La CFDT soutient l'Alliance Syndicale Indépendante du Vénézuela

Ce lundi 19 juin la CFDT avait pris l’initiative d’organiser une table ronde sur la situation au Vénézuela.

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Depuis 2014 d’importants mouvements sociaux agitent un pays en proie à une grave crise économique, sociale et démocratique.  Alors que le Venezuela possède une des plus importante réserve pétrolière au monde, les gens souffrent de la faim, le PIB recule, l’inflation s’envole et le salaire minimum est à moins de 30$. Sur un mois ce revenu ne permet aux vénézuéliens de se procurer de la nourriture que  pour 16 jours.

Dans ce contexte intenable, les mouvements sociaux, où les jeunes sont très nombreux, sont traversés par une terrible violence qui a déjà tué par dizaines. Cette violence est autant le fait des partisans du pouvoir en place que de l’opposition qui réclame le départ de Maduro.

La CFDT soutient l’Alianza Sindical Independiente (ASI - Alliance syndicale indépendante) depuis sa création en 2015. Au sein de cette organisation, chavistes et opposants cohabitent pour une représentation des travailleurs indépendante des partis politiques.  

Carlos Navarro, le président de l’ ASI était présent lors de cette table ronde afin de témoigner de la situation vécue par les travailleurs vénézuéliens, un quotidien terrible rythmé par de nombreuses pénuries dans le pays, notamment d’alimentation « on voit les gens maigrir à vu d’œil » ou de médicaments et des manifestations régulièrement suivies d’emprisonnement ou de morts.

La répression est brutale. Le gouvernement a promulgué sept lois visant à criminaliser l’action syndicale indépendante. Des tribunaux militaires condamnent des civils, violant ainsi la constitution du pays. Les personnes arrêtées sont parfois mise au secret et torturées.

Le pouvoir refuse tout dialogue avec l’opposition, pourtant largement majoritaire au Parlement. Le pouvoir judiciaire est mis au pas par l’exécutif pour court-circuiter les décisions du pouvoir législatif. Le Président Maduro a lancé un projet d’Assemblée Constituante qui lui permettra d’en contrôler la composition et de se maintenir au pouvoir. Si cette Constituante se met effectivement en place le 30 juillet comme prévu, les affrontements et la violence risquent de décupler.


Table ronde sur la situation au Vénézuela avec... par CFDT_TV

Le soutient de la CFDT au syndicalisme indépendant et démocratique n’est pas nouveau, elle a toujours apporté son appui aux  syndicalistes qui luttent pour l’émancipation des travailleurs, où qu’ils soient et quelle que soit leur couleur politique, philosophique ou religieuse …) face à ceux qui veulent bâillonner leur peuple, ou s’attaquer aux droits des travailleurs.

Pour la CFDT, le syndicalisme doit porter les valeurs de démocratie, de solidarité, de justice. Quand des hommes et des femmes courageux et courageuses se lèvent contre des pouvoirs autoritaires pour défendre la liberté, la démocratie, le droit à une vie digne, le devoir de ceux qui tiennent à ces valeurs est d’être à leur côté, et le syndicalisme doit s’y engager. La CFDT l’a fait tout au long de son histoire, hier au Brésil ou en Pologne, plus récemment en Tunisie, et aujourd’hui en Turquie, en Iran, en Chine, à Cuba ou au Venezuela.

Interview au JDD du 18 juin

Cette interview est initialement parue dans le Journal du dimanche du 18 juin 2017

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La « vague Macron » change-t-elle le rapport de force ?

C’est le choix des citoyens, mais cette large majorité renforce la nécessité de construire des politiques en contact avec la société civile et les corps intermédiaires. Partagez le pouvoir ai-je envie de dire au président et au gouvernement ! Le concentrer ne serait pas sans risque et sans difficulté tant les fractures sociales et territoriales sont réelles. Il va falloir apporter des réponses en matière de lutte contre la pauvreté, d’accompagnement des travailleurs dans leur parcours professionnel, favoriser le retour à l’emploi des chômeurs de longue durée, développer une action publique de proximité. La question posée est celle du sens : soit on construit des politiques de progrès qui font vivre des valeurs, réduisent les inégalités, favorisent l’équilibre entre performance économique et justice sociale au service d’une fraternité retrouvée. Soit on élabore juste des politiques qui misent bout à bout n’incarnent aucune grande logique. Jamais il n’y a eu un tel paradoxe entre d’un côté, un pouvoir très concentré, et de l’autre, des tensions et des attentes fortes en termes de changement. La victoire ne laisse pas de place à l’euphorie. Il n’y a pas d’homme providentiel, ni de solution miracle.

Dans ce contexte, les organisations syndicales ont-elles un plus grand rôle à jouer ?

