Interview à l'AEF - 16 mai 2018

Cette Interview a été publié le 16 mai 2018 sur aef.info. Propos recueillis par Jérôme Lepeytre

Intervention à l'occasion des 50 ans de mai 68

Ce discours a été prononcé le 15 mai 2018 à l'occasion du colloque de la CFDT pour l'anniversaire des 50 ans de mai 68. 

TRIBUNE « Les salariés de l’UE ne peuvent plus continuer à être exclus de la construction européenne »

Cette tribune, publiée dans le journal Le Monde propose cinq réformes pour forger un nouveau modèle européen du travail. J'en suis l'un des signataire, au côté de quatre cent vingt personnalités françaises et européennes, issues de la politique, du syndicalisme et de la recherche.

Interview dans Les Echos le 7 mai 2018

Interview publiée dans le journal Les Echos le lundi 7 mai 2018, à un mois du 49e congrès confédéral.

Vous rencontrez ce lundi Edouard Philippe sur  la réforme de la SNCF . Qu'attendez-vous de ce rendez-vous ?

Ce rendez-vous est pour moi un acte d'ouverture. J'en attends des engagements clairs sur la reprise de la dette, la politique d'investissement de l'Etat dans le ferroviaire et la garantie de l'Etat que l'Union des transports ferroviaires négociera une convention collective de haut niveau en matière notamment de protection sociale, de classifications et de carrière. Tout dépendra de l'option choisie par le gouvernement : soit il cherche à mettre à terre les organisations syndicales et nous serons forcément en désaccord, soit il fait des avancées.  La tribune que nous avons publiée avec le secrétaire général de la CFDT cheminots, Didier Aubert, donne des pistes pour cela.

Les cheminots CFDT ne sont-ils pas sur une ligne plus dure que vous ?

Pas du tout. Demandez à la CFDT cheminots et vous verrez. Nous sommes totalement en ligne et mobilisés sur nos objectifs que sont un système ferroviaire de qualité et un cadre social de bon niveau qui respecte les cheminots.

Le non a gagné à Air France. N'est-ce pas un échec pour la CFDT qui appelait à voter oui ? 

La CFDT n'a en rien perdu. Seuls deux syndicats appelaient à voter oui dont la CFDT et 45% des salariés l'ont fait. Mais la question n'est clairement pas celle-ci aujourd'hui. Air France entre dans une grave crise de gouvernance dans un contexte économique et concurrentiel très difficile. Le dialogue social est bloqué car aux mains d'un syndicat de pilotes - le SNPL - qui l'instrumentalise dans une logique corporatiste au mépris de la situation économique et des autres personnels. Il y a de quoi être inquiet et je le suis tout comme nos équipes d'Air France. La CFDT qui est la première organisation chez les personnels au sol va continuer de se battre pour l'emploi et la situation des salariés de la compagnie aérienne.

Vous allez rempiler lors du congrès de la CFDT pour un nouveau mandat. Ce sera le dernier ?

J'irai au bout de ce mandat. Après, je n'en sais encore rien. En tout cas, je sais que ce n'est pas bon de lancer une succession trop en amont et que j'aurai une vie après la CFDT. Mais pour l'heure, ce n'est pas du tout d'actualité.

Le congrès de Force ouvrière a été très violent et a contraint  Jean-Claude Mailly à partir par la petite porte . Cela vous a-t-il surpris ?

Je ne suis pas un spécialiste des congrès de Force ouvrière. Je trouve juste dommage d'avoir besoin de « tuer le père » pour exister. Que l'on soit d'accord ou pas avec lui, je pense que Jean-Claude Mailly ne méritait pas ça. Je le lui ai d'ailleurs dit.

Pourrait-il y avoir des turbulences aussi pendant votre congrès ?

Je vais une à deux fois par semaine débattre avec des militants depuis que j'ai été élu secrétaire général. Ces rencontres sont l'occasion d'exprimer leurs questions, leurs interrogations et parfois leurs désaccords. Les débats au congrès en seront, bien sûr, le reflet. Le bilan de la CFDT est positif - nous sommes devenus la première organisation syndicale dans le privé ! - et je suis satisfait du boulot que les militants ont fait, que la confédération a fait.

Mais ces quatre années ont été très denses et compliquées. A la crise sociale, dont on n'est pas encore sorti, se sont ajoutées trois réformes du dialogue social, et un bouleversement politique profond avec l'arrivée au pouvoir de personnes peu convaincues du rôle de la démocratie sociale. Tout cela est intervenu alors qu'il y a des transformations majeures du travail et dans un environnement mondial beaucoup plus incertain et anxiogène qu'auparavant. Cela bouscule forcément le corps militant même si la CFDT a tenu son cap, sa vision du syndicalisme, de la démocratie, de ses valeurs.

Les débats au congrès seront animés. Les congrès, ça sert à sortir avec des lignes claires donc il faut qu'il y ait des débats. Mais notre culture syndicale ce ne sont pas les joutes verbales, c'est la recherche de solutions. Si le syndicalisme n'en est pas capable, il mourra et je suis persuadé que sans syndicalisme, ce serait la jungle du chacun pour soi et du pouvoir tout puissant des employeurs.

A la rentrée,  la réforme du Code du travail a suscité un malaise dans l'organisation. Cela va mieux ?

On a largement eu le temps de s'expliquer sur le positionnement de la CFDT sur les ordonnances. Personne ne remet en cause l'intérêt d'avoir participé aux concertations. Mais certains éléments de la réforme nous posent encore et toujours un gros problème, y compris dans notre action au quotidien. Je pense particulièrement aux fortes difficultés rencontrées par nos équipes d'entreprise dans la mise en place des comités sociaux et économiques.

Discours à l'occasion du 1er mai 2018

Retrouvez le discours que j'ai prononcé à l'occasion du 1er mai 2018 que nous avons fêté aux côtés de la CFTC et de l'Unsa.

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !