces combats, nous les mènerons avec détermination.

Et de la détermination, nous en aurons besoin. Car nous avons à faire à un patronat rétrograde ; peut-être « le plus bête d’Europe ». Un patronat qui préfère quémander, qui choisit le lobbying plutôt que le dialogue social. Un patronat d’un autre temps, qui se satisfait trop bien de la lutte des classes –tant que c’est lui qui en sort vainqueur.

Mais maintenant, je le dis : ça suffit ! Ca suffit les jérémiades, les promesses non tenues, les slogans insultant envers les personnels de l’Education. Maintenant, on veut du CONCRET ! Ce n’est pas d’un pin’s dont le pays a besoin, c’est du million d’emplois !

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Heureusement, les organisations patronales ne sont pas représentatives de tous les employeurs. Beaucoup ont bien compris l’utilité du dialogue social. Et là où ils lui font une vraie place, la CFDT engrange des avancées sur l'emploi, le travail, les salaires ou la protection sociale.

C’est cela, la vraie vie pour de nombreux travailleurs, dans beaucoup d’entreprises. Je le vois dans mes rencontres avec vous : ces derniers jours à Miko, Novo Nordisck, chez Rockett ou Nestlé.

Evidemment, je vois aussi des endroits où les patrons bloquent le dialogue social, voire pire, font de la discrimination syndicale. Ces situations intolérables, nous devons les dénoncer et apporter un soutien sans faille à nos militants. Je veux ici les saluer, tous ceux qui continuent d’avancer, malgré les obstacles mis sur leur chemin.

Quand je parle de blocage, j’ai aussi une pensée particulière pour vous, militants des fonctions publiques. Je pense aux dégâts que provoque le manque cruel de dialogue dans les hôpitaux, dans les administrations, dans les collectivités. Cela nourrit un syndicalisme de posture.

L’Etat employeur doit comprendre que le respect et la reconnaissance des agents sont les piliers d’un service public de qualité. Que les logiques purement budgétaires sont contre-productives et qu’elles atteignent le moral des agents. Revenir sur la promesse faite aux fonctionnaires d’améliorer leur pouvoir d’achat, ce n’est tout simplement pas acceptable. C’est du mépris.

Monsieur le Président de la République, respectez vos engagements de campagne. C’est ce qu’exprime la « carte-pétition » lancée par l’UFFA. C'est le message que la CFDT portera, avec d’autres, le 10 octobre.

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Le dialogue social est un combat. C’est celui que nous devons poursuivre, car c’est notre marque de fabrique. Convaincre et nous battre, partout, pour permettre aux travailleurs d’être entendus, reconnus et respectés. C’est un combat difficile, parfois même ingrat. Mais c’est le nôtre, c’est le combat de la CFDT.

C’est aussi le sens de l’« appel des 10 000 » : nous sommes ici les représentants de millions de salariés et d’agents, d’horizon et de professions très diverses. Nous sommes le syndicalisme du progrès social. Le patronat, les employeurs, privés comme publics, et le Gouvernement doivent l’entendre !

Vous voulez qu’ils l’entendent ? Alors, relayez cet appel partout, signez-le en ligne, interpellez votre direction, les organisations patronales, votre député, le Gouvernement. Faites leurs savoir que le progrès social, c’est nous !

Nous n’avons pas attendu d’être premiers pour être combatifs. Nous avons toujours eu le sens des responsabilités. Mais être premiers, nous oblige encore plus. Et demain, la CFDT doit être encore plus forte !

La proximité, c’est la force du syndicalisme. Nous représentons les travailleurs parce que nous sommes nombreux, parce que les salariés votent pour nous, mais aussi parce que nos revendications sont les leurs. Plus que jamais, nous devons être à leur image, pour représenter leur diversité, pour répondre à leurs aspirations.

L’année dernière, nous avons mené une grande enquête sur le travail, la plus grande jamais réalisée : 20 millions de réponses, 200 000 participants ! Alors continuons à « Parler Travail », continuons à faire du travail une préoccupation centrale. Si nous ne parlons pas du travail, qui le fera ?

Allons à la rencontre des travailleurs ! Le 9 novembre prochain, nous serons dans les entreprises et les administrations, partout où il y a des travailleurs !

Ce jour-là, nous les écouterons d’abord, nous les écouterons et nous valoriserons l’action de la CFDT et ses résultats. Nous leur dirons pourquoi l’engagement syndical devient encore plus nécessaire ; pour tous les salariés et surtout pour ceux de petites entreprises. Faisons du 09 novembre une journée orange ! Appelons les salariés à nous rejoindre !

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Car pour construire le rapport de force, un argument pèse plus que d’autres : c’est la force du nombre!

Le syndicalisme d’adhérents, c’est notre identité ! Proposer l’adhésion doit devenir un réflexe, une évidence. Nous devons faire beaucoup plus pour donner envie aux travailleurs d’adhérer à la CFDT.

Alors, participez au challenge développement !

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Une CFDT plus forte, c’est aussi obtenir plus de votes aux élections professionnelles. Ce défi, vous le relevez tous les jours dans les entreprises. Dans les fonctions publiques, le prochain grand rendez-vous, ce sont les élections de décembre 2018. Toute la CFDT doit se mobiliser, avec un objectif : devenir la 1ère organisation syndicale dans le privé ET dans le public !

Plus d’adhérents, plus de votes, c’est comme cela que nous pourrons peser ; c’est comme cela que nous pourrons construire le syndicalisme moderne, dont les travailleurs ont besoin.

Aujourd’hui comme demain, la CFDT doit être ce collectif qui soude les travailleurs, quelle que soit leur situation. Nous devons regrouper les travailleurs de tous les secteurs professionnels, chacun doit avoir sa place à la CFDT.

Nous devons accueillir plus largement les free-lance, les travailleurs des plateformes, même lorsqu’ils ne sont pas salariés. Nous devons donner envie aux jeunes de nous rejoindre ! Et nous devons innover avec les salariés des très petites entreprises : nous ne pouvons pas les laisser seuls face à leur patron.

La CFDT doit aussi offrir de meilleurs services à ses adhérents, pour qu’adhérer apporte un vrai plus. Le service Réponses à la carte est prometteur. Nous pouvons faire encore plus. Utilisons les opportunités du numérique pour mieux coopérer, mieux communiquer, mieux militer !

La CFDT doit être le réseau de ceux qui n’en ont pas. Elle doit offrir à ceux qui le souhaitent, et il y en a beaucoup, la possibilité de s’engager. S’engager pour des valeurs, pour défendre ses collègues, pour faire avancer ses idées. Mais aussi s’engager pour partager des moments forts, comme celui que nous vivons aujourd’hui.

Car je vous le dis mes camarades, la CFDT est belle de tous les moments que nous passons ensemble, de nos débats, de nos actions communes, de nos moments de convivialité. Nous ne faisons pas du syndicalisme triste ! Les militants que je croise au quotidien, ce sont des belles personnes, des personnes chaleureuses, des personnes sur lesquelles on peut compter.

Oui, cette organisation, elle est belle. Elle râle parfois et c’est normal, le débat fait partie de nos valeurs. Et il n’y a pas de débat sans désaccords. Mais elle est là, la CFDT, elle est solidaire, elle est fraternelle, elle agit, elle construit du progrès.

Et demain, le progrès, c‘est la banque du temps, c‘est aller encore plus loin dans la sécurisation des parcours des travailleurs, c‘est une meilleure qualité de vie au travail, c‘est le partage du pouvoir dans les entreprises et les administrations, c‘est une société où les plus fragiles sont aidés. C’est une démocratie vivante et ouverte.

C’est cela, le syndicalisme de transformation sociale !

Je voudrais vous lire quelques phrases extraites d’un discours d’Edmond Maire.

« La situation que nous vivons appelle une CFDT forte, entreprenante, foisonnante d’initiatives et d’innovations pour construire le changement social ; une CFDT pleinement indépendante et capable d’impulser les transformations nécessaires dans l’Etat et les institutions, comme dans la société. Cette CFDT-là doit prendre les moyens de devenir à moyen terme la force principale du syndicalisme français. Elle ne le fera pas en s’enfermant dans sa vérité d’un moment ou en restant les deux pieds dans le même sabot, par peur des risques. Il n’y a pas d’innovation sans risque. »

Ces phrases datent de 1982. Elles sonnent toujours aussi juste, plus de 35 ans après. Mais ce qui a changé, c’est que depuis, la CFDT est bien devenue la “force principale du syndicalisme français”. Et je sais qu’Edmond en était très fier.

***

Il reste encore beaucoup à faire, mais je suis confiant ; j’ai confiance en votre travail remarquable, dont vous avez témoigné tout l’après-midi ; j’ai confiance dans votre capacité à construire du rapport de forces, à obtenir des avancées. Le progrès social, le palpable, le concret, c’est vous qui l’obtenez.

Le syndicalisme a changé de visage, nous avons écrit l’histoire. Mais l’histoire n’a pas de fin.

Demain, plus que jamais, c’est dans les entreprises et dans les fonctions publiques que la CFDT devra s’imposer. Toute l’organisation sera à vos côtés pour vous soutenir ; pour vous aider à aller au contact des salariés, à négocier des nouveaux droits, à faire des adhésions et bien-sûr, à gagner les élections.

Alors allez-y, continuez, continuons ensemble ! Soyons exigeants sur l’efficacité de notre action, soyons confiants dans notre cohésion qui fait notre force, soyons forts, soyons offensifs, soyons convaincants. Nous avons gagné la première place dans le privé, gagnons la première place avec le public. Les travailleurs en ont besoin, soyons les premiers tout court. Soyons incontournables. Soyez la CFDT ! Soyons la CFDT !

Ma préface pour la note « Portrait(s) de travailleurs – Comprendre la qualité de vie au travail » de la Fabrique de l'Industrie

La Fabrique de l'Industrie m'a fait l'honneur de me demander de préfacer leur note « Portrait(s) de travailleurs – Comprendre la qualité de vie au travail » J'ai tenu à en partager le contenu avec vous ici. Pour lire l'intégralité de la note, vous pouvez le faire en cliquant ici 

Le travail, quelle que soit sa forme, garde un rôle structurant dans la vie de chacun. C’est un facteur essentiel d’émancipation et de cohésion sociale. Il participe à la construction de notre identité et de notre lien aux autres. C’est aussi la première source de création de richesse pour les entreprises. Le travail a pourtant perdu en visibilité dans le débat social comme dans le débat public, souvent confondu ou éclipsé par les questions d’emploi, qui ont pris légitimement une place prépondérante alors que le chômage reste massif.

Beaucoup de clichés et d’idées fausses sont véhiculés, alors que le travail est en perpétuelle transformation. Avec le numérique et la transition écologique, de nouvelles formes d’activité voient le jour, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise. Parallèlement, des formes d’activité plus traditionnelles perdurent : non, le taylorisme n’est pas encore dernière nous ! Si les réalités de travail se diversifient, une chose demeure cependant : le besoin des travailleurs d’être écoutés et de s’exprimer sur leur quotidien.

Toutes les initiatives qui contribuent à remettre le travail et les travailleurs au-devant de la scène sont donc à saluer, c’est le cas de ces « portraits de travailleurs » initiés par la Fabrique de l’industrie.

En décembre 2016, la CFDT a quant à elle lancé une grande enquête, à laquelle plus de 200 000 personnes ont répondu en quelques mois.

Nos deux initiatives montrent d’abord une chose : quand on écoute les gens parler de leur travail, les caricatures et les préjugés tombent rapidement. Le travail est un lieu complexe. Ça n’est pas tout noir ou tout blanc. Ce n’est « ni l’aliénation systématique, ni le nirvana pour tous» !

Plus des trois quarts des répondants à notre enquête disent aimer leur travail. Beaucoup s’y sentent utiles et en sont fiers. Leur engagement dans leur travail dépasse la seule contrepartie financière.

Mais cette fierté n’exclut pas les difficultés. Le travail peut être dangereux pour la santé, source de douleurs et d’anxiété. La pénibilité physique est toujours une réalité pour 44% des travailleurs. Et la note de La Fabrique met en lumière un profil d'"accidentés du travail" dont les individus font part de fortes tensions au travail. Avec les nouvelles technologies et la course perpétuelle au profit, l’intensification du travail est également une cause de mal-être.

La CFDT milite pour une approche préventive de la pénibilité. C'est cette dimension que nous défendons dans la mise en œuvre du compte pénibilité. C'est aussi pour cela que nous demandons la généralisation des négociations sur la qualité de vie au travail (QVT). L’étude de la Fabrique révèle qu’il y a peu d’intérêt à évoquer les différentes composantes du travail indépendamment les unes des autres. Cela donne un aperçu tronqué du travail, trop éloigné du ressenti des travailleurs. Négocier la QVT dans son ensemble permet au contraire d’examiner conjointement l’organisation du travail, ses conséquences sur la santé, la formation, l’égalité professionnelle…

Mais le mal-être au travail peut aussi provenir du manque d’autonomie. Près de la moitié des répondants à notre enquête Parlons travail estiment passer davantage de temps à rendre des comptes qu’à travailler ! Beaucoup ont l’impression de pouvoir être remplacés par une machine. Ces situations sont sources de dévalorisation pour le travailleur et pour les entreprises, ce sont des potentiels de travail sous-estimés.

Plus d'autonomie ne doit pas signifier être livré à soi-même et responsable de tout, sous peine de créer plus de pression et d’insécurité encore, comme le montre la note de la Fabrique. Mais il est important que les travailleurs puissent retrouver les marges de manœuvre nécessaires pour effectuer leur travail. Il faut faire évoluer le management vers des pratiques plus coopératives, s’appuyant sur les compétences de chacun et sur un collectif de travail. Le modèle de l’entreprise hyper hiérarchisée et verticale a fait son temps. Dans les entreprises, comme dans les administrations ou les collectivités locales, les travailleurs attendent davantage de lieux d’expression sur leur travail et sur son organisation.

Mais au-delà de pouvoir s’exprimer, ils veulent pouvoir peser sur leur quotidien au travail et sur l’avenir de l’entreprise. C’est le sens de l’engagement de la CFDT pour un réel dialogue économique et social dans les entreprises. Par les instances représentatives du personnel comme dans les négociations, la vie des salariés doit compter dans les entreprises.

Dans ce monde en plein bouleversement, les entreprises ne doivent pas s’y tromper : celles qui tireront leur épingle du jeu seront celles qui feront de l’engagement et des savoir-faire de leurs salariés l’atout de leur réussite, une réussite basée sur l’émancipation, la reconnaissance et le respect des travailleurs.

Hommage à François Chérèque

Je souhaite à toutes et tous une très heureuse année 2017, même si pour les militants et les adhérents de la CFDT, cette année commence dans la tristesse. Voici le discours d’hommage à mon ami François Chérèque que j’ai prononcé lors de ses obsèques.

C’est avec une grande émotion et une immense peine que nous rendons hommage à François Chérèque.

A votre présence nombreuse aujourd’hui se mêlent les innombrables témoignages venus de tous les horizons, de toute la France y compris d’Outre mer, d’Europe et de tous les continents. 

Son départ trop tôt, trop injuste, nous rend tous infiniment tristes. François avait encore tant à dire, à nous dire, tant à faire et à vivre.

Jusqu’au bout, sa passion de la vie l’a porté, son combat contre la maladie il l’a mené avec ténacité comme tous ses combats.

Toutes celles et tous ceux qui ont croisé son chemin, agi à ses côtés, éprouvé la force de ses convictions, partagé ses engagements, savent qu’ils perdent un ami cher, un type bien, un grand bonhomme.

La justice sociale a été le fil rouge de sa vie d’homme et de militant. Sa lutte indéfectible contre les inégalités, sous toutes leurs formes, n’a cessé d’animer l’impressionnante détermination qu’il mettait dans ses combats, qu’ils soient syndicaux ou associatifs au service des salariés, des jeunes, des pauvres, avec toujours l’intérêt général en ligne de mire.

Pour François Chérèque, réformer ne consistait pas à s’adapter à l’injustice du monde, mais à se donner les moyens de la faire reculer.

- Syndicaliste combatif dès son entrée dans le travail comme éducateur spécialisé auprès d’enfants autistes, il fut un promoteur décisif du renouveau du syndicalisme  tant dans ses responsabilités à l’UD des Alpes de Hautes Provence qu’à la tête de la fédération de la Santé.

- Visionnaire exigeant, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT durant dix années, a été l’artisan acharné d’un syndicalisme utile aux salariés, utile à la société, un syndicalisme résolument ancré dans le réel, ouvert aux autres, et proche des salariés.

- Réformiste impatient, il a imprimé sa vision d’un syndicalisme moderne capable de porter une analyse sans tabou sur la réalité, capable de propositions audacieuses pour préparer l’avenir et s’engager pour les faire vivre, un syndicalisme capable aussi de s’interroger sur lui-même avec lucidité et courage.

- Démocrate résolument optimiste, François s’est battu pour que les salariés aient voix au chapitre, pour qu’ils puissent participer aux choix qui les concernent. Il portait l’ambition fondatrice de la CFDT, celle d’un projet syndical au service de l'émancipation individuelle et collective, porteur d'une société plus juste et plus solidaire.

- Fin stratège et redoutable négociateur, il détestait la tactique et les postures. Il aimait la confrontation des idées dans le respect et la loyauté et avec une absolue intégrité. Les désaccords pouvaient être forts mais ne conduisaient jamais à la rupture. C’est par la voie du dialogue social, un dialogue franc et constructif qu’il allait chercher et parfois arracher les résultats et les avancées pour les salariés.

- Homme libre et déterminé, François a enraciné l’autonomie de la CFDT, une autonomie douloureusement acquise et farouchement défendue quels qu’aient été les sujets et quels qu’aient été ses interlocuteurs du moment.

Ses combats pour les valeurs de justice, d’égalité et de solidarité, il les a menés dans l’exigence de la vérité, avec énergie et courage sans jamais reculer, sans jamais faiblir, sans jamais renoncer. Avec un seul but : construire du progrès, du progrès pour tous.

Beaucoup se souviennent de l’épisode tumultueux des retraites de 2003. Depuis cette date, plus d’un million de travailleurs aux carrières longues ont pu bénéficier d’un départ à la retraite avant l’âge légal.  Une grande mesure de justice sociale qu’ils doivent à la ténacité et au courage de François Chérèque et de lui seul.

Pour lui l’adversité n’était pas un frein, elle était un moteur. « Le courage ça se prépare » aimait-il rappeler. Le sien venait de loin.

Il venait de la puissance de ses convictions et de sa profonde humanité.

- Une humanité forgée auprès des siens et dans son métier d’éducateur.

- Une humanité qu’il s’est attaché à faire vivre au quotidien auprès de ses proches, de ses amis, des militants, des adhérents et partout où l’ont mené ses pas.

- Une humanité qu’il a su mettre au cœur du plan de lutte contre la pauvreté et dans son action pour les jeunes à la présidence de l’Agence du Service civique.

Le deuxième ligne de rugby, dont la carrure forçait le respect était un homme sensible, éminemment chaleureux et simple, d’une grande pudeur et d’une belle humilité.

Sa famille, Marinette sa compagne, Mathieu et Benoît ses fils, Marine et Juste  leurs compagnes, Léna sa petite fille, Jacques et Elisabeth ses parents, Philippe, Marc, Pierre et Paul ses frères étaient pour lui un bien précieux qu’il protégeait farouchement de ses engagements passionnés. 

Attentif à tous, bienveillant pour chacun, François aimait profondément les gens.

Il aimait aller à la rencontre et à l’écoute des personnes. Une vraie et grande affection le liait aux militants de la CFDT.

Il nous a légué sa force et son courage, nous en sommes fiers.

Dans l’espoir inébranlable de changer les choses, de redonner forme à la société, il savait insuffler son imperturbable sens du collectif et son éthique de la responsabilité.

Puissent-ils être pour tous, un enseignement pour affronter les défis qui nous attendent.

Rêvons que cela irrigue notre démocratie si malmenée.  Ce serait le plus bel hommage rendu à l’homme remarquable qu’il fut tout au long de sa vie.

Décidément François, toi qui n’a jamais aimé les lundis matin et encore moins quand tes équipes préférées avaient perdu le match du week-end, ce premier lundi de l’année tu nous l’auras fait détesté.

François mon ami, je veux ici te dire mon immense gratitude.

Te dire merci au nom de tous les militants et de tous les adhérents de la CFDT et t’assurer enfin, que dans chacune de nos actions, tu seras dans nos cœurs et nos pensées.

Merci François.

 

Intervention devant les étudiants de l'ESSEC

Lundi 19 septembre, j'ai eu le plaisir d'être invité par l'ESSEC à intervenir devant leurs étudiants de première année sur le thème "La France face au changement - quel rôle pour le syndicalisme ?" Voici ce que je leur ai dit.

Bonjour à tous,

Je suis heureux de cette chance qui m’est donnée d’échanger avec vous. Je ne vous cache pas que l’exercice ne m’est pas habituel. Je rencontre régulièrement des salariés, des agents du service public, des militants, de tous les âges. Mais je n’ai pas souvent l’occasion de me retrouver devant 350 étudiants d’une école de commerce...

Je suis sûr pourtant qu’on gagnerait à développer la connaissance et les liens entre le monde étudiant et le monde syndical. Aujourd’hui, c’est une première rencontre, et j’espère qu’il y en aura d’autres… 

Je vais commencer par me présenter et présenter la CFDT, pour compléter les mots d’introduction d’Aurélien Colson.

Je m’appelle Laurent Berger, j’ai 47 ans, je suis père de trois enfants. Mon métier d’origine c’est conseiller en insertion professionnelle. Je suis secrétaire général de la CFDT depuis 2012.  

La CFDT, c’est une organisation syndicale qui compte 800 000 adhérents, ce qui fait de nous le plus grand syndicat français en nombre d’adhérents. Pour la petite histoire, nous avons plus d’adhérents que la totalité des partis politiques réunis…Quand on dit que le taux de syndicalisation est faible en France, c’est vrai, mais cela doit être mise en perspective.

Nos adhérents (et adhérentes) sont ouvriers, cadres, employés…Ils viennent de tous les territoires et de tous les secteurs d’activité, du public (pour 33%) et du privé (66%). On défend des hommes et des femmes qui n’ont pas les mêmes métiers, pas les mêmes diplômes, ni les mêmes conditions de travail : concrètement cela signifie qu’on ne peut pas jouer les intérêts d’une catégorie de salariés au détriment des autres. On doit construire des intérêts collectifs.

Pour nous, le syndicalisme doit aussi contribuer à l’intérêt général – au-delà de nos adhérents, c’est l’ensemble des travailleurs, des demandeurs d’emplois, des jeunes, et plus largement des citoyens, que nous prenons en compte dans nos revendications.

Mon but n’est pas de vous faire un cours magistral sur le syndicalisme donc je finirai sur ce point : en France, vous le savez peut-être, c’est le résultat aux élections professionnelles qui détermine la représentativité d’une organisation syndicale. Jusqu’à présent la CFDT est deuxième, derrière la CGT.

La prochaine mesure de la représentativité aura lieu l’année prochaine.... Et la CFDT a de bonnes chances de devenir premier syndicat français.

Ce qui se joue en 2017, ce n’est donc pas seulement le choix d’un président pour les cinq ans à venir ; c’est aussi le visage du paysage syndical français. Les salariés auront à faire un choix entre deux types de syndicalismes : celui qu’incarne la CGT, et celui qu’incarne la CFDT.

Cette opposition n’est pas, contrairement à ce qu’on entend dire, celle de « la révolution ou la réforme », ni celle de « la radicalité ou la modération »;

En fait, ce qui distingue ces deux conceptions du syndicalisme, c’est un rapport différent à l’Etat, à l’Europe, à l’entreprise, au rôle de la société civile - j’y reviendrais ;

Plus largement c’est une analyse différente du monde dans lequel nous vivons –  donc une façon différente d’envisager l’action syndicale 

***

« La France face au changement », c’est le titre de cette conférence. Mais j’ai surtout envie de vous dire pourquoi je pense qu’il faut changer le monde, et quel est le rôle du syndicalisme dans tout cela.

Quand on regarde le monde, ce qu’on voit ne nous satisfait pas. Il y a encore trop d’inégalités, de barrières, trop d’injustices. La pauvreté s’évalue peut être en fonction de seuils et de pourcentages du niveau de vie médian : mais ce sont surtout des gens réellement piégés dans la grande lessiveuse de la précarité, qui enchainent les contrats courts, ou qui restent aux portes de l’entreprise, sans avoir une chance de trouver un emploi durable, sans jamais se sentir une place dans la société.