Nous devons concourir à l’intérêt général, personne n’a intérêt à ce que le pays implose. Les risques de manifestations et de violence sont important tant la société vit sous tension. C’est pour cela qu’il faut du dialogue social, les syndicats ont un rôle à jouer sur le code du travail, l’assurance chômage, la formation professionnelle… Mais nous ne devons pas nous cantonner à ces sujets essentiels. Fin mai, nous avons remis au premier ministre des propositions en matière de fiscalité, d’Europe, de pauvreté et qui prouvent que le syndicalisme tel que le construit la CFDT est porteur d’une vision.

Avec FO, vous demandiez un délai pour discuter des ordonnances sur le code du travail. Avez-vous le sentiment d’avoir été entendu ?

Il y a eu une détente du calendrier jusqu’à fin septembre, nous avons six rendez-vous avec le ministère du Travail durant lesquels nous présentons nos propositions. Sur le calendrier, il ne faut pas faire de procès d’intention, il n’est pas un facteur de blocage. Le syndicalisme se grandit quand il est sur les questions de fond. Ce n’est pas en restant au bord du terrain qu’on peut influer sur le jeu. Contrairement à ce que disent certains, ce n’est pas plié. Ne sifflons pas la fin du match avant qu’il ne soit joué !

Quelles sont vos lignes rouges ?

Nous sommes contre le référendum d’entreprise à l’usage de l’employeur en cas d’absence d’accord avec les organisations syndicales. Sur le plafonnement des dommages et intérêts versés aux prud’hommes, nous sommes en désaccord par principe car il est normal de toucher une réparation intégrale après un licenciement abusif. Attention aux fausses solutions ! On élaborera des contre-propositions, à nous aussi de faire en sorte que les politiques ne fassent pas n’importe quoi. Nous ne sommes pas demandeurs d’une fusion des instances représentatives du personnel. Mais si c’est le cas, il doit y avoir une commission spéciale sur la sécurité et la santé au travail et qu’elle puisse ester en justice. Enfin, nous souhaitons augmenter les indemnités légales de licenciement et développer la place et les moyens des syndicats. La branche doit voir son rôle renforcé notamment en matière de qualité de l’emploi, et les entreprises doivent négocier sur l’organisation du travail et leur responsabilité sociale.

Et si vous n’êtes pas écoutés ?

Je ne suis pas animé par la peur, ni par la confiance absolue, mais par la détermination et l’exigence. La désertion sociale n’est pas une solution. S’il y a des désaccords profonds, nous le dirons car nous sommes libres et engagés. Le gouvernement a deux options : une simplification bête et méchante des relations sociales. Ou bien l’élaboration d’un nouveau pacte social qui articule un droit du travail supplétif élevé avec un rôle renforcé des branches et un espace de discussion dans les entreprises. Le gouvernement ne doit pas nous squeezer. S’il le fait, nous nous mobiliserons. Un pays qui fonctionne bien est un pays qui articule démocratie politique et démocratie sociale.

Etes vous favorable à une étatisation de l’Unedic ?

Non, mais le paritarisme pour le paritarisme alors que nous sommes déjà dans une logique tripartite n’est pas non plus la solution. Il faut un système où les partenaires sociaux conservent une place pour établir les règles. Ce second temps de réforme ne doit pas être abordé uniquement sous l’angle du pilotage, de la gouvernance, du mécano. On veut des mesures concrètes sur les chômeurs de longue durée et les jeunes sans qualification. Plus personne ne parle du compte personnel d’activité qui est pourtant un outil de portage des droits dans un cadre collectif et de sécurisation des salariés. Nous souhaitons y intégrer une banque des temps pour accompagner les parcours professionnels. 

 Propos receuillis par Emmanuelle Souffi et Rémy Dessart

Les cadres : des travailleurs à part entière !

J’étais ce mardi 13 juin au 15ème congrès de la CFDT cadres.

J’étai très heureux de pouvoir célébrer avec les militants présents la première place de la CFDT dans le secteur privé. Chez le personnel encadrant la CFDT reste première organisation représentative. C’est une belle reconnaissance de notre militantisme et de notre engagement pour améliorer le quotidien des salariés, quel que soit leur métier, leur fonction, et la nature de leur activité.

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Les cadres ont changé de visage. Tous secteurs confondus, leur nombre est en constante augmentation. Ils étaient près de 2,5 millions en 1990, ils sont aujourd’hui près de 4,7 millions. Celles et ceux qui encadrent, managent des équipes, des projets représentent près de 20% du salariat. Derrière ces chiffres ce sont des réalités de travail très variées : il y a les cadres administratifs, les cadres commerciaux, ingénieurs, cadres techniques d’entreprise, cadres des professions scientifiques, de l’information ou des arts…

La dernière définition de l’encadrement date de 1947. Il est grand temps de l’actualiser ! La CFDT  demande à ce que s’ouvrent les négociations sur la fonction d’encadrement. Cela permettrait  de définir les activités et les missions du manager tout en leur reconnaissant des droits fondamentaux : un droit d’expression libre, un doit d’alerte ou encore un droit de retrait. Trop souvent les cadres sont contraints à mettre en œuvre des décisions contraires à leurs valeurs. Ce sont des situations humainement intenables.   

Le personnel encadrant est également bousculé par les transformations actuelles. La révolution numérique défie les modèles de management historiques et de nouvelles organisations de travail voient le jour, parfois virtuelles. Les travailleurs aspirent à davantage d’autonomie mais le besoin de coordination du travail, de collectif reste le même.

Les cadres gardent un rôle charnière dans l’entreprise, dans la prise de décision et dans l’organisation du travail. Ce sont des salariés particulièrement exposés dans leur travail mais qui ne disposent pas d’assez de marge de manœuvre pour accomplir leur mission. Ils sont légitimes à participer aux discussions stratégiques car ils en ont besoin pour motiver leurs équipes et mener à bien leur projet. Ils méritent une meilleure reconnaissance de leurs compétences et de leur capacité à innover et à fédérer.

En tant que 1ère organisation représentative chez les cadres la CFDT continuera de porter l’identité, les aspirations, les attentes de ces salariés à part entière.

Nous avons plus que jamais besoin d'Europe

J’ai récemment effectués 2 déplacements fortement marqués par leur dimension européenne. Tout d’abord, je me suis rendu à Rome pour la conférence de mi-mandat de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) et la célébration du soixantième anniversaire du traité de Rome puis j’ai participé à une table ronde sur l’avenir de l’Europe lors du congrès de l’Union Régionale CFDT des Pays de la Loire aux Sables d’Olonnes. Ces déplacements m’ont confirmé une chose que je savais déjà : l’Union européenne  a plus que jamais  du sens mais elle doit changer !

A Rome, j’ai défendu que la CES et les organisations syndicales ont un rôle majeur pour faire entendre la voix des travailleurs mais aussi pour déconstruire le discours europhobe porté par les populistes et les partisans du repli sur soi.

Pour la CFDT, le syndicalisme européen doit porter l’idée d’une Europe plus sociale et plus intégrée pour faire face aux enjeux de demain. L’initiative de la Commission pour un socle Européen des droits sociaux, avec par exemple un la mise en place de salaires minimums dans tous les pays de l’UE, est une opportunité. Il faudra la saisir et aller encore plus loin. Au niveau de la zone Euro notamment, il faudra créer un « Eurogroupe social » sur le modèle de l’Eurogroupe économique et monétaire, afin que les questions macroéconomiques ne relèvent pas uniquement des ministres des finances.

Laurent Rome

Aux Sables d’Olonnes, j’ai plaidé pour une réappropriation des débats européens au niveau national. Il faut que le fonctionnement de l’Union Européenne change vers plus de démocratie, et qu’il soit mieux expliqué  aux citoyens. Pour cela il faut mobiliser l’ensemble des institutions publiques concernées ainsi que la société civile organisée.

Laurent blog PDL

Il faudra également que l’Europe réponde présente lors des crises ayant une dimension internationale, comme la crise des migrants. Aujourd’hui les demandes d’asiles reposent sur le pays dans lequel le migrant est entré. Cette règle fait peser une charge particulière sur les pays du Sud de l’Europe alors même que ceux-ci connaissent des difficultés économiques et les tentatives de répartition des arrivants se heurtent à de nombreuses résistances. Face aux amalgames et aux fantasmes véhiculés par  les xénophobes, il est temps que l’Europe prenne ce problème à bras le corps pour mettre en place une politique plus humaine et plus réaliste en matière de migration. C’est à cette condition que l’immigration pourra être vécue comme une richesse par les citoyens des pays d’accueil !

Il faudra également que l’Europe investisse pour préparer l’avenir. Sur la transition numérique ou la transition énergétique, c’est au niveau Européen que les solutions existent et c’est donc au niveau européen que les investissements doivent être prioritairement réalisés.

C’est parce que les enjeux sont majeurs et que les défis sont immenses qu’il ne peut y avoir de solutions pérennes et positives dans le repli sur soi. Plus que jamais il est urgent de rendre plus lisible le fonctionnement des institutions européennes et donner un visage à l’Union Européenne pour les citoyens au sein même de leurs pays. Il faut une Europe plus démocratique et cela ne se fera pas sans une relance du dialogue social à l’échelle continentale.

La CFDT a toujours cru et croit plus que jamais à la nécessité du projet européen. Celui-ci est parfois en crise, mais il reste indispensable. Indéniablement,  nous avons nous aussi notre rôle à jouer pour porter l’ambition d’une Europe sociale forte qui renoue avec les citoyens de tous les pays. Et je constate chaque jour combien les militants de la CFDT sont attachés à la dimension européenne de notre action.  Comme toujours, la CFDT assumera ses responsabilités.  

Invité de Jean-Pierre Elkabbach sur CNEWS

Ce mercredi 7 juin, j'étais l'invité de la matinale de CNews pour réagir aux annonces du gouvernement et porter les propositions de la CFDT sur la réforme du droit du travail. 

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Laurent Berger invité de Jean-Pierre Elkabbach par CNEWS

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !