Assurance-chômage : sécurisons les parcours professionnels !

Publié le 01/02/2018 à 10H48

Cet après-midi, la CFDT participe à une nouvelle séance de négociations sur la réforme de l’assurance chômage. La semaine dernière, le patronat nous a soumis une première proposition de texte d’accord. Cette proposition ne nous convient pas et nous voulons l’améliorer pour répondre au vrai défi du marché du travail : donner des sécurités aux travailleurs dans les périodes de transition professionnelle plus fréquentes.

Le revenu de remplacement, avec la formation tout au long de la vie et l’accompagnement personnalisé, est un élément essentiel de la sécurisation des parcours professionnels portée par la CFDT. Les carrières professionnelles ne seront plus aussi linéaires qu’elles ont pu l’être. Plus souvent, les travailleurs passent d’un emploi ou d’un statut à l’autre et ces transitions, qui ne sont pas forcément choisies, peuvent être entrecoupées de périodes de chômage. Aujourd’hui, la France compte encore cinq millions de demandeurs d’emploi.

Les réformes en cours de l’apprentissage, de la formation professionnelle et de l’assurance chômage doivent s'articuler pour permettre à chacun, y compris les plus fragiles, d'améliorer ses compétences, de trouver un emploi de qualité et de rester au chômage le moins longtemps possible. L’employeur a l’obligation de former ses salariés et de maintenir leur employabilité. Avoir une main d’œuvre qualifiée, c’est aussi dans l’intérêt des entreprises. Nous ne voulons pas que les employeurs se déchargent de cette obligation sur Pôle Emploi. 

Aujourd’hui, plusieurs sujets majeurs sont en discussion.

Pour faire reculer la précarité dans l'emploi, les entreprises ont une responsabilité toute particulière. Dans certains secteurs, comme la restauration, le commerce de détail, l’intérim, l’hébergement médicosocial, le transport/logistique, le spectacle,  les entreprises recourent très largement à des contrats courts (de quelques jours à moins d’un mois). Quitte à réembaucher la même personne très rapidement, elles comptent sur l’assurance chômage pour prendre le relai. Pour inciter les entreprises à embaucher sur des périodes plus longues, la CFDT propose de mettre en place une cotisation patronale dégressive. Au-delà de l’incitation financière, les partenaires sociaux pourraient se mettre d’accord dans chaque branche d’activité sur les moyens d’agir efficacement contre le recours abusif à ces contrats de très courte durée.

Concernant l’élargissement de l’assurance chômage aux démissionnaires ou aux indépendants, la CFDT n’y est pas opposée. Alors que le marché du travail évolue et que les emplois atypiques se développent, il est normal de prévoir de nouvelles protections adaptées aux besoins de ces travailleurs. Mais l’extension du nombre de bénéficiaires de l’assurance chômage ne doit pas se traduire par une baisse de ces droits pour tous.

Pour les démissionnaires, la CFDT propose d’élargir l’assurance chômage à ceux qui ont un projet professionnel construit et qui n’ont pas d’autres choix que de démissionner pour le mettre œuvre. Ils devront avoir la certitude de pouvoir bénéficier d’une allocation chômage avant même de décider de démissionner.

Pour les indépendants, qui sont une catégorie de travailleurs très hétérogène (allant des médecins libéraux aux travailleurs des plateformes, en passant par les artisans), la CFDT propose d’organiser une réflexion plus large sur l’ensemble des protections sociales à apporter à ces travailleurs, au-delà de la perte d’activité.

L’assurance chômage doit rester un outil de sécurisation des parcours professionnels. Pour être efficace, assurer aux travailleurs la capacité financière nécessaire à la recherche d’un emploi de qualité sans tomber dans la pauvreté, elle ne peut se réduire à un minima social accessible à tous mais de faible niveau.