Clairement, le monde tel qu’il est ne nous satisfait pas, et c’est pour cela qu’il faut le changer. Pas parce que les changements sont inévitables et qu’il s’agirait de les accompagner, de les rendre moins douloureux, bref de « sauver les meubles ».

Non, il faut changer le monde parce que c’est le plus beau projet qu’on puisse se donner collectivement ; le changer pour le rendre infiniment meilleur. Ce n’est pas une question d’ « adversaires à combattre ». C’est une question d’obstacles à lever, de nouvelles fondations à construire. Et d’opportunité à saisir, aussi.

Il y a des opportunités immenses, et des gens qui n’ont pas attendu pour s’en emparer. En France on entend beaucoup la petite musique du « tout est foutu », mais je vois aussi un peu partout des initiatives et des projets incroyables, qui pourraient finir pas faire système… si on le veut vraiment, et qu’on s’en donne les moyens.  

La transition écologique, la révolution numérique : ce sont des leviers pour créer des emplois, de nouvelles activités, pour gagner en qualité de vie ; pour permettre une montée en gamme de notre appareil productif et une montée en compétences de l’ensemble de la population.

Bien sûr je n’ignore pas non plus les menaces que ces changements représentent, la peur d’une destruction massive d’emplois ou d’un creusement des inégalités entre travailleurs qualifiés et non qualifiés.  Les transitions sont incertaines par nature, on ne sait pas où elles nous mènent, et c’est forcément insécurisant.

Ce qui est certain, c’est que face à la profondeur et à l’accélération des mutations en cours, le statut quo n’est plus possible. La plupart des compromis sociaux sur lesquels nous vivons sont presque déjà obsolètes.

Notre modèle social par exemple. On le critique à longueur de temps parce qu’il serait trop couteux, pas compatible avec la compétitivité, la mondialisation, l’équilibre budgétaire etc…Quand on nous dit qu’il faut le réformer, c’est presque toujours dans cet unique objectif de réduire les dépenses.

J’observe quand même que ce fameux modèle social nous a protégés du plus fort de la crise de 2008, et on ne peut pas faire comme si ce n’était rien.

Pour autant je suis absolument convaincu qu’il faut le faire évoluer. Mais pas juste pour passer sous les 3% de déficit - même s’il est naturellement nécessaire d’assurer la pérennité financière du système.

S’il faut réformer notre modèle social, c’est d’abord et avant tout parce qu’il y a d’énormes « trous dans la raquette » : des personnes qui ne sont pas, ou qui sont mal protégées.

Cela n’a rien d’étonnant quand on sait que ce modèle s’est construit autour d’une norme qui n’existe déjà plus : l’emploi salarié, à temps plein et à vie, plutôt masculin – emploi par lequel on avait accès à l’ensemble des protections et des droits sociaux.

Je ne crois pas à la fin du salariat, mais force est de constater qu’avec le numérique notamment, de nouvelles formes d’emploi se développent :  auto-entrepreneur, free lance... Les parcours professionnels sont de plus en plus marqués par la discontinuité, l’alternance entre périodes de chômage et d’activité, les changements et la pluralité des statuts. On peut désormais être simultanément indépendant sur des missions courtes, et salarié à temps partiel.

Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose – à partir du moment où ces situations sont choisies et non subies. Je constate juste qu’il n’existe pas encore de protections pour ces travailleurs-là.

Les besoins changent également. Face à la rapidité des transformations technologiques, il est indispensable de continuer à se former tout au long de la vie, de pouvoir éventuellement se reconvertir, en tout cas de continuer à évoluer professionnellement. Mais ça n’a rien d’évident, car les inégalités sont fortes dans l’accès à la formation.

De plus, les obstacles à la mobilité professionnelle se trouvent souvent dans les conditions de vie en dehors du travail : les difficultés à se déplacer, à trouver un logement, une garde pour ses enfants, etc. Tout cela appelle à des réponses et à des aides personnalisées.

Les besoins changent, les aspirations aussi : on veut pouvoir s’épanouir dans son travail sans sacrifier sa vie personnelle, ce qui relève la plupart du temps du challenge, car on court après le temps.

Avoir la maitrise de son temps, c’est un peu le rêve de tout le monde, c’est en tout cas un désir qui j’entends régulièrement chez les salariés que je rencontre.

On pourrait se résigner à ce que fatalement, le temps manque, soit contraint – c’est un peu la condition humaine…Mais nous en tant que syndicaliste, cela nous interpelle.

Alors on imagine de nouvelles possibilités d’aménagement du temps de travail, non plus à l’échelle d’une semaine, mais à l’échelle d’une vie ; pour mieux articuler et concilier les différents moments de la vie ; par exemple pouvoir décider de « faire une pause » pour développer un projet personnel, s’engager bénévolement, profiter de sa famille…sans attendre la retraite.

L’idée peut sembler utopique mais à la CFDT, nous réfléchissons à la façon dont on pourrait la rendre concrète, sans désorganiser le monde de l’entreprise ni l’harmonie des temps collectifs.

