Journée mondiale du refus de la misère 2017

A l'occasion de la 30e journée mondiale pour le refus de la misère, organisé par ATD quart-monde qui fête cette année ses 60 ans, j'ai tenu à leur adresser un message vidéo pour rappeler l'engagement de la CFDT en faveur des plus pauvres et saluer le précieux travail fourni par toutes les associations qui luttent contre la pauvreté. 

 

Matinale d'Europe 1 - Vendredi 13 octobre 2017

Invité de la matinale d'Europe 1, j'ai présenté le positionnement de la CFDT suite aux ordonnances réformant le code du travail, et avant les réformes à venir sur la formation professionnelle, l'apprentissage et l'assurance chômage. J'ai notamment détaillé nos propositions et nos impératifs, en particulier concernant l'indemnisation et l’accompagnement des demandeurs d'emploi.

Défendre les fonctions publiques et leurs agents

Ce mardi 10 octobre, la CFDT manifestait de façon unitaire pour dénoncer le manque de considération des agents de la fonction publique et exiger une juste reconnaissance de leur travail.  

Laurent Manif 10oct 2

Nous ne devons pas oublier que les fonctionnaires, ce sont des femmes et des hommes qui travaillent tous les jours pour l’intérêt collectif et le bien commun. C’est une aide-soignante qui s’occupe de personnes hospitalisées, c’est un agent de conseil départemental qui coordonne l’aide sociale à l’enfance, c’est une policière qui travaille pour la sécurité de tous, c’est un agent qui s’occupe de la propreté des rues… Que ce soit dans la fonction publique hospitalière, d’Etat ou territoriale, ils sont des milliers de personnes à travailler au service de la société. Trop peu visible, leur travail est pourtant indispensable au bon fonctionnement de nos institutions, à la vie quotidienne des citoyens comme des entreprises. Les agents des fonctions publiques attendent respect et considération de leur travail.

Le service public, quand il est abordé dans le débat public, c’est essentiellement sous le prisme budgétaire, comme la cible d’économie financière. Ce discours est intenable. Les agents et le travail qu’ils effectuent ne sont pas une charge mais une richesse pour la société. Il faut sortir de cette logique mortifère. Cette situation n’est plus acceptable car le moral et la santé des agents en pâtissent. Et quand le bien-être des travailleurs diminue, c’est également la qualité du service rendu qui se dégrade. 

Le service public n’est pas immuable ou statique. Dans un monde qui bouge, lorsque les besoins de la population évoluent, il est nécessaire de s’interroger sur les services publics de demain, sur le sens que nous voulons leur donner. Mais pour cela, il faut que tous les acteurs en débattent ensemble : responsables politiques,  usagers du service public et bien entendu les agents. Si ces derniers étaient réellement écoutés, ils seraient les premiers à proposer des solutions constructives et durables. C’est pour cela que la CFDT demande une réflexion globale sur les missions de service public pour ensuite aborder la question des moyens nécessaires à leur accomplissement. Nous devons répondre au « pourquoi » avant d’aborder le « comment ».  

Le manque de dialogue social dans les hôpitaux, les administrations et les collectivités locales est criant. L’employeur public doit prendre ses responsabilités, créer des lieux d’expression sur le travail et son organisation. Les fonctionnaires ont besoin de signes de confiance.

Aujourd’hui, l’expression politique occulte largement le travail des agents. S’ils reconnaissent la légitimité démocratique des décisions politiques, ils subissent cependant un mouvement de balancier qui leur demande de faire et défaire régulièrement.  Prenons l’exemple des rythmes scolaires. En 2014, toutes les écoles primaires publiques sont passées à la semaine de quatre jours et demi. La mise en place d’une telle réforme a nécessité un gros travail de préparation pour les équipes éducatives, les services municipaux et étatiques, en collaboration avec les centres de loisirs, les associations jeunesses et sport… En 2017, le nouveau Président de la République fait marche arrière sans beaucoup de considération pour ces années de préparation, sans réelle évaluation ni concertation.  L’exemple se retrouve dans de nombreux domaines. Cette gestion politique du travail provoque découragement et baisse de motivation chez les agents qui s’investissent pour changer les choses.

Face à cette fatigue, ce manque d’écoute et ces tensions grandissantes, que répond le gouvernement ? Il répond rétablissement du jour de carence sans analyser les causes de l’absence d’agents. Il répond gel du point d’indice et suppression d’emploi. Il freine même à appliquer ce qui avait été négocié avec les partenaires sociaux comme le protocole parcours professionnels, carrières et rémunérations (PPCR) qui permet de mieux reconnaître l’engagement des fonctionnaires civils et des militaires en revalorisant leurs grilles indiciaires et en améliorant leurs perspectives de carrière.

Emmanuel Macron candidat à la présidence de la République avait promis une augmentation du pouvoir d’achat des agents publics. Avec la hausse de la CSG, cela se traduira au mieux par une compensation. 

Ca suffit !

La CFDT appelle le gouvernement à tenir ses engagements en matière de pouvoir d’achat et de perspective de carrières. Nous exigeons de réelles négociations salariales qui aboutissent à une reconnaissance méritée du travail des agents, titulaires comme contractuels. Nous appelons à une revalorisation des carrières et  à ce que l’employeur public, au même titre que l’employeur privé, participe à la prise en charge de la complémentaire santé et prévoyance des agents.

La CFDT s’engage pour que la parole des fonctionnaires soit entendue et leur investissement  respecté. Nous étions vendredi 6 octobre à l’Elysée pour remettre au Président de la République les cartes pétition de plus de 10 000 agents de la fonction publique.

Nos responsables politiques doivent enfin comprendre qu’il n’y aura pas d’action publique efficace sans reconnaissance de ceux qui l’incarnent au quotidien.

Laurent manif 10 octobre

Matinale de RTL - lundi 9 octobre 2017

Invité de la matinale de RTL à la veille d'une grande mobilisation dans les fonctions publiques à laquelle la CFDT participe, j'ai eu l'occasion de rappeler nos exigences pour le pouvoir d'achat des fonctionnaires et la bonne marche du service public.

 

[Tribune] La codétermination, une réforme nécessaire

Cette tribune a été initialement publié dans le journal Le Monde daté du 6 octobre 2017

La codétermination fait l’objet d’un mouvement de fond. Depuis quelques années, de nombreux chefs d’entreprise, dirigeants syndicaux, personnalités politiques, économistes, juristes et acteurs sociaux ont pris position en sa faveur en France. Ils demandent un renforcement de la présence des représentants des salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance des entreprises, que ce soit sur le mode allemand (une moitié de représentants salariés dans les grandes entreprises) ou scandinave (un tiers de représentants dans les plus petites entreprises), ou selon des formes intermédiaires.

L’idée n’est pas nouvelle, puisque sa mise en oeuvre dans le secteur privé date des années 50. En Allemagne, en Autriche, en Scandinavie, en Finlande et aux Pays-Bas, elle participe d’un modèle qui s’attache à protéger les salariés tout en recherchant l’efficacité économique. En France, elle trouve des soutiens dans toutes les sensibilités politiques. On lui reconnait en général les qualités suivantes :

- Elle donne aux salariés la possibilité de participer aux choix stratégiques de l’entreprise, conférant ainsi une voix aux salariés sur des décisions dont leur avenir dépend – ce qui est juste.

- Elle permet au conseil d’administration de bénéficier de sources d’informations complémentaires qui lui sont précieuses – ce qui est efficace.

- Elle incite les entreprises à mieux prendre en compte les variables non financières et les impératifs de la RSE – ce qui est responsable.

- Elle crée en conséquence un effet de mobilisation pouvant renforcer la compétitivité de l’entreprise tout en prenant en compte toute sa dimension humaine – ce qui peut être le fondement d’une dynamique vertueuse de confiance et d’innovation.

Il est donc difficile d’imaginer pour l’économie et la société françaises une réforme structurelle … plus structurante. De fait elle a été logiquement mentionnée dans le texte de la loi d’habilitation, et logiquement évoquée dans la phase de concertation. Son abandon à l’arrivée, inexpliqué, est dès lors incompréhensible.

Les signataires pensent que cette absence est dommageable pour la France, ses entreprises et ses salariés.

La loi travail avait été annoncée sous le signe d’une volonté réformatrice innovante et équilibrée. Le premier grand texte social du quinquennat a-t-il réussi le test de cette exigence ? En particulier, comment renouveler le dialogue social au plus près de chaque entreprise, sans veiller à l’équilibre du pouvoir de négociation des acteurs que l’on souhaite voir dialoguer ? Comment créer une dynamique sans instaurer les conditions institutionnelles de la confiance ? Faudrait-il s’en remettre à la bonne volonté de chacun ? C’est une vision naïve car si rien ne se crée sans les hommes, rien ne dure sans les institutions.

Cette absence – par son manque d’ambition - est aussi dommageable pour l’Europe. Le discours du président au pied de l’Acropole a montré une volonté de relance du processus européen. Or, l’extension de la codétermination en Europe, et notamment en Europe du Sud, pourrait participer d’un projet faisant renaître l’Europe sociale de ses cendres, en introduisant progressivement et pragmatiquement le travail et l’emploi dans l’horizon de gestion de l’euro. Cela n’a rien d’une utopie :

tous les syndicats italiens ont intégré l’an dernier la co-détermination dans leur plate-forme commune de revendications et on dit l’Allemagne prête à de nouvelles avancées. 

Premiers signataires : Christophe Clerc, avocat, Descartes Legal, et Olivier Favereau, professeur d’économie Paris Nanterre et co-directeur du département Economie et Société du Collège des Bernardins ; Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT ; François Hommeril, président de la CFE-CGC ; Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. 

Sur ce blog, je souhaite partager mes observations et ma façon de voir l’avenir. Ces réflexions se nourrissent de l’analyse de la CFDT, de ses propositions. Mais aussi des discussions avec les adhérents et militants de la CFDT, ainsi que les salariés et agents que je rencontre chaque semaine. Bienvenue !