Notre rôle de syndicaliste c’est bien d’imaginer un système social qui réponde aux besoins et aux aspirations des salariés, tout en tenant compte de la réalité du monde et de ses contraintes.

On ne le sait pas toujours, mais les évolutions de la protection sociale, avant d’être entérinées par la loi, sont souvent issues de négociations collectives entre les syndicats.  

Il y a eu en 2013 un important accord qui a créé une nouvelle génération de droits sociaux « personnels », conçus pour prendre en compte les nouvelles réalités d’emploi et de travail que je viens d’évoquer. Ces droits ne sont plus liés au statut professionnel mais attachés à la personne, qui peut les utiliser tout au long de son parcours professionnel, quelque soient ses changements de situation. 

La deuxième étape a eu lieu récemment, avec la création du compte personnel d’activité. Il rassemble l’ensemble des droits personnels existants, mais ce n’est qu’une première étape. A moyen terme, on pourrait imaginer un compte attribué à chaque personne, comprenant une vaste gamme de droits nouveaux, depuis celui de se former jusqu’à celui de prendre un congé, et dont l’utilisation serait libre, tout au long de la vie, avec des conseils et un accompagnement personnalisés.

Il y a du pragmatisme derrière ce projet : on veut apporter de la sécurité à des parcours professionnels plus « heurtés » que par le passé. Le besoin de sécurité n’a d’ailleurs rien d’anachronique: on ne peut pas demander aux gens d’être audacieux, performants, s’ils n’ont aucune assurance dans leur quotidien, ni aucune visibilité sur leur avenir

Mais notre ambition est aussi émancipatrice : il s’agit de rendre de la liberté aux gens, de leur permettre d’être autonomes, capables de faire des choix aussi bien professionnels que personnels, réellement libres de vivre la vie qu’ils souhaitent.

L’émancipation est sans doute le plus joli mot du vocabulaire syndical, il a servi et il sert encore de boussole à des générations de militants. De notre expérience nous tirons une conviction : il n’y a pas d’émancipation et de réalisation individuelles sans organisation collective, sans la force et la solidarité du groupe. On n’est jamais fort tout seuls, ni jamais libre spontanément. Ce nouveau modèle social que nous sommes en train de construire, s’il est d’avantage tourné vers les individus et attentif à leurs choix, n’en repose pas moins sur des principes de solidarité et de mutualisation. Accompagner les individus vers l’autonomie ne signifie pas les abandonner à leur sort, ou renoncer aux devoirs de la société à leur égard.

***

A la CFDT nous avons coutume de dire que nous vivrons ce que nous changerons. S’il nous faut garder une part d’utopie dans les objectifs, on doit être pragmatique dans nos moyens d’action.  C’est en cela que nous sommes réformistes.

Etre réformiste, cela veut dire aussi que le changement, on ne se contente pas de l’attendre de l’Etat ou du monde politique.

Soyons clairs, le politique est légitime, et l’Etat est important. Dans ses fonctions de régulateur, de stratège, par les services publics qu’il fournit, l’Etat est indispensable à la cohésion sociale et au développement économique.

Mais j’ai le sentiment que ce qui nous manque en France, pour vraiment tirer profit de nos atouts, c’est la confiance dans la société civile.

On dit que notre pays a la culture de l’affrontement, et pas celle du dialogue. Je pense que le problème vient de là : de ce manque de confiance en nous même ; du doute dans nos capacités à trouver ensemble des solutions sans tout attendre « d’en haut ». De cette suspicion que nous avons – peut-être pas consciemment - à l’égard des corps intermédiaires, de toutes les formes d’horizontalité et d’auto-organisations.

Il y a encore dans notre imaginaire collectif l’idée que nos problèmes se règleront par l’intervention d’un l’homme providentiel - c’est une idée naïve, mais aussi une idée dangereuse, qui nous assigne à l’impuissance et à l’attente, une idée qui pourrait si on n’y prend pas garde nous rendre vulnérables à des glissements autoritaires.

Ce n’est pas pour autant une fatalité. D’ailleurs il y a de plus en plus d’initiatives citoyennes qui se développent et qui viennent infirmer ce constat : des associations, des collectifs d’habitants, des rassemblements… il y a quand même une vraie vitalité de la société civile qui ne demande qu’à être reconnue, soutenue et à prendre de l’ampleur.

Le syndicalisme fait partie de ce mouvement. C’est une des formes d’organisation collective par lesquelles des individus s’entraident et agissent là où ils peuvent le plus directement faire bouger les choses : c’est-à-dire au sein de leur entreprise.

***

Les défis environnementaux, sociétaux, économiques, sociaux, ont évidemment une dimension globale ; mais ils convergent tous à un moment ou un autre vers l’entreprise. Dans bien des cas, l’entreprise est une partie du problème et une partie de la solution. Quand on est syndicaliste c’est donc d’abord là qu’il faut revendiquer, agir, négocier, et espérer transformer les choses.

L’une de nos premières missions est de contribuer à renouveler le regard de la société sur l’entreprise, en faisant entendre la voix de ceux qui en sont les principaux acteurs, c’est-à-dire les salariés.

J’espère ne pas trop vous choquer si je vous dis que pour moi, l’entreprise ce n’est pas juste l’actionnaire, et son but, ce n’est pas juste la maximisation du profit.

On doit penser l’entreprise pour ce qu’elle est : une collectivité d’hommes et de femmes réunis pour innover, produire et créer.

L’entreprise ne peut donc pas se confondre avec ses capitaux. Sa richesse provient aussi d’un collectif de travail qui détient des savoirs faires, des compétences. Les salariés sont engagés dans son projet et soucieux de sa pérennité ; ils participent à sa prospérité et ils subissent aussi les risques liés à son l’activité.

La conséquence que j’en tire, c’est qu’il est normal qu’ils participent aux décisions, depuis celles qui organisent quotidiennement leur travail jusqu’aux choix de stratégie économique.

Il y a deux façons de voir les choses quand on est syndicaliste. Soit on pense que l’entreprise c’est le mal, que le patron c’est l’adversaire, que le salarié c’est la victime, et on pratique un syndicalisme de plainte et de postures, un syndicalisme assez impuissant au final.

Soit on considère que l’entreprise c’est nous aussi, donc on vient revendiquer notre droit à partager la richesse ET le pouvoir de décision ; et on adopte le seul moyen efficace pour le faire : le dialogue social et la négociation.  

Pour la CFDT qui a clairement fait le choix de la seconde option, ce n’est que par le dialogue social que l’on peut effectivement peser dans l’entreprise : participer au diagnostic, émettre des propositions, obtenir des avancées dans l’intérêt des salariés et dans l’intérêt de l’entreprise.

Je ferai toujours le choix du dialogue, et pourtant je ne suis pas de ceux qui considèrent que les intérêts des salariés se confondent avec ceux du patron. Le dialogue social implique d’accepter de se confronter à des personnes qui ne pensent pas comme nous, et de chercher à trouver des solutions ensemble. Cela implique du respect, de la loyauté, et forcément aussi, du rapport de force.

Le compromis, c’est cela : ne pas transiger sur les valeurs et sur ce qui est fondamental, mais accepter de faire un pas dans la direction de l’autre pour avancer concrètement. Au final, les intérêts peuvent être divergents mais on porte un projet commun : la pérennité de l’entreprise

Sur la base de cela, la CFDT n’a pas de tabou : on peut discuter compétitivité, coût du travail, productivité. Mais nous, on répondra d’abord investissement, long terme, innovation, formation, montée en compétence des individus. Et on interrogera toujours la finalité du modèle de développement : l’économie n’a pas de sens si elle n’est pas mise au service du bien être humain.

***

J’arrive à la fin de mon intervention et je pense vous en avoir dit pas mal sur la vision du monde que porte la CFDT.

Il y a un mot que je n’ai pas beaucoup prononcé, c’est celui de progrès. Je le gardais pour la fin.

Vous n’avez pas connu les Trente Glorieuses, et moi non plus d’ailleurs. Il existe une forme de nostalgie, presque de romantisme, autour de cette période, qui reposait sur une confusion assez commode entre progrès et accumulation des biens matériels.  Le modèle fordiste avait plusieurs avantages. Il était stable. Il était protecteur. Il promettait à chacun de pouvoir s’enrichir…il promettait l’égalité.

Ce modèle-là a été pulvérisé, par de nombreux phénomènes et surtout face à l’impossibilité désormais de continuer à croitre en épuisant les ressources de la planète. Pour ma part je n’ai pas de regret.  A bien des égards c’était une société rigide, autoritaire, machiste. Il n’y avait que dans l’espace public – et encore, au moment du vote…- que le citoyen avait vraiment son mot à dire. Pour le reste, dans l’entreprise, parfois au sein de son foyer, dans la conduite de sa vie, d’autres pouvaient prétendre décider pour lui.

Les gens n’ont plus envie qu’on leur dise ce qui est bon pour eux. La soif de participation, par le débat, l’interpellation, l’action collective…c’est quand même la bonne nouvelle de la drôle d’époque que nous sommes en train de vivre.

Pour le reste, comme tout édifice qui tombe, les Trente glorieuses laissent derrière elles quelques ruines et de la fumée.

Vos générations ont la lourde tâche de reconstruire le monde d’après. Je souhaite que le syndicalisme continue à être, comme il l’a toujours été au fil de l’histoire, un des artisans de cette reconstruction à vos côtés.

Les défis sont immenses : continuer à créer de la richesse dans un monde fini ; bâtir de nouvelles solidarités, ouvrir des opportunités pour tous ;

Refonder le projet européen, car l’Europe reste l’espace pertinent pour préparer l’avenir ;

Redonner, surtout, une définition plus profonde, plus durable, plus inclusive, à l’idée de progrès et au progrès social.

Quoi qu’il en soit, l’égalité et la liberté sont plus que jamais des objectifs désirables. L’émancipation reste le plus joli mot de notre vocabulaire commun. Et la fraternité le plus beau des chemins.

 

 

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !